Un député veut des logos « -12 » ou « -18 » sur les sites Web

Logo, johnny go, go 177
En bref
image dediée
Loi
Xavier Berne

Y aura-t-il bientôt des logos « -12 », « -16 » ou « -18 » sur les sites Web, de la même manière qu’on peut en voir en regardant des films ou des séries à la télévision ? Telle est en tout cas la proposition que vient de soumettre au gouvernement un député de la majorité. Ce dernier prône également la mise en place d’extensions en « .enf » et « .ado », lesquelles seraient réservées aux sites de confiance. 

députés assemblée

C’est une question écrite fleurant bon « l’internet civilisé » cher à Nicolas Sarkozy qui a été publiée ce matin au Journal Officiel. Le député socialiste Daniel Goldberg vient en effet d’interpeller la Secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, à propos du surf des mineurs sur Internet. « Il n'est pas rare que lors de ses recherches, le jeune public soit confronté à des sites inappropriés » s’alarme ainsi l’élu, en référence probablement aux contenus violents ou pornographiques. L'intéressé plaide néanmoins très rapidement pour trois mesures plutôt conséquentes...

Des logos « -12 », « -16 », « -18 » comme à la TV

Premièrement, Daniel Goldberg propose de mettre en place une signalétique identique à celle appliquée actuellement à la télévision ou au cinéma. « Cette signalétique devrait être immédiatement visible sur chaque page de chaque site » précise le parlementaire, lequel fait référence aux logos « -10 », « -12 », « -16 », « -18 », et même aux mentions pour les plus jeunes : « -3 » et « -7 ».

L’élu ne s’aventure cependant pas plus sur ce terrain, ne précisant ainsi pas sur quelle base cette obligation pourrait être imposée, ni comment la faire respecter. Soulignons néanmoins qu’une telle proposition de signalétique avait déjà été émise en 2009 par une commission installée par Nadine Morano, alors Secrétaire d’État chargée de la Famille sous la présidence Sarkozy.

Signalétique CSA Logo TV

Des sites jugés conformes en « .enf » et « .ado »

Deuxièmement, le député socialiste explique que des extensions « .enf » et « .ado » pourraient être créées « pour les sites destinés aux enfants et aux adolescents et devant répondre à des critères de protection de ces publics ». Cette proposition repose sur l’idée qu’il serait ainsi plus facile d’identifier un site jugé « conforme » pour le jeune public, de la même manière que l’on reconnaît un site en « .gouv.fr » par exemple. « Ce type d'extension serait un moyen de prévention supplémentaire dans la mesure où il permettrait au jeune public et aux encadrants d'identifier immédiatement la nature du site » fait ainsi valoir Daniel Goldberg.

Troisièmement, l’élu suggère « d'inciter les fournisseurs d'accès à organiser des campagnes annuelles de sensibilisation aux dangers de l'internet ». Sous-entendu, sur leurs deniers propres.

L’argument de la protection de l’enfance

Aux yeux du député, le « renforcement » de la protection de l’enfance sur Internet s’avère aujourd’hui « nécessaire », en complément aux enseignements que reçoivent les jeunes à l’école - notamment s’agissant de l’éducation aux médias. L’exécutif est donc invité à se positionner sur ces propositions.

En attendant la réponse d’Axelle Lemaire, rappelons que le projet de loi sur la Création s’intéresse lui aussi à ce sujet, puisque l’ébauche du texte préparé par la Rue de Valois confie au Conseil supérieur de l’audiovisuel les clefs des logiciels de contrôle parental que doivent obligatoirement proposer les FAI français à leurs clients (pour en savoir plus, voir notre article).


chargement
Chargement des commentaires...