Isabelle Attard interroge Montebourg sur le projet d'un OS « Made in France »

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David Legrand

Il y a quelques semaines, L'Opinion nous apprenait que les services de Bercy se penchaient sur la question de la souveraineté numérique et qu'Arnaud Montebourg avait en tête un projet de système d'exploitation français. Bien que reprenant principalement des propos de Pierre Bellanger, l'article n'a pas tardé à faire réagir à tous les niveaux. Aujourd'hui, c'est la députée Isabelle Attard qui pose officiellement une question au ministre.

Un OS français ! Si cela n'a rien de vraiment nouveau (Mandriva, BeOS à travers son fondateur,... la liste est longue), et n'a pas vraiment de sens en ces temps de mondialisation des usages ou de promotion du logiciel libre, cela est semble-t-il dans certains esprits. C'est en tous cas ce que laissait entendre un article de L'Opinion il y a quelques semaines, dans lequel les services de Bercy confirmaient qu'Arnaud Montebourg « réfléchit effectivement à un projet de ce type, mais on ne sait pas si son avenir est prospectif ou opérationnel ». Une annonce serait néanmoins prévue dans les semaines à venir selon nos confrères.

Un OS « Made in France », cela a déjà existé, mais est-ce que cela a du sens en 2014 ?

Quoi qu'il en soit, l'article reprenait surtout des propos de Pierre Bellanger, fondateur et PDG de Skyrock, qui aurait inspiré un chantier sur la question de la souveraineté numérique. Celui-ci imaginait alors « un système d’exploitation souverain qui serait le support de la constitution d’un réseau de services alternatifs et qui aurait comme particularité d’être libre, ouvert et de mutualiser les données des services qui y adhèrent. » De plus, il aurait à cœur de respecter la vie privée et la protection des données de ses utilisateurs et de pouvoir se trouver un peu partout. Bref, un Linux. Mais un Linux bleu, blanc, rouge.

Rapidement, on a d'ailleurs vu ressortir des cartons le fameux projet d'Orange, qui évoquait lui même une telle possibilité en 2010. Mais alors que l'opérateur a encore du mal à assurer un suivi de ses applications, de ses surcouches, et des mises à jour des OS existants, pourrait-il encore se consacrer pleinement à un OS maison en 2014 avec la force de frappe suffisante pour contrer les géants que sont Apple et Google ? On voit en effet déjà bien le mal qu'ont des initiatives comme celles d'Ubuntu, Tizen ou Firefox. Plutôt que d'initier un nouveau projet, le mieux ne serait-il pas de contribuer à ceux-là ? 

La question est surtout celle du soutien des logiciels libres par la France

De son côté, la député Isabelle Attard a décidé de questionner le ministre de l'Économie, du redressement productif et du numérique afin d'en savoir plus sur ses intentions concernant « ses consultations des professionnels du secteur numérique pour évaluer l'intérêt de créer un système d'exploitation français » et notamment de sa volonté de respecter les fondamentaux du logiciel libre : « la liberté d'étudier le fonctionnement du programme et de l'adapter à ses besoins ; la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies) ; la liberté d'améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté. »

On peut d'ailleurs se demander dans quelle mesure un tel projet ne devrait pas s'inscrire dans une volonté plus large du gouvernement de promouvoir et de soutenir de tels outils au sein de ses propres services et de ceux de l'ensemble de l'administration, une problématique qui a souvent été l'objet de polémiques. Un point qu'évoque d'ailleurs Isabelle Attard, puisqu'elle demande au ministre « s'il prévoit bien d'accorder prioritairement son soutien à des projets de développement informatique qui respectent les libertés du logiciel libre. »


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