Faut-il sensibiliser les enfants au code dès l’école primaire ?

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Loi
Xavier Berne

Doit-on enseigner l’informatique dès le collège, ou même éveiller les plus jeunes au développement dès l’école primaire ? La question, qui revient régulièrement sur la table, vient d’être à nouveau posée par le député Luc Chatel (ancien ministre UMP de l’Éducation nationale) qui se fait ainsi l’écho de propositions formulées la semaine dernière par Corinne Ehrel et Laure de la Raudière. Axelle Lemaire, la Secrétaire d’État en charge du Numérique, se montre d’ailleurs sensible à ces préconisations.

classe école

Mercredi dernier, les députées Corinne Erhel et Laure de La Raudière ont présenté à l’Assemblée nationale un rapport portant sur le « développement de l’économie numérique » (voir le rapport, notre synthèse). Outre un état des lieux assez poussé, ce volumineux document contient une trentaine de propositions censées permettre à la France de rattraper son retard et remédier à d’« importantes lacunes » - selon les termes des deux élues, respectivement PS et UMP.

De l'éveil au codage en primaire, puis des cours d'informatique dès le collège

En l’occurrence, une grande partie des efforts à venir devraient porter d’après les auteures de ce rapport sur la formation, à commencer par celle des plus jeunes. Corinne Erhel et Laure de La Raudière plaident en effet en faveur de la mise en place de « sessions d’éveil au codage dès l’école primaire », de la même manière que ce qui peut se faire en matière de musique ou de langues étrangères par exemple. Surtout, elles invitent les pouvoirs publics à « rendre obligatoire l’enseignement de l’informatique » au collège puis au lycée. À l’heure actuelle, les élèves bénéficient d’une « formation à l’utilisation des outils et des ressources numériques » (et non à l’informatique) depuis l’école jusqu’au lycée. Cette formation est composée depuis l’année dernière d’une « sensibilisation aux droits et aux devoirs liés à l'usage de l'internet et des réseaux, dont la protection de la vie privée et le respect de la propriété intellectuelle ».

D’autre part, Corinne Erhel et Laure de La Raudière estiment qu’il serait intéressant de créer un CAPES ainsi qu’une agrégation d’informatique, ou bien encore d’inciter les universités à réserver 10 % des bourses qu’elles attribuent aux étudiants préparant une thèse de recherche relative au numérique.

Anciennement aux manettes, Luc Chatel s’empare des propositions Ehrel/de la Raudière

Hier, le député UMP Luc Chatel a repris ces propositions émises par les deux députées, demandant à la Secrétaire d’État au Numérique quelles suites le gouvernement comptait y donner. Au travers d’une question écrite, celui qui fut ministre de l’Éducation pendant presque trois ans sous l’ère Sarkozy (de 2009 à 2012) fait aujourd’hui valoir auprès d’Axelle Lemaire que « c'est de cette façon que pourront être développés des talents qui manquent encore trop en France dans le secteur du numérique, qui recrute en majorité à l'étranger aujourd'hui ». Certains pourront néanmoins lui reprocher de ne pas avoir fait avancer de telles propositions lorsqu'il était en fonctions...

« Il faut apprendre à coder ! » affirme Axelle Lemaire

En attendant la réponse de Bercy, soulignons qu'au lendemain de la présentation du rapport de Corinne Erhel et Laure de La Raudière, Axelle Lemaire et Marylise Lebranchu (ministre de la Réforme de l’État) avaient vivement salué les travaux des deux parlementaires, notamment s’agissant du volet « éducation ».

Axelle Lemaire

Mais s’il n’y avait aucun engagement formel de la part de l’exécutif, la Secrétaire d’État au Numérique s’est montrée favorable à un enseignement de l’informatique dès l’école primaire, lors d’un chat sur 20Minutes.fr, la semaine dernière. « Apprendre la programmation permet de dépasser la simple sensibilisation au numérique et de se rendre compte qu’on peut modifier les smartphones qu’on utilise, qu’on peut réaliser des films, qu’on peut créer des jeux. On apprend l’anglais, le chinois, il faut apprendre à coder ! » a ainsi déclaré Axelle Lemaire. Avant de poursuivre : « C’est une brique essentielle de la créativité, comme le collage ou le découpage… Faire du code c’est un outil au service d’un projet scientifique, artistique ou pédagogique ».

La locataire de Bercy a reconnu que de tels enseignements n’étaient actuellement pas dans les programmes scolaires, mais qu’elle « aimerai[t] par exemple que le temps périscolaire permette ce genre d’ateliers un peu partout en France ».

En attendant de voir ce qu’il adviendra de ce vœu, rappelons que les appels en faveur d’un véritable enseignement de l’informatique à l’école se sont multipliés ces derniers mois. En juin 2013, le Conseil national du numérique, suivant l’Académie des sciences, a notamment invité les pouvoirs publics à généraliser « l’enseignement de l’informatique depuis l’École jusqu’au lycée » d’ici 2016.


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