Les rachats de MVNO continuent : Prixtel croque Zero Forfait

Les petits se rachètent entre eux 29
Nil Sanyas

Face à une concurrence féroce, les MVNO disparaissent petit à petit en France. Prixtel vient ainsi de mettre la main sur Zero Forfait, qui s'est depuis toujours spécialisé dans le sans engagement, ceci pour un tarif inconnu. La marque Zero Forfait disparaitra et les clients de l'opérateur virtuel seront transférés vers Prixtel dès le mois prochain.

Vidéo de présentation de Zero Forfait il y a trois ans

La disparition complète de Zero Forfait

Très nombreux en France du fait de leur multiplication depuis une dizaine d'années, les MVNO, qui louent le réseau mobile des trois grands opérateurs du pays, voient leur part de marché régresser ou au mieux stagner depuis l'arrivée de Free Mobile. Une situation difficile alors que ces opérateurs ont sérieusement besoin de croissance afin d'atteindre un nombre acceptable d'abonnés. Fusionner entre eux ou se vendre aux géants du secteur sont ainsi les scénarios quasi inévitables pour eux désormais.

Depuis trois ans, nous avons donc assisté à quelques opérations. Simyo et Darty Télécom ont ainsi été cédés à Bouygues Telecom en 2011 et 2012, et l'an passé, EI Telecom (NRJ Mobile) a mis la main sur Auchan Telecom. En 2014, Prixtel croque donc Zero Forfait. Ce dernier, créé en 2009, exploite le réseau SFR et compterait un peu moins de 100 000 clients. Prixtel, pour sa part, exploite aussi le réseau de l'opérateur au carré rouge et compterait entre 100 000 et 200 000 clients. Il s'agit donc d'un rapprochement entre deux sociétés à la taille limitée, loin des plus grands MVNO que sont Virgin et NRJ Mobile, et sans comparaison possible avec Orange, SFR, Bouygues et Free.

Dans le communiqué officiel publié chez Prixtel, il est indiqué que la marque Zero Forfait disparaitra. « Dans le cadre de cet accord, le transfert des clients Zéro Forfait se fera dès le mois de mai, ils se verront en effet bénéficier d’un enrichissement de gamme de forfaits, du réseau 4G et de l’ensemble des services proposés par Prixtel » précise l'opérateur.

Un contexte économique aujourd'hui « morose »  

David Charles, le fondateur de Prixtel, explique que contexte économique est aujourd'hui « morose » et qu'il est temps de s'allier pour diminuer les coûts. « En mutualisant l’ensemble de nos services, les économies d’échelles réalisées seront en faveur de nos utilisateurs. Elles permettront à Prixtel de conserver sa capacité à proposer des services innovants à bas prix. Le marché des télécoms est en pleine mutation, nous ne sommes qu’au début de la phase de consolidation et Prixtel y participera activement. »

MVNO

Les parts de marché des MVNO ont régressé puis stagné suite à l'arrivée de Free Mobile début 2012

Pour les MVNO, il s'agit d'une question de survie, quitte à se vendre ensuite à un opérateur local ou même étranger qui souhaiterait s'implanter en France. Comme le note judicieusement le patron de Prixtel, il faut donc s'attendre à d'autres nouvelles équivalentes lors des prochains trimestres. Il sera ainsi intéressant de suivre de près les mouvements autour des petites sociétés comme Bazile Telecom ainsi que Lycamobile.

Il faudra aussi vérifier si les grands du secteur que sont M6 Mobile, NRJ Mobile et Virgin Mobile (Omea Telecom) ne pourraient pas réaliser quelques annonces-surprises. Ces derniers mois, les nouvelles autour de Virgin se multiplient par exemple. L'an passé, le Full MVNO annonçait la possibilité de réaliser des acquisitions afin de se renforcer. Mais désormais, une rumeur plane sur une éventuelle vente de l'opérateur au plus offrant.

Pour rappel, selon le tout dernier bilan de l'ARCEP, la part de marché des MVNO en France stagne sous les 11 %. Après des taux de croissances du nombre de clients très élevés en 2010 et 2011, ces opérateurs dits virtuels ont souffert en 2012 et 2013, ceci sans compter la baisse de la facture moyenne. Tous ensembles, les MVNO représentent tout de même 8,073 millions de clients (au 31 décembre 2013) et 202 000 abonnés supplémentaires ont rejoint ces opérateurs à la fin de l'année, preuve qu'ils ne sont pas morts pour autant. Mais face aux offres agressives de B&You, Sosh, Red et Free Mobile, la concurrence a bien du mal à résister et des fusions/acquisitions sont inéluctables.


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