Towns, un premier cas d'école sur les risques des jeux en « Early Access »

Leçon n°1 : éviter d'en faire des Towns 127
Kevin Hottot

Nombre de jeux sont désormais proposés en amont de leur lancement officiel, grâce à des programmes tels que Steam Early Access, ou tout simplement grâce au financement participatif. Si dans la plupart des cas tout se passe bien, il peut arriver que tout ne se déroule pas comme prévu, et c'est exactement le cas de figure dans lequel se trouve Towns

Towns

C'est l'histoire d'un jeu...

Si vous n'avez jamais entendu parler de Towns, rassurez-vous, vous êtes loin d'être les seuls dans ce cas. Il s'agit d'un jeu développé par Xavi Canal, un développeur indépendant espagnol. Son jeu a connu un certain succès lors de sa validation via Steam Greenlight, ce qui l'a rapidement poussé vers une sortie officielle en septembre 2012, alors qu'il n'était pas encore terminé, et que le système d'Early Access sur Steam n'était pas encore mis en place. 

Le jeu fut mis à jour régulièrement jusqu'en septembre 2013 avant que son créateur ne soit victime d'un « burnout », chose qu'il n'avouera qu'en février 2014 à la communauté de Towns par le biais d'un message sur le forum officiel du titre« Je n'ai pas de mots ni d'explications pour justifier pourquoi je n'ai pas posté ce message des mois auparavant. Tout ce que je peux dire, et je comprends que vous n'en ayez rien à faire, c'est que je suis épuisé, vraiment épuisé au sujet du jeu et de ce que cela implique. Je n'ai plus la force de continuer », expliquait alors Xavi Canal.

L'homme étant l'unique développeur du jeu, cela signifiait tout simplement que plus aucune mise à jour n'allait être déployée sur le titre, or la majeure partie de la communauté du jeu le considérait encore comme un titre incomplet, même si celui-ci ne faisait pas partie des jeux « Early access » dans le catalogue de Steam. Pour pallier le manque de mises à jour lors des derniers mois, Xavi Canal a décidé d'embaucher un nouveau développeur pour le remplacer.

Une tentative pour rallumer la flamme

Florian Frankenberger, plus connu sous le pseudonyme de Moebius, a repris les rênes du projet fin février, contre la promesse d'obtenir 15 % des revenus générés par les ventes du jeu, après déduction des taxes et de la commission de 30 % soutirée par Valve. Xavi Canal lui avait promis qu'un certain nombre de ventes mensuelles serait garanti, assurant au développeur de confortables revenus. 

Or, il semblerait que le niveau de ventes promis par le créateur du jeu serait bien loin de la réalité. « Il apparait que les ventes chutent rapidement. Donc maintenant, nous vendons moins d'un tiers des X copies par mois que nous espérions, et perdons environ un tiers des ventes chaque mois », explique Moebius sur les forums du jeu« Pour être tout à fait honnête, je ne peux pas travailler pour un montant aussi faible. Je dois payer mon loyer, ma nourriture et cela ne suffit pas, d'autant plus que les 15 % du minimum de X copies est une somme très inférieure à mon salaire habituel », ajoute le développeur, qui annonce ainsi son départ après avoir publié une mise à jour du titre en avril 2014.

Acheter ou proposer un jeu en Early Access doit être fait en connaissance de cause

Nous nous garderons bien de blâmer qui que ce soit dans cette histoire, mais celle-ci est intéressante sur bien des points et est révélatrice des risques que prennent les développeurs et les acheteurs lorsqu'ils s'engagent sur un jeu qui sera distribué dans une version qui n'a rien de définitif. 

Les joueurs doivent bien garder à l'esprit qu'un titre proposé en Early Access est vendu tel quel, et que rien ne garantit qu'il sera terminé un jour. Cela peut aussi bien s'appliquer à des développeurs indépendants comme ceux de Towns, mais aussi à des structures de plus grande envergure. Si par exemple demain, Sony décide d'arrêter le développement de H1Z1 ou Bohemia celui de DayZ la messe sera dite et personne ne pourra rien y faire.


chargement
Chargement des commentaires...