Ford abandonnerait Windows pour QNX dans ses véhicules connectés

L'action de BlackBerry a évidemment fait un bond 103
Vincent Hermann

Selon le Seattle Times, Ford se préparerait à abandonner la plateforme Windows pour le fonctionnement des équipements intelligents dans ses voitures. Selon des sources, le constructeur américain se tournerait vers BlackBerry et le système QNX pour la prochaine version de Sync.

ford sync

Le système Sync de Ford. Crédits : Long Zheng, licence Creative Commons

QNX déjà présent chez Audi et BMW 

QNX est un système d’exploitation à micronoyau conçu expressément pour le monde de l’embarqué. Il n’est que peu connu du grand public mais il appartient pleinement à BlackBerry depuis 2012 depuis que la société Harman International, qui le développait avant, a cédé la branche QNX Software Systems au Canadien. Il s’agit d’une base robuste puisque l’ensemble de la plateforme mobile BlackBerry 10 est bâti dessus et que des constructeurs automobiles notamment l’utilisent pour les systèmes embarqués.

QNX équipe déjà deux marques de voitures particulièrement célèbres : Audi et BMW. Deux références qui pourraient prochainement en accueillir une troisième puisque plusieurs sources du Seattle Time ont indiqué que Ford pourrait devenir client. Le constructeur américain, le deuxième du pays, se préparerait en effet à arrêter son contrat avec Microsoft et à réviser entièrement son système Sync dans les véhicules qui en sont équipés.

Ford abandonnerait Windows pour le système de BlackBerry 

Sync est tout simplement le nom de la plateforme connectée et intelligente liant l’ensemble des services fournis au conducteur chez Ford. Depuis plusieurs années, le constructeur se fournit chez Microsoft et travaille sur la base Windows Embedded. Selon les sources du Seattle Times, Ford rencontrerait des difficultés et les retours des conducteurs ne seraient pas bons. La situation aurait provoqué une réflexion en interne sur un remplaçant éventuel.

Toujours selon ces sources, la bascule vers QNX serait envisagée pour plusieurs raisons. La flexibilité et la rapidité du système figureraient bien sûr parmi les arguments marquants, mais il ne s’agit pas forcément du principal. Car la licence de QNX est aussi moins chère que celle de Windows et Ford pourrait finalement réaliser une économie substantielle et se montrer donc plus compétitif.

Aucun des protagonistes n'a souhaité commenter 

Pour BlackBerry évidemment, il s’agirait d’une énorme bouffée d’oxygène. L’entreprise canadienne a perdu 95 % de sa valeur en quelques années et le choix de Ford enverrait un puissant signal de confiance. D’ailleurs la Bourse ne s’y est pas trompée puisque l’action de BlackBerry a grimpé de 6,6 % dans les heures qui ont suivi la parution de l’article du Seattle Times, tandis que celle de Microsoft a perdu 0,8 %. Une analyse notamment partagée par le cabinet Gartner qui estime qu’un tel contrat bénéficierait largement à BlackBerry.

Pour autant, les bouches sont restées closes chez les concernés. Une porte-parole de Ford a ainsi indiqué : « Nous ne discutons pas des détails de notre travail avec les autres ou spéculons sur de futurs produits, pour des raisons de concurrence ». Chez Microsoft et BlackBerry, personne n’a souhaité réagir. Une situation qui ne manque pas d’ironie quand on sait qu’Alan Mulally, PDG de Ford, était pendant un temps pressenti pour devenir le nouveau PDG de Microsoft.

On signalera également que BlackBerry verrait certainement un autre grand avantage avec un tel contrat : rester dans la course aux équipements automobiles. Google est en effet déjà partenaire de General Motors, Honda et même NVIDIA pour permettre à Android de se faufiler dans les voitures. Apple n’est pas en reste et travaille avec BMW (qui s’appuie donc sur plusieurs plateformes), Mercedes-Benz et Nissan pour faire embarquer des équipements pensés pour iOS. Le contrat avec Ford permettrait donc de reprendre de la visibilité et de rester un acteur de poids à prendre en compte.


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