Chilling Effects, plus grand répertoire mondial de sites pirates ?

It's fun to stay at the DMCA 31

Où trouver aujourd’hui la plus grande liste de contenus pirates disponibles sur Internet ? Non pas sur The Pirate Bay ou Wawa-Mania, mais bien sur Chilling Effects, selon une représentante de la Copyright Alliance. Devant le Congrès des États-Unis, l’intéressée a en effet sévèrement critiqué le site hébergeant les URL dénoncées à tour de bras aux hébergeurs et géants du Net par... les ayants droit. Explications. 

chilling effects

Cela fait maintenant plusieurs années que le site Chilling Effects propose au public de consulter les nombreuses demandes transmises aux géants du Net (Google, Twitter,...) afin d’obtenir le déréférencement de certains liens ou bien le retrait de contenus jugés illicites, par exemple des tweets incitant au meurtre ou à la haine raciale. Ce sont ainsi des millions de copies de requêtes qui sont hébergées par ce site géré par l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et plusieurs universités américaines, à commencer par les fameuses requêtes « DMCA » (pour Digital Millenium Copy Act). Le tout est mis à la disposition du public, qui peut parcourir cette importante base de données à l’aide d’un moteur de recherche interne.

Sauf que ce site s’attire régulièrement les foudres des ayants droit. Et pour cause. Il permet de retrouver différentes informations concernant le demandeur (adresse, nom...) mais aussi - et surtout - des liens vers des fichiers potentiellement pirates. Par exemple, quand un auteur demande à Google de ne plus afficher dans ses résultats de recherche une page de The Pirate Bay à partir de laquelle il est possible de télécharger illégalement une de ses œuvres, l'URL de cette page reste en ligne sur Chilling Effects, quelle que soit la décision prise par le géant de l'internet. Même si ce dernier accepte de déréfencer la fameuse page, celle-ci reste donc tout accessible à n’importe quel internaute disposant de l’URL correspondante...

Un véritable répertoire de pages permettant d'accéder à des fichiers piratés

« ChillingEffects.org va à l’encontre des dispositions de la section 512 [de la législation relative au DMCA] » a ainsi déclaré Sandra Aistars, représentante de la Copyright Alliance, la semaine dernière. Lors d’une audition devant le Congrès américain, cette porte-parole de puissants lobbys d’ayants droit (MPAA, RIAA,...) a présenté ce site comme un véritable repère de « bonnes adresses » de sites contenant des contenus pirates. « En n’enlevant pas les informations sur les URL litigieuses identifiées dans les requêtes, [ChillingEffects] est effectivement devenu le plus grand répertoire d'URL hébergeant des contenus illicites sur Internet » a-t-elle affirmé.

 chilling effects

Cet effet de bords est d’ailleurs bien connu des ayants droit. On se souvient ainsi qu’en janvier 2013, la Fox avait demandé à Google de déréférencer de son moteur de recherche des demandes de déréférencement hébergées sur le site ChillingEffects ! Le serpent qui se mord la queue... Le géant de l’internet n’avait d’ailleurs pas donné suite à cette requête (voir notre article).

Un site permettant pourtant de débusquer des requêtes parfois illégitimes

Ces piques de Sandra Aistars n’ont quoi en soit pas manqué de faire réagir la communauté de ChillingEffects, qui a tenu à souligner que les informations publiées sur leur site l’étaient à des fins de transparence et de recherche scientifique ou universitaire. Rappelons d’ailleurs que c’est grâce à la publication de ces demandes sur ChillingEffects qu’il est possible de mettre le nez sur les requêtes illégitimes adressées par certains ayants droit. L’on pourra ainsi citer en exemple une demande de Microsoft visant au déréférencement de la page Wikipédia d’Office 2007, ou bien encore ces requêtes de majors hollywoodiennes relatives à des page permettant de télécharger le documentaire « The Pirate Bay - Away From Keyboard », pourtant sous licence Creative Commons,...


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