Le Japon voudrait taxer Bitcoin, mais ne sait pas comment faire

Tes benefs, tes bas de laine, tout ce qui traine 87
Kevin Hottot

La débâcle de la plateforme Mt.Gox soulève de nombreuses questions au Japon. Si l'entreprise se trouve désormais sous la protection de la loi locale sur les faillites, le gouvernement a décidé de se saisir du sujet des crypto-monnaies, et se demande quelle méthode employer pour les réguler, et les taxer au passage.

Mark Karpeles Coindesk

Mark Karpeles, PDG de la plateforme Mt.Gox. Crédits : CoinDesk

Avec la fermeture de la plateforme Mt.Gox, causée par un prétendu vol de 850 000 bitcoins et de 20 millions d'euros, le gouvernement japonais se pose de nombreuses questions au sujet des éventuelles régulations auxquelles il faudrait soumettre la célèbre crypto-monnaie. 

Entre régulation, interdiction et taxation

Le premier réflexe  des autorités est bien évidemment de parler de taxes. « Nous n'avons pas encore fait le tour de la situation, mais une certaine forme de régulation est nécessaire du point de vue de la protection des consommateurs, mais nous devons également discuter de ce qu'il en est concernant sa prise en compte dans l'impôt », explique ainsi Takuya Hirai, un membre du Parti Liberal Démocrate à l'agence Reuters.

Il était également question dans un premier temps d'une taxe sur les transactions faites en bitcoins, mais l'idée a rapidement été abandonnée, en raison de l'impossibilité d'identifier clairement les propriétaires des porte-monnaie entre lesquels les sommes circulent. De son côté, Jiro Aichi, le vice-ministre des finances japonais, a expliqué qu'une coopération internationale était nécessaire pour parvenir à réguler cette monnaie, sans quoi des failles persisteraient. 

Cette coopération internationale sera certainement bien compliquée à mettre en place, chaque pays ayant des avis très distincts sur Bitcoin. Le Royaume-Uni soutient la monnaie et a récemment abandonné l'idée de taxer les transactions faites sur son territoire. Au contraire, la Russie considère Bitcoin comme un système parallèle illégal et en interdit formellement l'utilisation. Au milieu de tout cela, de nombreux pays comme la France cherchent encore quelle position adopter et ballottent entre les deux camps. « Il ne s'agit pas de bannir ces monnaies mais il faut en assurer un encadrement précautionneux », affirmait ainsi Pierre Moscovici il ya quelques jours de cela.

Quelles méthodes permettraient de taxer les échanges en bitcoin ?

Si d'aventure, les autorités d'un pays se décidaient à taxer les transactions faites avec des crypto-monnaies, peu d'options se proposeraient à elles. Déjà, les transferts effectués entre deux portefeuilles numériques sont par nature intraçables. Un utilisateur peut créer autant d'adresses qu'il le souhaite et brouiller complètement les pistes. Il est donc extrêmement compliqué de faire le moindre lien entre une personne et un portefeuille. Dans ces conditions il est impossible de ponctionner quoi que ce soit.

Par contre, à partir du moment où l'on échange des crypto-monnaies contre des monnaies fiduciaires (dollars, euros, yens, roubles...) l'utilisateur devient traçable. Il suffirait « simplement » aux gouvernements d'imposer des règles aux plateformes leur demandant d'identifier chacun de leurs clients, et de leur demander de prélever une taxe sur chaque échange fait par des ressortissants de leur pays. D'ailleurs la plupart d'entre-elles le font déjà à la demande des banques, mais qu'en sera-t-il de celles installées dans des paradis fiscaux qui voudront pratiquer une sorte de secret bancaire par exemple, ou d'organisations plus discrètes ou clandestines ?

Finalement, cela ne serait pas si différent du système bancaire classique que l'on connait, et les demandes de régulations demandées çà et là devront sans doute s'appliquer à tous pour être réellement acceptées.


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