Près de 60 % des Français paient leur forfait mobile moins de 20 euros

Et la 4G n'y changera rien 109
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Téléphonie
Nil Sanyas

Grâce à l'essor des petits forfaits chez tous les opérateurs, le budget mobile de bien des Français a diminué. Au point que désormais, au mois de février 2014, quasi 60 % de la population payait moins de 20 euros par mois pour leur forfait mobile. Ils n'étaient pourtant que 32,6 % en janvier 2012 selon les dernières données de Médiamétrie-Médiafit.

Mediametrie

Source : Médiamétrie-Médiafit. Sondages sur les internautes de 15 ans et plus.

Auparavant minoritaires, les forfaits sous les 20 euros sont désormais majoritaires

En 2013 comme en 2012, les grands opérateurs mobiles (hors Free) ont tous annoncé une baisse importante de leur chiffre d'affaires. Une diminution en grande partie liée aux baisses de prix imprimés sur les forfaits, mais aussi sur les changements réalisés par les abonnés eux-mêmes, sans pour autant aller vers des opérateurs concurrents. Résultat, du fait de l'arrivée de Free Mobile début 2012, les forfaits à moins de 20 euros mais aussi de moins de 10 euros gagnent en popularité.

En janvier 2012, près de 54 % des abonnés payaient au moins 21 euros par mois pour leur forfait, sachant que 47,3 % des clients se situaient entre 21 et 50 euros par mois. De l'autre côté, les petits forfaits sous les 20 euros cumulaient donc seulement 32,6 % du marché. Vingt-cinq mois plus tard, soit en février 2014, le paysage s'est totalement transformé. En effet, les petits forfaits sont majoritaires avec 59,8 % du marché, la progression la plus impressionnante étant les forfaits sous les 10 euros, avec une multiplication par trois de la part de cette gamme. Les énormes succès du forfait à 2 euros de Free ainsi que des mini-offres à 2,99, 4,99 et 9,99 euros des concurrents y sont pour beaucoup.

« Il faudra du temps pour faire accepter des hausses de prix »

Sans surprise, les forfaits les plus onéreux ont tous été touchés par ce phénomène. Ceux entre 31 et 50 euros ont tout simplement été divisés par deux avec désormais 10 % du marché, contre plus de 21 % deux ans auparavant. Même logique pour les forfaits entre 51 et 80 euros, qui ne représentent qu'un peu plus de 3 % du secteur, contre 6,5 % en 2012. Enfin, les forfaits moyens, ceux entre 21 et 30 euros, ont eux aussi souffert, avec seulement 15,3 % du marché désormais, contre plus d'un quart en 2012.

« Les Français ont intégré dans leur budget des économies sur leur forfait mobile » explique Médiamétrie. « Il faudra du temps pour faire accepter des hausses de prix » estime même Dominique Roux, Directeur scientifique de la Chaire de l’Économie numérique de l’Université Paris-Dauphine. Un constat douloureux pour les grands opérateurs mobiles, qui espèrent tous pousser les clients à ouvrir leur portefeuille pour des services supplémentaires et notamment la 4G. Cette dernière, si elle suscite plus d'intérêt qu'avant, est en tout cas tout sauf une priorité pour les Français.

« Plus d’un internaute sur deux (51 %), ayant entendu parler de la 4G, n’avait pas l’intention de souscrire un abonnement en février 2014 » apprend-on. Des statistiques loin d'être fabuleuses, même si trois mois plus tôt, ils étaient 62 % à penser la même chose. Qui plus est, un Français sur cinq âgé de 15 ans et plus  compte souscrire à un abonnement 4G. Ils étaient un sur dix fin 2013. « Les hommes, les 35-49 ans, les Franciliens et les CSP + se montrent les plus intéressés, et les inactifs, les plus indifférents » ce qui n'est pas surprenant, la 4G pouvant être vue comme un plus pour le travail ou des usages bien spécifiques.

5,4 millions de smartphones 4G sur le marché

Mais le plus important pour l'essor de la 4G, c'est bien entendu le succès des smartphones compatibles avec cette technologie. Quasi inexistants il y a une poignée d'années, ces appareils se multiplient désormais et les appareils phares des grandes marques gèrent tous LTE. Résultat, désormais, environ 5,4 millions de personnes ont un appareil 4G. Un nombre qui devrait rapidement augmenter dès lors que même des appareils de gamme moyenne (et parfois d'entrée de gamme) sont aussi compatibles LTE. Avec l'augmentation des couvertures et les récentes baisses de prix imprimées par les opérateurs, tous les signaux sont donc au vert pour que le très haut débit mobile rattrape la 3G dans l'Hexagone.

Enfin, rappelons que si les abonnés dépensent moins en moyenne chaque mois, ils sont aussi et surtout bien plus nombreux qu'auparavant à disposer d'un forfait sans engagement. De 19 % des abonnés fin 2011, nous sommes ainsi passés à 43,9 % d'entre eux fin 2013. Une progression gigantesque qui signifie que plus de 26 millions de forfaits peuvent changer d'opérateur d'un mois à l'autre en fonction des envies et des offres disponibles. Ceci sans compter les millions de clients prépayés. Un autre changement de paysage qui a son importance, dès lors qu'une défaillance majeure d'un opérateur peut signer sa perte si les clients le décident.


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