Pédopornographie : Google présente ses efforts aux autorités britanniques

Schmidt nous refait un peu de cuisine 75

Pressé par le gouvernement britannique de faire davantage d’efforts dans la lutte contre la pédopornographie, Google vient de présenter plusieurs mesures censées satisfaire les autorités. Le géant de l’internet a notamment revu l'algorithme de son moteur de recherche et mis au point une technologie permettant de mieux repérer certaines vidéos. 

david cameron cc

David Cameron, en 2011 - CC BY-ND 2.0 bisgovuk, Flickr.

 

David Cameron, le Premier ministre britannique, l’avait annoncé en juillet dernier : afin de lutter contre la pédopornographie sur Internet, il souhaitait que les moteurs de recherche fassent davantage d’efforts. En l’occurrence, le chef du gouvernement plaidait pour que les Bing, Google et cie se mettent autour de la table et envisagent plus de déréférencements. « Nous avons besoin d’avoir des conversations fortes, au cours desquelles nous allons dire à ces sociétés [les moteurs de recherche, ndlr] que non, elle ne devraient pas fournir des résultats pour ces termes si dégoûtants » avait ainsi déclaré le locataire du 10 Downing Street.

Eric Schmidt dévoile les efforts de Google 

Alors qu’une réunion est organisée cette semaine par les pouvoirs publics britanniques afin de faire le point sur cette initiative, Eric Schmidt, président exécutif de Google, vient de publier une tribune dans le Daily Mail pour mettre en avant les solutions finalement proposées par son entreprise. « Comme l’a déclaré David Cameron cet été, il est toujours possible de faire plus » déclare le numéro un de la firme de Mountain View. Ce dernier dit avoir « écouté » et chargé, au cours des trois derniers mois, 200 personnes de « s'attaquer au problème ». 

 

Après avoir rappelé que Google faisait déjà des efforts en la matière, y compris en coopération avec Microsoft, l’intéressé brandit plusieurs mesures :

 

Mise à jour des termes filtrés. L’algorithme du moteur de recherche de Google a été modifié, afin que 100 000 termes pouvant être liés à la pédopornographie soient désormais pris en compte pour ne plus rediriger vers de tels contenus. « Nous mettrons bientôt en place ces changements dans plus de 150 langues, de telle sorte que leur impact sera véritablement mondial » assure le numéro un de la firme de Mountain View. Un délai de six mois avant la mise en place complète de ces changements est évoqué.

 

Messages d’alerte. « Nous affichons maintenant des avertissements en haut de nos résultats de recherche pour plus de 13 000 termes » annonce Eric Schmidt. D’ailleurs, il s’agissait là d’une demande expresse de David Cameron. Dès lors qu’un utilisateur de Google recherchera un ou plusieurs mots mis sur cette liste - dont le détail n’est pas connu - celui-ci pourra lire que les abus sexuels sur mineurs sont illégaux. L’internaute doit également se voir proposer des endroits où obtenir de l’aide (association, etc.).

 

Détection et suppression des vidéos. Le président exécutif de Google affirme que les ingénieurs de YouTube ont mis au point « une nouvelle technologie » permettant d’identifier encore mieux les vidéos pédopornographiques en vue de leur suppression. Cette technologie serait actuellement testée par le géant de l’internet, qui dit espérer pouvoir la partager avec d’autre sociétés ou organisations d’ici l’année prochaine.

Des mesures qui donneront probablement des idées à certains 

Restera maintenant à voir si ces pas en avant satisferont le Premier ministre britannique, qui avait clairement annoncé qu’il était prêt à légiférer si jamais les efforts consentis par les géants de l’internet (Google, Microsoft, Yahoo, etc.) n’étaient pas suffisants à ses yeux. Cet élan sera quoi qu’il en soit surveillé de près par les ayants droit, dont certains aimeraient bien voir Google faire preuve d’autant de bonne volonté en matière de lutte contre les atteintes au copyright...

 

L’on notera enfin que David Cameron devrait revenir cette semaine sur son plan de blocage par défaut des contenus pornographiques au Royaume-Uni. Comme l’expliquait le Daily Mail samedi, les fournisseurs d’accès à Internet du pays ont commencé à demander à leurs clients s’ils acceptaient un tel filtrage ou s’ils souhaitaient le désactiver. D’ici la fin de l’année 2014, 20 millions d’abonnés à Internet devraient avoir fait leur choix.


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