Le panier moyen des pirates plus important que celui des autres internautes

Panier dégarni 85

Les « pirates » sont-ils plus enclins à ouvrir leur porte-monnaie pour acheter des biens culturels sur Internet (ebooks, vidéo à la demande, streaming musical, etc.) que les internautes prétendant rester habituellement dans le droit chemin ? Le dernier « baromètre des usages » publié par la Hadopi donne un élément de réponse à cette question.

Entre le 1er et le 15 octobre 2013, l’institut IFOP a interrogé 1 504 internautes pour le compte de la Hadopi, dans le cadre de ses études régulières sur les pratiques des Français en matière de consommation de biens culturels. Ce prestataire de la Rue du Texel a ainsi eu l’occasion de demander aux sondés combien ils dépensaient en moyenne chaque mois pour leur consommation de produits ou services culturels dématérialisés. Voici les résultats obtenus :

étude conso

Le panier mensuel moyen est donc légèrement supérieur chez les internautes prétendant avoir des usages illicites (22 euros) que chez ceux qui déclarent respecter la loi (19 euros). Soit une différence de 3 euros. La Hadopi prend néanmoins la peine de préciser que la formulation de cette question « ne permet pas déterminer dans quelle mesure les achats sont effectués sur des plates-formes d’offres licites ou illicites ». En clair, ce panier moyen peut comprendre des sommes versées certes pour des biens culturels dématérialisés, mais ceux-ci peuvent avoir été acquis illégalement...

Les « pirates » affirment dépenser plus que les autres

Une seconde question a été posée aux internautes sondés : « De façon générale, quel montant dépensez-vous en moyenne chaque mois pour votre consommation de produits ou services culturels dématérialisés sur Internet ? ». Les résultats sont ici assez intéressants, puisque plus la somme dépensée est importante, plus la part des internautes déclarant des usages illicites augmente. Dans le même temps, celle des individus prétendant avoir des pratiques légales diminue.

Ainsi, sur la réponse « Aucune dépense », on a davantage de personnes ayant des usages licites (43 %) que d’usages illicites (41 %). Inversement, sur la réponse « 100 euros et plus », les « pirates » sont davantage représentés (8 %) que ceux déclarant des usages licites (5 %). Le basculement s’opère entre la tranche de 30 à 49 euros et celle de 50 à 99 euros.

étude conso

La Hadopi s’intéresse de près à cette question des dépenses culturelles des usagers ayant des pratiques illicites. En décembre, l’institution a en effet lancé un appel d’offres afin qu’un prestataire réalise une étude quantitative censée répondre à la question suivante : « Est-ce que les consommateurs de biens culturels qui ont des usages illicites dépensent plus dans la culture (qu'il s'agisse de biens physiques ou dématérialisés) que les consommateurs ayant des usages licites ? » En contrepartie de ces travaux, la Hadopi était prête à débourser jusqu’à 50 000 euros d'argent public, hors taxes.


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