François Hollande : sur le Net, « l’anonymat ne doit pas être une protection »

À Tor ou à raison 526
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le vendredi 10 janvier 2014 à 08:14

Pour la seconde fois en l’espace de moins d’un mois, le président de la République vient de faire référence à l’anonymat dont profiteraient certains lorsqu’ils surfent sur la toile. Alors que ses précédentes déclarations avaient laissé un certain nombre d'observateurs relativement dubitatifs, François Hollande vient d'en remettre une couche : « Sur internet, l’anonymat ne doit pas être une protection et la liberté d’expression, un alibi » a lancé le chef de l’État.

hollandeFrançois Hollande - Archive. 

Comme chaque année à la même époque, le chef de l’État est actuellement engagé dans un marathon de séances de vœux. Après les vœux au gouvernement, puis au Conseil constitutionnel, ce fut au tour des autorités religieuses d’être conviées à l’Élysée, ce mardi. « Je souhaite (...) vous présenter les réflexions qui sont les nôtres, pour préparer les projets qui seront débattus au Parlement dans les prochains mois » a expliqué François Hollande - selon la retranscription effectuée par l’Élysée, qui n’a pas diffusé d’enregistrement de l’allocution - à ses hôtes, des représentants des différents cultes (catholique, musulman, juif, protestant, bouddhiste...).

Alors que les débats autour des « quenelles » de Dieudonné ne cessent d’enfler depuis quelques semaines, le président de la République s’en est pris à « l’intolérance », qui est selon lui « partout ». « L’intolérance s’attaque à tout : aux personnes comme aux biens, aux morts pour mieux insulter les vivants et même aux murs derrière lesquels vous vous retirez pour prier » a ainsi fait valoir le locataire de l’Élysée.

« L’anonymat ne doit pas être une protection et la liberté d’expression, un alibi »

Face à ce phénomène, François Hollande a promis que la République serait « intransigeante » : « Elle le sera partout et pour tous. Elle combattra la haine sous tous ses masques ». Sous tous ses masques, dont celui que peuvent utiliser certains sur le Net... « Sur internet, l’anonymat ne doit pas être une protection et la liberté d’expression, un alibi » a ainsi lancé le chef de l’État, quelques jours seulement après avoir affirmé que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault veillerait à « éviter la tranquillité de l’anonymat qui permet de dire des choses innommables [sur Internet] sans être retrouvé ».

« Nous sommes très attachés à la liberté. Mais lorsqu’au nom de la liberté, on met en cause des valeurs fondamentales, des principes essentiels, il faut aussi y mettre les limites » estime le président. François Hollande a ensuite déclaré pour que répression il y ait, les informations relatives aux infractions devaient être « connues », et les faits « établis ». Sans faire ici explicitement référence aux résistances qu’opposent parfois les géants du Net (à l’image du litige entre Twitter et l’UEJF), l’on peut rappeler que le président avait déjà promis en mars 2013 qu’il veillerait à « contraindre » les réseaux sociaux à fournir les éléments permettant d'identifier des personnes mises en cause, « pour qu’il y ait dissuasion et répression ».

Le chef de l’État a également insisté sur le fait que la « répression » devait s’accompagner d’un volet plus pédagogique. « La réponse est aussi éducative. C’est la formation des consciences, c’est l’accès au savoir, c’est le rappel de l’Histoire » a-t-il ainsi déclaré.

Soulignons enfin que le gouvernement a mis en place cet été un groupe de travail sur la cybercriminalité, lequel fut tout particulièrement invité à faire des propositions concernant la lutte « contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet ». Initialement prévues pour novembre 2013, ses conclusions ont été reportées à la mi-février.


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