La police française raccordée à une base mondiale des téléphones volés

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La police, la gendarmerie et les douanes vont bientôt pouvoir accéder à une base de données alimentée par 114 opérateurs (présents dans 46 pays) et concernant les déclarations de vol de téléphones portables. Les autorités viennent en effet de signer un protocole, qui leur permettra de vérifier plus rapidement d’après le numéro IMEI d’un mobile s’il a été déclaré volé à l’étranger.

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Que faire lorsqu’on se fait voler son téléphone portable ? Tout d’abord, il faut prévenir son opérateur, afin que celui-ci désactive la ligne correspondante. Si cette démarche permet d’éviter d’avoir de mauvaises surprises en recevant sa facture, elle ne permet cependant pas d’empêcher l’utilisation du mobile. C’est pour cette raison que depuis plusieurs années, les autorités ont multiplié les mesures visant à assurer le blocage des communications émises en France par un appareil déclaré comme volé.

 

Comment ? Lors du dépôt de plainte, il suffit de transmettre aux policiers ou aux gendarmes le numéro IMEI du téléphone dérobé. Depuis la LOPPSI 2 de 2011, les forces de l'ordre se chargent ensuite d'envoyer une copie du procès-verbal de la plainte à l’opérateur concerné, afin que ce dernier procède dans les quatre jours au blocage du mobile. Pour obtenir ce précieux numéro, plusieurs techniques sont possibles : soit en tapant le code « *#06# » sur votre mobile (sans les guillemets, bien entendu) ; soit en allant voir sur le mobile, dessous la batterie ; soit depuis l'étiquette du coffret d'emballage voire à partir de la facture d’achat du téléphone. Vous l’aurez compris, il vaut mieux prendre ses précautions et noter précieusement ce numéro avant d’attendre la disparition malheureuse de votre portable...

Signature d'un protocole

Seulement, ce système de blocage souffre d’un problème : il ne s’applique qu’au territoire national... Cette brèche est également valable dans le sens inverse. Un portable bloqué par un opérateur étranger pourra ainsi fonctionner en France. Mais les choses vont (un peu) évoluer. En effet, le ministère de l’Intérieur a annoncé hier que la police, la gendarmerie et la douane avaient signé le 12 novembre dernier un « protocole d’accès à la base mondiale des téléphones volés ».

 

La Place Beauvau explique que « ces trois forces auront désormais accès à la base mondiale, financée et gérée par l’association professionnelle mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (la GSMA), qui répertorie les numéros d’identité de tous les types de terminaux nomades déclarés volés (mobiles, clefs 3 ou 4G, tablettes, ordinateurs portables dotés d’une carte SIM...) ». Concrètement, cela signifie que les forces de l’ordre vont pouvoir prochainement se renseigner directement et plus rapidement au sein d’une base de données alimentée par 114 opérateurs, présents dans 46 pays différents (dont ceux de l’Union européenne, du Canada, des États-Unis, etc.).

Accès à une base de données internationale alimentée par 114 opérateurs

C’est en tout cas ce que nous a indiqué la Fédération Française des Télécoms (FFT), qui nous a également confirmé qu’il n’était pas question de bloquer un portable au-delà des frontières nationales. Cet accès à cette base de données devrait donc servir avant tout lors des contrôles aux frontières, afin de savoir si certains lots de mobiles ont déjà fait l’objet d’un blocage à l’étranger, l’objectif étant d’identifier des portables ayant pu être volés.

 

Rappelons enfin que selon une étude publiée l’année dernière par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), le nombre de vols et tentatives de vols personnels de téléphone portable était estimé à « à un peu moins de 775 000 » pour l’année 2010, ce qui constituait une baisse par rapport aux années précédentes. Quoi qu’il en soit, suite aux nouvelles obligations de blocage introduites via la LOPPSI 2, les délinquants ont réussi à s’adapter à cette nouvelle donne, par exemple en développant un logiciel capable de réactiver les téléphones bloqués (voir cet article du Monde, datant de juin 2012).


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