Facebook renomme les services Internet.org et propose enfin le chiffrement web

Plus de services mais pas de neutralité 2
En bref
image dediée
Web
Guénaël Pépin

Le catalogue de services mobiles gratuits de Facebook pour les non-connectés change de peau. Désormais appelés Free Basics by Facebook, ils proposent le chiffrement des connexions web et se veulent plus inclusifs. Des nouveautés qui doivent redorer le blason de l'initiative vertement critiquée ces derniers mois.

Internet.org, c'est l'initiative de Facebook pour connecter les deux-tiers de la planète qui n'ont pas accès à Internet. Depuis 2013, elle propose gratuitement des services mobiles basiques dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, sans besoin pour les utilisateurs de payer une connexion.

Le réseau social vient d'annoncer que l'opération était renommée Free Basics by Facebook, pour différencier le catalogue de services mobiles gratuits d'Internet.org, qui est amené à soutenir d'autres initiatives. La société profite d'ailleurs de son communiqué pour se féliciter que 60 nouveaux services ont été ajoutés dans les 19 pays couverts par les « Free Basics ».

En février, Facebook avait étendu son offre à certaines parties de l'Inde en suscitant rapidement une polémique nourrie (voir notre analyse). L'un des principaux reproches est que l'initiative fournit une sélection arbitraire de services liés à Facebook, plutôt que de donner accès à l'ensemble du Net. Des services avaient quitté l'opération en avril, avant que le débat ne prenne de l'ampleur aux États-Unis et en Inde.

Comme l'illustre une lettre ouverte de 67 organisations, l'usage du « zero rating », à savoir le fait d'offrir un nombre de services limités via une connexion gratuite, posait notamment problème.

Enfin du chiffrement sur le web

L'entreprise a réagi en ouvrant l'accès aux développeurs tiers en mai. Mark Zuckerberg avait de son côté répondu en vidéo qu'Internet.org ne contrevenait pas à la neutralité du Net, et qu'il vaut mieux quelques services sur une connexion mobile gratuite que rien du tout. De même, aucun service n'aurait payé pour faire partie des premiers « happy few », contrairement à ce que certains craignaient. Concrètement, les applications sont disponibles via deux biais : l'application Android dédiée de Facebook et le navigateur web.

Jusqu'ici, seules les connexions via l'application développée par Facebook étaient chiffrées. Les utilisateurs qui passaient par le web classique n'avaient droit qu'à du HTTP. Ce qui était quelque peu dommage, surtout pour des services jugés vitaux pour certains. Facebook a donc annoncé que les connexions seront désormais toutes chiffrées, même via le web. L'entreprise se targue même d'offrir le chiffrement pour les services qui n'en proposent pas. Dans ce cas, la connexion est sécurisée entre les serveurs de Facebook « et tout appareil qui supporte HTTPS ».

Facebook propose un autre ajout à son portail d'applications : les utilisateurs peuvent désormais sélectionner les services disponibles dans leur liste personnelle ou les chercher par mots-clés.

Des données qui appartiennent toujours à Facebook

Comme le note WIRED, cette annonce arrive quelques jours à peine avant la visite du campus de Facebook par le Premier Ministre indien dimanche. Elle ne résout pourtant pas certains problèmes fondamentaux de l'offre, notamment le fait de ne proposer qu'un lot de services limité au lieu de l'ensemble d'Internet (ce qui coûterait trop cher, selon Mark Zuckerberg) ou encore le fait que la sélection reste à la discrétion du réseau social. Même si le programme s'est ouvert aux développeurs volontaires, ceux-ci ne peuvent que proposer leur application, qui sera choisie ou non par Facebook.

Une autre question reste la possession des données. Selon les guidelines de la plateforme, celles-ci appartiennent à Facebook et ne peuvent pas être utilisées par les services dans certains cas, par exemple pour leur communication. Le traitement et l'usage de ces données « confidentielles » reste, encore une fois, à la discrétion de l'entreprise américaine qui pilote l'initiative.

Avec cette annonce, Facebook a tout de même répondu à certaines critiques formulées il y a quelques mois. Il se pourrait donc qu'elle soit encore à l'écoute sur les points d'ombre restants, même si la formule semble avoir peu de chances de changer.


chargement
Chargement des commentaires...