L’administrateur de Pirate Island mis en examen, l'enquête continue

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Info PC INpact : L’homme arrêté mercredi par la police judiciaire de Strasbourg a été mis en examen en raison de son implication dans l’administration du site « The Pirate Island ». L’enquête va cependant continuer, le dossier ayant été confié à un juge d’instruction. 

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Depuis mercredi, les internautes qui tentent d’accéder à The Pirate Island échouent sur un message relativement sobre, qui leur indique que le site a « définitivement » fermé ses portes. L’administrateur de ce portail de liens torrent, qui répond au pseudonyme de Nightbird, a en effet été prié de cesser ses activités suite à une interpellation par la police judiciaire de Strasbourg, avant-hier.

Comme l’indique l’intéressé dans son message, c’est bien suite à une plainte déposée en avril 2013 par la SACEM et l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) que les autorités ont procédé à cette arrestation. « Il est vrai que nous sommes à l’origine de la plainte qui a entrainé par la suite la fermeture du site » nous a-t-on ainsi confirmé du côté de la SACEM, qui affirme que The Pirate Island « contenait environ 9 500 films, 200 concerts et 2 600 albums ». L’ALPA nous a indiqué qu’elle avait en outre fait constater, suite à des réquisitions judiciaires, la présence de plus de 13 000 liens torrents permettant de télécharger des épisodes de séries.

Frédéric Delacroix, délégué général de l’ALPA, a ainsi tenu à saluer la chute de ce site jugé « important » au niveau francophone. « Cet internaute de 28 ans était un habitué des sites illicites dans la mesure où il avait auparavant créé les sites Reload Paradise et Play The Net, qui étaient de très gros sites de partage de fichiers sur le réseau BitTorent. Il a ainsi engrangé 439 000 euros en quatre ans » rajoute de son côté la SACEM.

Le dossier confié à un juge d’instruction

Contacté, le Parquet de Strasbourg nous a appris que l’administrateur du site de liens torrent avait été mis en examen et que le dossier était désormais confié à un juge d’instruction. « Ce n’est pas une affaire finie » souligne ainsi le ministère public, expliquant que les investigations se poursuivent. Aucune somme d’argent n’a cependant été saisie suite à l'interpellation du suspect, mercredi. 

La poursuite de l’enquête devrait surtout déterminer s’il est possible que l’on soit dans cette affaire en présence d'infractions commises en bande organisée. Les autorités pourraient effectivement être tentées de voir si l’accusé n’a pas bénéficié de soutiens ou de complicités. Si de telles circonstances aggravantes étaient avérées, les peines encourues deviendraient alors plus importantes : de trois ans de prison et 300 000 euros d’amende pour contrefaçon, l’on passerait à une sanction maximale de cinq ans de prison et 500 000 euros d’amende pour contrefaçon en bande organisée - sans compter les dommages et intérêts à verser aux ayants droit victimes.

pirate island torrent

L'enquête pourrait déterminer s'il y a eu infractions en bande organisée

Selon Zataz et Numerama, l’administrateur du site avait mis en place un système assez huilé qui s’appuyait effectivement sur la complicité d’autres individus. L’intéressé est accusé d’avoir monnayé des contenus piratés « exclusifs ». Ces fichiers auraient servi à inciter les utilisateurs du site à ouvrir leur porte-monnaie afin de profiter d’un ratio suffisant pour télécharger des contenus sans devoir attendre d’avoir atteint un certain seuil d’upload, comme c’est fréquemment le cas s’agissant des trackers BitTorrent. Sur ce principe, toute fermeture de site remettait de fait les compteurs à zéro et permettait à l’administrateur de repartir les poches pleines.

Le fait que l’homme arrêté mercredi puisse potentiellement être l’administrateur de deux précédents sites similaires, Reload Paradise et Play The Net, change-t-il quelque chose ? « Il n'y a pas de cumul des peines. Il y a simplement un cumul des faits, à savoir la poursuite d'une activité illégale - même s'il y a ceci dit la prescription triennale » répond à cet égard Frédéric Delacroix. Le délégué général de l’ALPA confie au passage que l’organisation qu'il représente avait déjà tenté de s’attaquer à Play The Net, avant que le poisson ne lui file entre les mains - justement en fermant ses portes.


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