Pour connecter la planète, Google compterait passer par des mini-satellites

Les ballons se dégonflent 35
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Crédits : NASA Goddard Photo and Video (CC BY 2.0)
Solidarité
Nil Sanyas

Comme Facebook, Google souhaite connecter le monde entier coûte que coûte. Après son projet Loon à base de ballons et son acquisition de Titan Aerospace, selon le Wall Street Journal, le moteur de recherche prévoit d'investir entre un et trois milliards de dollars dans de nombreux satellites, toujours dans le but de connecter les territoires sans accès au Net.

Satellite
Crédits : NASA Goddard Photo and Video (CC BY 2.0)

Des mini-satellites, plus bas, plus pratiques et moins coûteux

L'accès à internet s'est démocratisé en Amérique du Nord, en Europe, au Japon, en Corée du Sud et en Australie, avec souvent plus de 70 % des habitants connectés, et parfois plus de 80 voire 90 % dans les territoires les plus avancés. A contrario, d'autres pays, notamment en Asie, en Afrique et en Amérique latine, affichent des taux bien plus faibles. Résultat, près des deux tiers de la population mondiale ne sont pas sur la toile.

Depuis quelque temps, les deux géants du web que sont Facebook et Google cherchent à relier cette partie du monde, officiellement pour le bien de l'humanité, et plus vraisemblablement pour attirer de futurs clients. Le réseau social au milliard de membres, accompagné de grands acteurs tels que Qualcomm, Samsung ou encore Nokia, compte pour cela utiliser des drones via son programme Internet.org.

Pour Google, les moyens utilisés semblent plus variables. Si initialement, l'usage de ballons en haute altitude était prévu via son projet Loon, il semble que la société américaine souhaite diversifier ses moyens techniques. Le rachat de Titan Aerospace, spécialisé dans les drones solaires, va dans ce sens. Et d'après le Wall Street Journal, un autre moyen est en préparation.

Entre un et trois milliards de dollars devraient ainsi être investis dans une flotte de satellites pour toucher les zones blanches du globe. Selon le quotidien économique, l'usage des satellites a pour but de « surmonter les problèmes financiers et techniques qui ont contrecarré les efforts précédents », ce qui en dit long sur les limites des ballons.

D'après les sources du WSJ, des dizaines de petits satellites, situés à une altitude inférieure aux satellites standards, seront déployés dans un premier temps. Pour mener à bien ce projet, Google utilisera l'expertise de Greg Wyler, le fondateur de la société O3b Networks, qui prévoit de lancer des satellites dès cet été afin d'offrir de très bons débits à ses clients. Des ingénieurs des sociétés Space Systems/Loral LLC, spécialisés dans le secteur du satellite, ont aussi été débauchés.

Le projet Loon dégonflé ?

Si passer par le satellite peut paraître « vieillot » comme solutions pour connecter la planète, c'est pourtant un moyen en vogue avec les drones. La start-up française NovaNano est par exemple spécialisée en mini-satellites, qui ont pour avantage de ne coûter qu'un million d'euros l'unité pour être lancés, contre bien plus pour des satellites de taille standard. Interrogé par La Tribune en avril dernier, Stanislaw Ostoja-Starzewski, le co-fondateur de la start-up, indiquait que Google et Facebook n'arriveront pas à atteindre leurs objectifs avec les technologies qu'ils déploient actuellement :

« S'ils veulent couvrir vraiment toute la zone qu'ils prétendent, c'est-à-dire deux tiers de la population, il faudrait qu'ils mettent des milliers (ndlr : de ballons ou de drones) dans l'espace. Selon les économies d'échelle réalisées, ça devrait coûter des milliards. Alors que nous, avec un réseau de 64 satellites de petite taille, on croit pouvoir fournir cette connectivité globale, à tout moment, partout autour de la terre. Pour un investissement de moins de 100 millions de dollars… On croit qu'à terme cette technologie va l'emporter. »

« C'est exactement le genre de chimère que nous avons vue auparavant »

Si Google devrait aussi utiliser des satellites de très petites tailles, sa flotte sera par contre bien plus importante, puisque l'on parle de 180 unités dans un premier temps, et bien plus encore par la suite. Les coûts initiaux devraient ainsi être de 600 millions de dollars selon Tim Farrar, chef de la société de conseil TMF Associates et spécialisé dans les satellites. Farrar estime d'ailleurs que les ballons du projet Loon pourraient bien disparaître, ceci au profit des satellites et des drônes, plus complémentaires à ses yeux, les premiers pouvant couvrir de larges zones tandis que les seconds peuvent viser des territoires bien précis.

Tout le monde n'est toutefois pas enthousiaste. Roger Rusch, aussi conseillé dans une société proche des satellites, explique par exemple que les plans ambitieux basés sur des satellites ont été nombreux dans le passé, et ils ont tous échoué. Il prévoit tout d'abord que la facture risque d'exploser et qu'elle pourrait grimper à 20 milliards de dollars. « C'est exactement le genre de chimère que nous avons vue auparavant » conclut-il sévèrement. Déployer une flotte de satellites, même petits, est non seulement dispendieux, mais il faut de plus passer de nombreuses étapes réglementaires, tout en évitant les problèmes techniques avec les autres opérateurs de satellites.


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