Axelle Lemaire, nouvelle Secrétaire d'État au Numérique

Lemaire aime les élections municipales 88
Nil Sanyas

Sous la houlette d'Arnaud Montebourg, le ministre de l'Économie, deux Secrétaires d'État ont été nommés à l'instant. Si Valérie Fourneyron s'occupera du commerce ou encore de la consommation, c'est Axelle Lemaire, peu connue du grand public, qui aura la charge du volet numérique.

Axelle Lemaire

Depuis la victoire du Parti Socialiste en 2012, le secteur numérique avait pour principal interlocuteur Fleur Pellerin. Suite au renouvellement du gouvernement, elle a dû changer de poste et s'est retrouvée Secrétaire d'État au commerce extérieur et aux Français de l'étranger notamment. Sa remplaçante est désormais connue, il s'agit d'Axelle Lemaire.

« Aujourd'hui, c'est la surveillance en ligne qui apparaît plus préoccupante »

Méconnue du grand public, Axelle Lemaire, députée socialiste des Français établis en Europe du Nord, s'est tout de même illustrée ces derniers temps sur le secteur lié au numérique et à internet. En mars 2013, elle avait notamment attiré l'attention de la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères « sur les modalités de vote par correspondance électronique pour les élections à l'étranger ».

En juin 2013, lors d'un débat à l'Assemblée Nationale sur internet et la protection des données personnelles, la députée avait pointé du doigt l'affaire PRISM, notant avec justesse que cette affaire « a le mérite de révéler à l'opinion publique le fait que la surveillance des données personnelles peut être utilisée par des acteurs du numérique comme par des pouvoirs publics. (...)  Il y a vingt ans, la question de la surveillance se posait en termes d'écoutes téléphoniques. Aujourd'hui, à l'ère du numérique, c'est la surveillance en ligne qui apparaît plus préoccupante, notamment dans les pays qui portent atteinte aux droits de l'homme. »

Quid de « la traçabilité des produits de surveillance » ?

Lors de ce même débat, Axelle Lemaire avait notamment demandé si le gouvernement estimait utile « d'inscrire dans une sorte d'habeas corpus numérique – peut-être sous la forme d'une « constitution numérique » comme au Brésil – des principes comme ceux que vous avez cités – la neutralité du net, le droit à l'oubli, la portabilité des droits, mais aussi, peut-être, la traçabilité des produits de surveillance, voire la responsabilité des entreprises qui vendraient ces produits à des régimes non démocratiques ? » Des questions majeures, qui intéresseront assurément nos confrères de Reflets et leur dossier sur Amesys/Bull.

Notez aussi qu'en décembre dernier, madame Lemaire a publié une tribune nommée « Quelle stratégie numérique pour l'Europe ? ». Plusieurs sujets sont abordés, dont la problématique des grands groupes internationaux qui profitent des règles fiscales en Europe. La neutralité du net est aussi concernée : « Il faudrait repenser le concept de neutralité du net, non pas pour remettre en cause ses fondements, mais pour garantir ses extensions, c'est-à-dire un accès réellement ouvert, transparent et non discriminant aux services et utilisateurs d'Internet ». Une remarque faite avant le vote des eurodéputés sur ce sujet épineux. Il sera ainsi intéressant de connaitre son avis sur la question désormais.

« Il faudra accueillir une loi sur les libertés numériques »

Toujours dans cette tribune, la députée souhaite que l'Europe parle d'une seule voix en matière de numérique. Elle milite de plus pour une plus grande transparence : « Bientôt se posera la question de la transposition de la directive relative à la réutilisation des données publiques, pour rendre l'action de l'administration plus transparente. Dans la même veine, et à la lumière de l'affaire Prism, il faudra accueillir une loi sur les libertés numériques pour élaborer le régime juridique applicable à l'usage des données personnelles. Un arbitrage réussi entre protection et liberté peut faire de l'Europe une place forte et attractive pour le numérique dans le monde. »

 

Âgée de 39 ans et née à Ottawa au Canada, Lemaire n'a pas tardé à réagir sur son compte Twitter à l'officialisation de cette nouvelle.


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