Fin du support de Windows XP ce soir : ce qu'il faut savoir et ce qu'il faut faire

Le court terme peut être simple, mais la suite le sera moins 178
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le mardi 08 avril 2014 à 08:50
Vincent Hermann

Comme prévu, Windows XP ne bénéficiera plus ce soir d’aucun support technique sitôt les derniers correctifs installés. Pour les utilisateurs de l’ancien système, cela signifie de prendre des précautions et, à moyen terme, d’envisager une solution plus durable comme une migration ou un remplacement de la machine. Voici tout ce qu’il faut savoir.

windows xp security essentials

Les faits

Windows XP recevra ce soir un dernier lot de mises à jour. Elles sont toutes destinées à colmater des brèches de sécurité, comme d’habitude depuis de nombreuses années. Seulement cette fois, le système est bel et bien sorti du lot des produits supportés : plus aucun correctif ne sera publié.

Cela ne signifie en aucun cas que le système arrêtera de fonctionner. En fait, les utilisateurs pourront tout à fait continuer à s’en servir, les applications se lançant et réagissant comme d’habitude. S’ils réinstallent le système, ils seront même confrontés à la même procédure : la saisie d’une clé de licence puis l’activation du produit. Microsoft n’a sans doute pas souhaité supprimer cette protection pour ne pas donner le signal d’un « feu vert » à tous ceux qui auraient cherché un Windows « gratuit ».

En outre, il faut rappeler que si Windows XP fait beaucoup parler de lui, il n’est pas le seul produit de Microsoft dont le support s’arrête en ce 8 avril : Office 2003 et Exchange 2003 sont eux aussi concernés.

Les risques

Pourquoi parler autant de Windows XP si le système va continuer à fonctionner normalement après cette date fatidique ? Justement parce qu’il pourrait ne pas fonctionner si normalement dans peu de temps.

Lorsque le support technique s’arrête, les failles de sécurité d’un produit ne sont plus corrigées. Dans la pratique, cela signifie que les failles qui seront découvertes par la suite resteront ouvertes et deviendront exploitables. C’est là qu’entrent en piste les pirates qui vont rapidement mettre sur pied des méthodes d’attaques pour tirer parti de cette situation très avantageuse pour eux.

La majorité des attaques viendra très probablement de sites malveillants spécialement conçus pour détecter la présence d’une ou plusieurs failles. Lorsque ce sera le cas, ces dernières seront exploitées pour provoquer le téléchargement d’un logiciel malveillant (malware) qui pourra avoir divers effets. Le plus grand risque est la constitution de vastes parcs de machines zombies : des dizaines voire des centaines de milliers de PC pilotables à distance par une seule personne.

Cette dernière pourra alors déclencher des ordres pour provoquer des attaques massives par déni de service, générer du spam et ainsi de suite. Le problème est d’autant plus sérieux que la part de marché de Windows XP est toujours comprise entre 25 et 30 % selon les sources des statistiques.

Des solutions pour réduire les risques en attendant mieux

La question qui se pose évidemment pour les utilisateurs concernés par ce problème de fin de support est simple : que faire ? La solution la plus efficace est évidemment de se débarrasser de Windows XP. Mais tout le monde ne peut pas envisager un tel changement du jour au lendemain.

Pour réduire les risques en attendant une solution plus efficace, on peut suivre certains conseils très simples. Le plus important est de sélectionner avec soin le navigateur qui sera utilisé pour surfer sur le web. Internet Explorer 8, dernière version disponible sous Windows XP, ne bénéficiera plus non plus d’aucun support, augmentant les risques d’attaques via les sites. La solution la plus efficace est donc d’installer un autre navigateur, tel que Chrome ou Firefox. Dans les deux cas, le support continuera pendant au moins deux ans.

windows xp chrome firefoxwindows xp chrome firefox
Firefox et Chrome sous Windows XP 

L’autre facteur de réduction des risques est de disposer d’un bon antivirus. À terme, même la solution la plus efficace contre les logiciels malveillants ne pourra plus lutter contre le nombre croissant de failles, car ces dernières pourront être exploitées pour désactiver justement ce type de protection. En attendant, un antivirus pourra s’occuper des malwares qui passeront si jamais une faille vient à être exploitée. Certains d’entre eux, comme Avast ou Kaspersky, disposent par ailleurs de modules spécifiques destinés à surveiller l’exploitation des brèches de sécurité.

Mais le facteur le plus important sera la conduite à tenir à partir de maintenant. C’est le comportement de l’utilisateur qui sera déterminant dans la limitation des risques, surtout en regard des sites visités et des fichiers téléchargés. Nous vous recommandons ainsi de faire particulièrement attention aux exécutables récupérés : n’installez aucun programme à moins d’être certain de sa source.

Trop de sites réclament l’installation de composants, et c’est particulièrement le cas dès que l’on regarde du côté de ceux qui promettent du streaming de films ou de séries ou, plus simplement, des contenus pornographiques. Attention donc aux sites visités et aux téléchargements qui, parfois, se déclenchent seuls. L’antivirus aura d’ailleurs un rôle important à jouer.

Mise à jour de Windows ou remplacement de la machine ?

Vient enfin le dernier point, sans doute le plus « douloureux » : se débarrasser de Windows XP. Il existe deux solutions : installer un autre système, ou remplacer complètement la machine.

Évidemment, la deuxième solution sera la plus directe. N’importe quel PC acheté aujourd’hui sera livré avec Windows 8 ou 8.1, ce qui garantit de nombreuses années de support technique à l’utilisateur. L’acheteur devra par contre se faire à de très nombreux changements ergonomiques car Windows a très fortement évolué depuis XP. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’exécuter l’assistant créé par Microsoft pour migrer les données d’un ancien PC vers le nouveau.

Cet assistant est également important pour une raison : il va scanner la configuration de l’ordinateur actuel pour déterminer s’il est possible d’y installer Windows 8, ce qui éviterait bien sûr d’avoir à racheter un nouveau PC. Il existe deux cas de figure :

  • La configuration matérielle est suffisante : Windows 8 pourra être téléchargé et installé dans la foulée, mais il faudra acheter la licence
  • La machine n’est pas assez puissante : l’assistant en informe l’utilisateur

Détail important : si la machine est assez puissante, l’installation ne se fera pas sous forme de mise à jour. Seules les données personnelles seront sauvegardées et remises en place, mais Windows 8 procèdera à une installation neuve. Le travail de remise en place des logiciels peut s’avérer long par la suite.

Et pourquoi pas Linux ? 

Mais si la machine n’est pas trop vieille, une autre solution est envisageable : passer à Linux. Si vous connaissez une personne connaissant un peu le terrain, vous pouvez tout à fait envisager une initiation au monde du manchot.

Les deux principaux avantages seront la gratuité du système et la sécurité, les mises à jour étant régulières. Dans un premier temps, nous vous recommandons de vous orienter vers une distribution simple à prendre en main telle qu’Ubuntu, Mint ou encore Fedora. Mais attention : les applications que vous connaissez devront être remplacées par leurs équivalents, ce qui signifie qu’il faudra casser de nombreuses habitudes.

Mais qu’il s’agisse de Linux, d’une migration vers une version plus récente de Windows ou de l’achat d’une nouvelle machine, il vaut mieux se faire accompagner dans cet important changement par une personne connaissant au moins un peu l’informatique. Les pièges à éviter sont relativement nombreux et changer de système d’exploitation n’est jamais trivial, n’en déplaise aux commerciaux.


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