La justice turque exige la levée du blocage de Twitter

Cold Turkey 66

Mise à jour : Saisie par des parlementaires de l’opposition et plusieurs ONG, la justice turque a ordonné hier la levée du blocage de Twitter (voir ci-dessous). Un tribunal d’Ankara a en effet décidé qu’une telle mesure de rétorsion était « contraire aux principes de l'État de droit », comme l’explique Le Monde. L’autorité en charge des télécommunications, le TIB, dispose désormais d’un délai de 30 jours pour faire éventuellement appel de cette décision selon Reuters

Depuis cette nuit, les fournisseurs d’accès à Internet de Turquie bloquent Twitter suite à la décision d’une autorité administrative en charge des télécommunications. Le Premier ministre, agacé de longue date par le pouvoir des réseaux sociaux, remporte donc une première victoire. Les réactions politiques ne devraient cependant pas tarder, la Commissaire européenne Neelie Kroes ayant déjà dénoncé un acte de « censure » injustifié. 

Drôle d’anniversaire pour Twitter. Et pour cause. Depuis cette nuit, le célèbre site de micro-blogging s’avère inaccessible aux internautes turcs. D’après les constatations effectuées par des utilisateurs et les remontées de plusieurs médias, le réseau social est en effet la cible d’un blocage. Les utilisateurs tentant d’y accéder se voient désormais opposer un message indiquant que des « mesures de précaution » ont été prises à l’encontre du célèbre site de micro-blogging, sur décision de l’autorité en charge des télécommunications, l’Institution des technologies de la communication (TIB).

« Nous avons désormais une décision de justice » s’est félicité hier le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, après que ce dernier a menacé d’interdire Twitter et Facebook la semaine dernière. « Nous allons éradiquer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale » a-t-il rajouté lors de ce meeting tenu à l’approche d’élections municipales, selon des propos rapportés par Hurriyet Daily News. Les services du Premier ministre ont ensuite expliqué à nos confrères que ce blocage faisait suite au refus de Twitter de procéder à certains retraits de tweets pourtant réclamés par la justice.

Climat délétère pour l'internet turc 

Ce blocage peut surtout être perçu comme une mesure de rétorsion après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’enregistrements d'écoutes téléphoniques mettant directement en cause Recep Tayyip Erdogan dans un scandale de corruption, comme l’explique Le Monde. Il intervient de surcroît dans un contexte particulièrement délicat en Turquie. Le pays, fréquemment épinglé pour son manque de considération vis-à-vis du respect de la liberté d’expression sur Internet, a adopté il y a plusieurs semaines une loi permettant un contrôle accru des autorités sur le réseau. La fameuse Institution des technologies de la communication (TIB) s’est à cette occasion vue attribuer un pouvoir de blocage administratif à l’encontre des sites portant « atteinte à la vie privée » ou diffusant des contenus « discriminatoires ou insultants à l'égard de certains membres de la société ».

La riposte commence 

La Commissaire européenne Neelie Kroes a très rapidement dénoncé cette mesure de rétorsion, qu’elle juge « injustifiée, inutile et lâche ». L’intéressée a mis en garde, au travers d'un tweet : « Le peuple turc et la communauté internationale verront ça comme de la censure. À juste titre ».

De son côté, Twitter a indiqué à ses utilisateurs turcs (au travers d’un tweet, triste ironie de l’histoire) qu’ils pouvaient continuer de publier des messages sur le réseau social grâce à un service fonctionnant avec des SMS. Pour contourner ce blocage, les internautes turcs peuvent également utiliser une solution de type VPN ou bien changer leur DNS (pour en savoir plus, voir cet article de Mashable).

Dernière mise à jour le 27/03/2014 08:36:41

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