L’État renouvelle son socle interministériel de logiciels libres

Mouvement de SILL 68
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le jeudi 13 mars 2014 à 14:20

Alors que le ministère de la Défense s’illustre depuis plusieurs années par un manque de transparence quant à ses achats de licences Microsoft, la Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC) vient de mettre à jour le « socle interministériel de logiciels libres », une sorte de liste de logiciels libres recommandés par l’État à ses administrations.

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 Logiciels compris dans le fichier ISO "SILL Poste de travail" 2014. 

Depuis l’année dernière, les pouvoirs publics dressent une liste de logiciels libres recommandés pour équiper les ordinateurs de l'administration. Sans être obligatoire, ce « socle interministériel de logiciels libres » (SILL) vise à ce que la plupart des agents de l’État soient équipés de programmes similaires. Les versions de référence à privilégier sont ainsi mises en avant, en fonction des usages, afin également de mettre en exergue les solutions qu’il convient au contraire d’abandonner.

La version 2014 du SILL (qui a vocation à être mis à jour annuellement) a justement été dévoilée à la fin du mois dernier. Très concrètement, on retrouve dans ce tableau les logiciels conseillés, et ce en fonction des systèmes d’exploitation - Linux ou Windows. Alors que la liste de l’année dernière visait principalement les programmes dédiés aux postes de travail (bureautique, navigation sur le web,...), celle de cette année s’étend aussi à la gestion du parc, l’exploitation des serveurs, les bases de données et les environnements de développement.

À titre d’illustration, le SILL préconise actuellement d’utiliser la suite Libre Office en version 4.1, le logiciel KeePass en version 2.2 pour la gestion des mots de passe, Thunderbird pour les courriels, le navigateur Firefox, le bloqueur de publicités AdBlock, PeaZIP pour la compression/décompression d’archives, etc. Un fichier ISO d’environ 1,7 Go rassemblant la plupart des logiciels assurant les fonctionnalités de base d'un poste de travail sous Windows a même été mis en ligne et peut être téléchargé, gratuitement et légalement, par toute personne - qu’elle ait un lien ou non avec l’administration (voir ici). 

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Mais recommandation ne vaut pas forcément mise en place systématique des logiciels libres conseillés... « Chaque DSI de ministère est libre d'utiliser les outils qu'il sélectionne. Chaque ministre est responsable du système d'information de son ministère » rappelle ainsi Jacques Marzin, directeur de la Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC) dans CIO-Online. L’intéressé a néanmoins reconnu que « l'idée est bien de recommander de manière de plus en plus forte ».

Pour rappel, le Premier ministre a publié en septembre 2012 une circulaire mettant sur un même pied d’égalité logiciels libres et propriétaires au sein de l’administration. « Nous incitons les ministères à étudier l'option du libre au cas par cas, dans l'esprit de la circulaire du Premier ministre, note à cet égard Jacques Marzin. Celle-ci indique bien que les logiciels libres doivent être pris en compte à égalité avec les autres solutions. Toutes doivent être examinées. Ni plus, ni moins. »

Certains ministères n’ont cependant pas attendu cette liste de recommandations pour sauter le pas. L’année dernière, Manuel Valls expliquait par exemple que la Place Beauvau avait troqué dès 2008 Outlook, la solution propriétaire de Microsoft, contre la messagerie libre Thunderbird. Et ce pour 200 000 de ses adresses électroniques. Le ministre de l’Intérieur insistait au passage sur les économies réalisées du fait de la mise en place de Thunderbird, présentée comme « cinq fois moins onéreuse sur la durée qu'une solution propriétaire ».

Soulignons enfin que suite aux questions parlementaires de la députée Isabelle Attard, le gouvernement indiquait l'année dernière qu’il évaluait à 308 millions d’euros le montant des dépenses correspondant aux logiciels acquis par l’État pour les administrations centrales et déconcentrées au titre de l’année 2011. Ce montant était de 266 millions d’euros en 2010, de 297 millions en 2009, et de 241 millions en 2008.


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