Le marché de la musique chute en France, le numérique repart

(D)CD 78
Nil Sanyas

Hier, le Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) a organisé une conférence afin de présenter les résultats du marché musical en France pour le premier trimestre 2014. Et si le syndicat a passé son temps à mettre en avant les bons résultats du numérique, il faut dire que bilan général est médiocre, la faute à l'effondrement des ventes de CD. 

  SNEP musique France 2012 2013

 

Après une bonne année 2013 (voir ci-dessus), la tendance s'est de nouveau inversée début 2014 

 

 

 

Le physique s'effondre, le SNEP compte plus que jamais sur le streaming

En février dernier, le SNEP annonçait une surprise de taille pour l'année 2013 : une progression du marché dit physique, c'est-à-dire des ventes des CD et DVD audio ainsi que des vinyles. Une première depuis 2002, soit onze longues années. Le numérique, pour sa part, montrait une inquiétante stagnation par rapport à 2012, comme vous pouvez le voir dans notre tableau ci-dessus.

Ces différentes tendances ont toutefois été balayées par ce début d'année 2014. En effet, ce premier trimestre a été catastrophique avec un chiffre d'affaires total de seulement 100,3 millions d'euros, en baisse de 7,1 %. La faute au marché physique, qui n'a généré que 67,3 millions d'euros, en chute libre de 12,6 % sur un an. A contrario, le numérique, lui, semble repartir, avec un chiffre d'affaires de 33 millions d'euros, soit une croissance de 6,6 %. Il s'agit d'un nouveau record pour un 1er trimestre pour la filière dématérialisée, qui représente désormais 33 % du marché total des ventes de musique.

Cette performance du numérique est toutefois à relativiser, sachant que lors du premier trimestre 2013, il avait régressé de 5 % par rapport à 2012. Ce début d'année 2014 ne fait donc que rattraper le niveau qui était le sien il y a deux ans. En ce sens, il n'y a ainsi pas de quoi s'extasier. Mais pour le SNEP, cette nouvelle remontée en puissance du numérique est bien synonyme d'espoir.

Le streaming surpasse le téléchargement

Dans les détails, on peut remarquer que les 33 millions du marché dématérialisé se divisent comme suit :

  • Streaming : 16,5 millions d'euros (+40 %)
    • dont 11,6 millions d'euros d'abonnement (+38 %)
    • dont 4,9 millions d'euros de la publicité (+43 %)
  • Téléchargements : 14,7 millions d'euros (-10 %)
  • Autres (sonneries, etc.) : 1,8 million d'euros (-38 %)

Trois remarques peuvent être tirées de ces chiffres. La première est la très forte croissance du streaming, ceci peu importe la source de revenus (abonnements et publicités). La seconde est la chute du téléchargement, qui souffre de la concurrence du streaming.

SNEP Q1 2014 streaming

La troisième remarque est que du fait des progressions et régressions respectives de chaque marché, désormais, le streaming représente 50 % du marché numérique, et même 17 % du marché total de la musique. Des taux historiques qui n'avaient donc jamais été atteints en France. Si dans les pays scandinaves, le streaming a une importance plus grande encore du fait du succès de Spotify, l'Hexagone n'est pas en reste et le SNEP espère bien que ce marché progressera encore fortement dans les années à venir.

« Il serait temps de passer au troisième millénaire »

Enfin, outre exposer plus d'artistes dans les médias traditionnels, la priorité du SNEP pour l'avenir est toujours de « maintenir un dispositif de réponse graduée efficace » et de « lutter contre la contrefaçon commerciale » avec comme technique principale, le « déréférencement Google ». Une politique qui n'est pas du goût de tout le monde. Sur Twitter, le compte officiel du Parti Pirate français a ainsi répondu au syndicat à ce sujet qu'il « serait temps de passer au troisième millénaire »


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