Refonte en règle du portail « data.gouv.fr », nouvelles données à l’appui

Le « Noël de l’Open Data » selon Regards Citoyens 17

Une nouvelle version de la plateforme gouvernementale d’Open Data, « data.gouv.fr », vient d’être mise en ligne par la mission Etalab, qui gère le mouvement d’ouverture des données publiques sous l’autorité du Premier ministre. Un portail qui se veut plus simple, davantage ouvert aux contributions, et surtout plus social. Explications. 

data.gouv.fr

Près de deux ans jour pour jour après l’ouverture de « data.gouv.fr » sous l’impulsion du gouvernement Fillon, le Premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault a inauguré hier après-midi la nouvelle version du site d’Open Data national. C’était d’ailleurs l’un des engagements ancrés par l’exécutif dans sa feuille de route en matière d’ouverture des données publiques : la nouvelle version de cette plateforme était censée voir le jour dès cette année. C’est désormais chose faite. Et force est de constater que les changements ne sont pas qu’esthétiques !

« Nous nous sommes dit que le prochain site devait résoudre trois problèmes », nous a raconté Henri Verdier, directeur d’Etalab. « D’abord, il fallait que ça prenne une minute à une administration pour poser des données. Jusque-là c’était très lourd, on leur envoyait un cahier des charges, des règles d’indexation, etc. Ensuite, il fallait que l’on puisse trouver une réponse en quelques clics. Et puis il fallait enfin que les administrations trouvent un intérêt à partager les données. » La refonte du site a donc été orientée en fonction de ces trois défis.

Des améliorations destinées tant aux utilisateurs qu'aux contributeurs

Ainsi, l’expérience utilisateur a été profondément remodelée. Recherche plus intuitive, indice de qualité des données, possibilité de de suivre des informations en fonction du producteur (un ministère, une collectivité ou un établissement public en particulier,...), de marquer comme « utile » un jeu de données, de proposer des améliorations ou des réutilisations aux données : nombreuses sont les nouveautés destinées à séduire le public et à « faire vivre » les informations mises en ligne.

Autre changement, de taille : data.gouv.fr accueille désormais des données et contributions issues de la société civile en général, et non plus seulement celles libérées par les pouvoirs publics. Les universités, les médias, les associations, les entreprises sont ainsi invitées à participer à la plateforme nationale d’Open Data. Pour éviter les dérives, un bouton de signalement est néanmoins prévu pour avertir les administrateurs du site. Il n’en demeure pas moins que ces informations provenant de nouveaux producteurs deviennent référencées aux côtés des autres jeux de données « officiels », ceux issus de l’administration. L’on peut ainsi retrouver des données proposées par l’association WWF à propos de l’empreinte écologique, ou bien par certains de nos confrères au sujet de la vidéosurveillance par exemple.

data.gouv.fr

Enfin, c’est un effort de classement qui a été réalisé. Les 350 000 fichiers présents sur l’ancienne version de data.gouv.fr ont en effet été rassemblés en 2 900 séries, qui se veulent plus cohérentes (les chiffres du chômage sont par exemple regroupés, etc.). Aussi, la plateforme n’ayant pas vocation à héberger des données déjà stockées ailleurs (sur le site d’une institution telle que l’INSEE par exemple), la « V2 » de data.gouv.fr renvoie les internautes vers le site sur lequel se trouvent les données en question. Il remplit en ce sens davantage un rôle de moteur de recherche que d'hébergeur.

De nouveaux jeux de données libérés pour l'occasion

Pour l’occasion, de nouveaux jeux de données ont été mis en ligne par Etalab. L’on retrouve par exemple des données concernant :

  • Les comptes des partis et groupements politiques au titre de l’exercice 2011,
  • Les subventions allouées au titre de la réserve parlementaire pour 2011 et 2012,
  • Le fichier des adresses des établissements d’enseignement,
  • La liste des marchés publics conclus de 2008 à 2012,
  • La base de données publiques des médicaments,
  • Les indicateurs de qualité et de sécurité des soins généralisés dans les établissements de santé sur l’activité de médecine, chirurgie, obstétrique et des soins de suite et de réadaptation,
  • Le projet de loi de finances 2014 (détail par Programme et missions, et incluant le jaune relatif aux subventions versées aux associations),
  • Les données relatives à l’annuaire fiscal (impôts locaux et impôt sur le revenu par collectivité, impôt de solidarité sur la fortune par commune de plus de 20 000 habitants, taxe sur la valeur ajoutée en montant et en nombre de cases remplies),
  • Les données d’exécution budgétaire des collectivités territoriales (charges et produits de fonctionnement, dépenses et recettes totales d’investissement),
  • Le fichier FANTOIR répertoriant pour chaque commune le nom des lieux dits et des voies,
  • Le périmètre des interventions économiques analysées dans le cadre de la mission MAP sur les aides aux entreprises,
  • L’aide publique au développement,
  • Les données détaillées de connaissance et de surveillance de la qualité des eaux,
  • Les effectifs étudiants inscrits dans les établissements et les formations de l’enseignement supérieur,
  • Le recensement des licences auprès des fédérations sportives agréées par le ministère en charge des sports,
  • La localisation des sites de fouilles archéologiques de l’INRAP,
  • L’analyse trimestrielle du marché des jeux en ligne en France,
  • La base de données mondiale des plus hauts revenus (École d’Économie de Paris),
  • La base de données OpenStreetMap,
  • Les structures de la Croix Rouge française.

Un site développé sur un noyau open source

« On est le premier pays au monde à ouvrir un portail d’Open Data véritablement social, où les gens peuvent venir et enrichir les données et même, avec des règles du jeu claires, accueillir aussi des données qui ne viennent pas de l’État » se félicite aujourd’hui Henri Verdier. Le numéro un d’Etalab explique avoir tenté d’imprimer une nouvelle stratégie, afin « d’utiliser la technologie pour pousser les gens à partager les données, et faire en sorte que ça ait du sens pour eux ».

Pour preuve de ce tournant, le nouveau site a été réalisé par des entrepreneurs embauchés en CDD, dans l'esprit des « corporate start-ups » séduisant les grandes structures qui veulent innover. Henri Verdier affirme à cet égard que ces personnes ont ainsi su apporter des « manières d’innover et de coder assez proches du Web ». À noter que la nouvelle plateforme a été développée sur un noyau open source, CKAN, standard bien connu des acteurs de l’Open Data.

« C'est décidément Noël ! » a de son côté réagi l’association Regards Citoyens (en lien avec les récentes annonces de Matignon concernant l’Open Data), et qui était d’ailleurs présente pour l’inauguration de la nouvelle plateforme. L’organisation a ainsi applaudi la mise en place de la nouvelle version de data.gouv.fr et de ses conséquences concrètes sur le mouvement d’ouverture des données publiques. « L’arrêt de la course au chiffre ayant incité des administrations à fragmenter leurs données en milliers de fichiers marque un sérieux pas en avant qui permettra enfin de retrouver aisément les données publiées » a ainsi fait valoir l’association dans un communiqué, tout en soulignant que des efforts restaient à faire « en matière de respect des formats ouverts ».


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