La police continue d’expérimenter la vidéoverbalisation à Paris

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Expérimentée depuis l’année dernière sur la ville de Paris, la vidéoverbalisation va se poursuivre « pendant quelques mois encore », nous a indiqué la préfecture de police. Cependant, alors qu’une évaluation devait être menée l'été dernier à ce sujet, les autorités refusent aujourd'hui de donner le moindre chiffre quant à la vidéoverbalisation. Un « bilan » et de premiers constats devraient néanmoins être publiés « au printemps ».

vidéoverbalisation police saint-étienne

 Dans les coulisses de la vidéoverbalisation, à Saint-Étienne en août 2013.

Depuis le 2 avril dernier, les Parisiens peuvent être « vidéoverbalisés » dans certaines zones déterminées (avenue de Clichy, boulevard Barbès,... voir la liste complète ici). Qu’est-ce que cela signifie ? Contrairement à la vidéosurveillance, la vidéoverbalisation permet à un agent de police de mettre une amende à un contrevenant à distance, à partir des images qui lui sont retransmises depuis une caméra installée sur la voie publique. L’individu repéré reçoit alors son PV par voie postale, quelques jours plus tard, de la même manière que s’il recevait une amende après avoir été flashé par un radar automatique.

Alors que ce type de dispositif est déjà utilisé dans des modalités variables par d’autres villes telles que Nice, Aix-en-Provence ou Saint-Étienne, Paris a choisi de vidéoverbaliser les infractions relatives aux articles L121-2 et L121-3 du Code de la route. Cela concerne tout ce qui a trait au non-respect des signalisations imposant l’arrêt des véhicules (feu rouge, stop...), au stationnement (en double-file, dans une voie réservée...), au non-acquittement des péages, à l’emprunt d’une voie non affectée à sa catégorie de véhicule, ainsi qu’au respect des distances de sécurité.

« L'expérimentation se poursuit pendant quelques mois encore »

Seulement voilà. En mars 2013, lorsque la préfecture de Police de Paris avait annoncé cette expérimentation, elle promettait dans le même temps qu’une « évaluation précise de l’expérimentation sera effectuée d’ici l’été », en vue notamment d’une « éventuelle montée en puissance progressive » du dispositif. Sauf que l’automne est arrivé, puis l’hiver, et que rien n’a été diffusé par les autorités.

Jointe à ce sujet, la préfecture de Police nous a répondu que « l'expérimentation se poursuit pendant quelques mois encore ». Si notre interlocuteur a refusé de se prononcer sur le nombre de « mois » dont il est question, celui-ci a insisté sur le fait que la vidéoverbalisation continuait d'être pratiquée « dans les conditions annoncées lors du lancement de l'expérimentation ». Autrement dit, il n’y a pas - encore - de montée en puissance du dispositif, par exemple au travers du déploiement de nouveaux axes de vidéoverbalisation.

De l'évaluation promise pour l'été 2013 au « bilan » réalisé au printemps 2014

Et s’agissant de la fameuse « évaluation », promise initialement pour l'été dernier, c’est là aussi un silence légèrement gêné... La préfecture nous a en effet assuré qu’un « bilan » serait réalisé « au printemps », sans davantage de précisions. En attendant, impossible d’avoir le moindre chiffre relatif à la vidéoverbalisation. « Les chiffres seront connus au moment du bilan » nous a-t-on indiqué. En clair : « Circulez, y’a rien à voir ». Au moins pour l'instant...

Rappelons enfin que PC INpact a pu visiter cet été le dispositif de vidéoverbalisation de la ville de Saint-Étienne, expérimenté lui aussi depuis avril. À la mi-août, une centaine de PV avaient ainsi été adressés par la commune ligérienne. La municipalité nous confiait à l’époque que l’expérimentation serait donc pérennisée. La mise en place de ce type de dispositif dans de plus en plus de villes n’est cependant pas au goût de tout le monde. Nous avions pour l’occasion pu recueillir l’avis de nombreux opposants à la vidéoverbalisation. Pour en savoir plus, voir notre dossier : « Dans l’œil de la vidéoverbalisation ».


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