Munich enfin Libre

Et sans être outragée, brisée ni martyrisée 121
Nil Sanyas

Initié il y a un peu plus de dix ans, le passage de Windows vers Linux et l'open source dans l'administration de Munich est désormais quasi terminé. 14 800 machines sont ainsi concernées sur un parc d'un peu plus 15 500 PC.

Linux Limux Munich Allemagne

Un démarrage difficile

Le 28 mai 2003, la ville de Munich a fait un choix majeur pour son administration : abandonner le propriétaire pour le libre. Le projet LiMux, Linux für München, était né. Mais il est bien plus aisé de faire une annonce que de la mettre en place. Si le passage vers Firefox ou encore Open Office (puis Libre Office) a été plus ou moins aisé, l'abandon de Windows fut d'un tout autre niveau.

Initialement, le projet devait d'ailleurs prendre fin en 2008. Un retard de cinq ans a donc été constaté. Il faut dire qu'une nouvelle distribution sur mesure a dû être réalisée, et surtout, la migration n'a réellement débuté qu'en 2006 après de nombreux tests internes. Deux ans plus tard seulement 1200 PC avaient migré. Une accélération a toutefois été remarquée à partir de 2010, avec plus de 3000 machines cette année-là, puis 9000 un an plus tard, plus de 12 000 en 2012 et les PC restants cette année.

Troisième ville allemande en population après Berlin et Hambourg, Munich compte tout de même plus de 1,4 million d'habitants et a dû faire face à une vive opposition de certaines sociétés, et notamment de Microsoft. Il faut dire que le projet consistait à quitter Internet Explorer, Office et Windows pour Firefox, Open Office (Libre Office) et Linux. Le format Open Document (ODF) est bien entendu de la partie pour tous les fichiers de l'administration.

Une plus grande indépendance

Selon le communiqué officiel de la ville de Munich (en allemand), « les utilisateurs et les administrateurs sont depuis longtemps familiarisés avec le système d'exploitation libre ». Et malgré cette migration massive réalisée au cours de ces dernières années, l'administration de la ville a bien continué à travailler sans problème assure-t-elle. La ville estime même avoir franchi avec le projet LiMux « une étape logique vers une plus grande ouverture et indépendance vis-à-vis des éditeurs de logiciels propriétaires ».

Notez que derrière le projet LiMux, la ville a aussi développé WollMux, projet consistant à améliorer Open Office et Libre Office en lui rajoutant des fonctionnalités propres aux administrations (avec des modèles, des en-têtes, etc.). Libre et sous licence EUPL, WollMux n'est donc pas exclusif à Munich et peut donc être utilisé par n'importe quelle autre municipalité ou même des entreprises.

Sachez enfin que l'an passé, la ville déclarait qu'elle aurait dû dépenser 34 millions d'euros si elle était restée chez Microsoft ces dernières années. Or la migration vers le libre lui a coûté un peu moins de 23 millions d'euros. Une économie de 11 millions d'euros a donc été réalisée d'après ses calculs. Selon la presse allemande, l'objectif premier n'était toutefois pas financier, mais bien de s'affranchir du propriétaire.


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