Et si le PC traditionnel disparaissait des foyers

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Portable EDITO
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le samedi 07 décembre 2013 à 10:00
Nil Sanyas

Alors que cette semaine, tous les yeux ont été rivés sur l'offre 4G de Free Mobile, le projet de loi programmation militaire, le Cyber Monday, la livraison par drone chez Amazon ainsi que l'USB 3.1 et son connecteur réversible, la chute des ventes de PC s'est confirmée. Au point que nous pouvons nous demander si l'ordinateur personnel, comme nous l'avons connu, ne va pas bientôt appartenir au passé, tout du moins dans la plupart des foyers.

Les PC de bureau n'ont plus la cote

Depuis plusieurs années maintenant, une tendance évidente a été remarquée dans le secteur des PC : les ordinateurs portables représentent la majeure partie des ventes, surtout chez les particuliers, ceci en tant que machine principale. Alors qu'à leurs débuts, les portables étaient utilisés en entreprises (du fait de leurs coûts élevés) puis ensuite comme machine complémentaire à un PC de bureau dans les foyers pouvant se le permettre, avec la chute des coûts, ces ordinateurs sont rapidement devenus un standard. Résultat, il n'est désormais pas rare de voir des foyers avec strictement aucune machine de bureau à l'ancienne (avec une tour ou au pire le matériel intégré à l'écran). Non, désormais, le modèle courant est un ordinateur portatif comme machine principale. Quitte à ce qu'elle ne quitte d'ailleurs jamais le foyer, ou à de très rares occasions.

Cette année, selon les toutes dernières prévisions d'IDC, il devrait s'écouler à travers le monde 135,6 millions d'ordinateurs de bureau (-13 millions en un an) et 178,6 millions de machines portables (-22,5 millions en un an). C'est moins qu'en 2012 donc, mais aussi qu'en 2011 et même en 2010. L'écart entre ces deux types d'ordinateurs est encore plus important encore dans les pays développés, puisque pour six PC de bureau vendus, dix portables le seront également. Et que ce soit dans les pays émergents ou les territoires matures, les prévisions de l'institut tablent désormais sur un recul des PC de bureau dans les années à venir, non seulement en pourcentage des ventes, mais aussi en quantité. Certes, ces données ne prennent pas en compte les personnes qui montent elles-mêmes leurs machines, néanmoins, la tendance reste malgré tout lourde et évidente.

Et les portables ?

Cette disparition progressive du PC de bureau traditionnel pourrait-elle s'accompagner de celle des ordinateurs portables ? Si nous sommes encore bien loin de cette situation, la question peut malgré tout se poser sérieusement. Le succès des tablettes tactiles a démontré que pour un nombre important de personnes, un ordinateur ne servait qu'à surfer sur internet, vérifier ses emails, voir des vidéos en streaming, aller sur des réseaux sociaux, jouer à des jeux simples et faire un peu de traitement de texte. Bref, tout ce que peut faire une tablette, d'autant qu'il est aisé de l'accompagner d'un clavier si l'on veut gagner en confort. Si nous manquons encore de statistiques à ce sujet, il ne serait ainsi pas étonnant que de plus en plus de foyers n'aient pour simple équipement informatique qu'une tablette.

De plus en plus puissantes et accompagnées d'une logithèque chaque jour plus complète, les tablettes pourraient d'ici peu avoir le rôle qu'on eut les PC portables il y a peu : passer d'un statut d'appareil complémentaire à celui de machine principale du foyer. Avec la multiplication des produits hybrides, et le fait que les OS comme les logiciels sont désormais pensés pour le tactile, l'ordinateur principal se réinvente et n'a pas terminé sa mutation. Le fait que les box Internet mais aussi les consoles de jeux vidéo soient désormais de véritables machines multimédias est aussi un élément à prendre en compte dans cette transformation.

ASUS Transformer Book T100TA

D'ici quelques années, l'ordinateur de bureau sera peut-être une tablette géante posée au milieu du salon, ou un mini-boitier branché à une télévision, accompagné d'un clavier voire d'une souris (ou d'un appareil équivalent). Le portable pourrait pour sa part être une simple tablette, de différentes tailles et puissances selon les besoins et les budgets, parfois armée d'un clavier. Tout ce qui importe, c'est bien que l'usage ait sa machine adéquate. Pour les professionnels ainsi que ceux qui travaillent et jouent à la maison, le PC, le vrai, le dur, le « bon » diront certains, survivra assurément encore un moment, car les autres appareils alternatifs ne peuvent en aucun cas le remplacer totalement. Mais pour les autres, ceux pour qui en réalité, un PC, c'est surtout laid, parfois coûteux, et preneur d'espace, la question se pose différemment. Les produits hybrides auront ainsi toute leur place pour ces personnes. Et quand on sait que ces dernières sont majoritaires...

« Il faut comprendre et accompagner cette transformation »

Déjà, aujourd'hui, certains constructeurs d'ordinateurs réalisent bien plus de ventes de tablettes que de PC, et leurs efforts sont plus que jamais concentrés sur ces machines plutôt que sur l'ordinateur traditionnel (voir notre dossier). Même Apple, qui a pour double avantage de jouir d'une véritable image de marque et de ne pas être touché par la problématique Windows 8, voit ses ventes de Mac régresser. Preuve que le secteur est bien en mutation et que les constructeurs qui ne réagiront pas assez rapidement risquent de souffrir voire de disparaître.

En juillet dernier, à la question « Le PC est-il mort ? », Alexis Oger, le directeur marketing de Dell, répondit à ce sujet que « le plus important, c'est de s'adapter à l'évolution, l'informatique est en totale transformation, il faut comprendre et accompagner cette transformationNous sommes à un tournant en termes d'usage, il faut maintenant que les applications métier suivent. »

Du côté de Lenovo, le nouveau leader mondial du marché, Alain Raison, le directeur exécutif des produits entreprise pour la zone EMEA, va en partie dans ce sens. Si pour lui, une tablette ne peut remplacer le PC du fait d'usages différents et de puissances incomparables, il concède toutefois que le monde change et qu'il faudra absolument s'adapter : « Est-ce que vraiment on assiste à une cannibalisation des PC par les tablettes ? Je pense qu'il faut regarder les évolutions du PC en général et vérifier de près quels sont les produits impactés : PC portables ou PC de bureau ? Le PC portable est touché, c'est une évidence. Mais on ne remplacera pas un PC de bureau par une tablette, il faut être très clair. Et on ne sait pas encore quelle "form factor" va émerger. » Une dernière remarque qui résume bien la complexité du secteur et les futures difficultés que rencontreront les acteurs du marché.


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