« Sextorsion » : prison pour un pirate contrôlant les webcams de ses victimes

Mauvais remake d'American Pie 218

Aux États-Unis, un étudiant âgé de 20 ans a été condamné hier à une peine de 18 mois de prison après avoir piraté les ordinateurs de plusieurs jeunes femmes. Contrôlant à distance leurs webcams, l’intéressé en profitait pour prendre des photos d’elles nues. Les images servaient ensuite à faire chanter les victimes. Explications. 

webcam

À l’aide de logiciels et de malwares permettant d’espionner ses victimes, le hacker de 20 ans avait réussi à prendre le contrôle de plus de 150 comptes en ligne : messageries électroniques, profils de réseaux sociaux (notamment Facebook), etc. Ses compétences lui avaient alors permis d’activer à distance la webcam des ordinateurs de ses victimes - pour la plupart des jeunes filles âgées d’une vingtaine d’années - afin de prendre des photos d’elles, nues ou en petite tenue.

Le but ? Non pas leur demander de l’argent, mais « tout simplement » obtenir d’autres photos d’elles, ou bien encore des faveurs dont on devine la portée... Jared James Abrahams, étudiant à l’Université San Marcos (Californie), menaçait en effet ses victimes de diffuser sur Internet, et notamment au travers de leurs profils de réseaux sociaux, les captures qu’il leur avait dérobées. Pour échapper à un embarrassant déballage d’images volées sur la Toile, les jeunes filles avaient deux solutions : soit lui envoyer de nouvelles photos ou vidéos d’elles, soit participer à une session Skype au cours de laquelle elles étaient priées de se plier aux desideratas du garçon pendant cinq minutes.

Un an et demi de prison pour des actes de « sextorsion » et de piratage informatique

Au moins deux filles ont cédé à cette seconde option d’après les autorités. Toutes les victimes n’étaient cependant pas Américaines, puisqu’une Irlandaise est par exemple tombée dans cette macabre spirale. Cassidy Wolf, la « Miss Teen USA » 2013 faisait également partie des victimes (parmi lesquelles se trouvait au moins une mineure). L’intéressée a d’ailleurs largement contribué à la médiatisation de cette affaire aux États-Unis.

Arrêté en septembre dernier par le FBI, Jared James Abrahams plaidait coupable deux mois plus tard des quatre chefs d’accusation qui pesaient à son encontre : un premier correspondant à ses actes de piratage informatique, les trois autres ayant trait à de l’extorsion. Hier, le juge James V. Selna a finalement condamné le jeune homme à une peine d’un an et demi de prison, que l’intéressé purgera dans une prison fédérale. Cette sanction peut paraître clémente en comparaison des cinq ans d’emprisonnement dont a écopé en décembre dernier un homme de 27 ans accusé de faits similaires, appelés aux États-Unis « sextorsion ».

Quand les autorités américaines recommandent de recouvrir les webcams...

L’on notera enfin les précieux conseils des autorités américaines : utiliser des mots de passe difficiles à deviner, mettre son antivirus à jour, et surtout « couvrir sa webcam lorsqu’elle ne sert pas » ! Un conseil qui paraît toutefois limité, quand on sait que le GCHQ, l’équivalent britannique de la NSA, espionne par exemple depuis des années les utilisateurs de la fonction webcam de Yahoo Messenger. Les documents révélés grâce à Edward Snowden démontrent en effet que l’agence de renseignement a ainsi amassé des millions de captures de session vidéo, dont une grande partie contient des scènes de nudité.

En France, un informaticien ayant installé chez ses clients des logiciels lui permettant de contrôler à distance leurs webcams a écopé l’année dernière d’une peine de six mois de prison avec sursis, avec obligation de travailler et de se soigner. Pendant près de trois ans, cet homme avait filmé pas moins de 18 personnes sans leur consentement. Dénoncé par des collègues, l’intéressé avait par ailleurs été licencié.


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