Selon Malek Boutih, les pires pulsions galopent sur le Far-West Internet

Shérif, fais moi peur 351
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le vendredi 15 novembre 2013 à 11:55
Marc Rees

« Internet est une sorte de Far-West ». Voilà ce qu’estime le député socialiste de l’Essonne, Malek Boutih qui s’en est pris sur l’antenne de BFM à l’anonymat sur les réseaux, source de bien des problèmes selon lui.

Souvenons-nous des propos de l’ex-chef de l’État lors de la remise du rapport Olivennes, celui qui servit de socle au projet de loi Hadopi. Dans son discours du 24 novembre 2007, Nicolas Sarkozy estimait qu’ « Internet, c'est une "nouvelle frontière", un territoire à conquérir. Mais Internet ne doit pas être un "Far West" high-tech, une zone de non-droit où des "hors-la-loi" peuvent piller sans réserve les créations, voire pire, en faire commerce sur le dos des artistes. D'un côté, des réseaux flambant neuf, des équipements ultra-perfectionnés, et de l'autre des comportements moyen-âgeux, où, sous prétexte que c'est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l'étalage. »

Les pires pulsions galopent sur le Far West Internet

Un Internet digne d’un Far West ? L’expression, qu’on pensait tombée en désuétude, resurgit au ceinturon du député socialiste de l’Essonne, Malek Boutih, visiblement inspiré par le champ lexical de Nicolas Sarkozy. En tout cas, c’est à y jurer lorsqu’on l’entend commenter ce 6 novembre sur BFM la question de l’anonymat : « si on a aujourd’hui un tel développement de propos inacceptables, d’ailleurs sur le racisme comme sur plein de sujets, c’est qu’Internet est pour l'instant une sorte de Far West. Les gens qui font des commentaires racistes ou des commentaires sexistes ou désobligeants sont des gens qui sont cachés derrière l’anonymat. Tant qu’on est derrière l’anonymat ce sont les pires pulsions qui existent, et c’est pour cela qu’on voit cela ». Contrairement à l'univers ainsi décrit, ces propos tombent pourtant sous le coup de plusieurs infractions pénales pour lesquelles les intermédiaires techniques peuvent être appelés en renfort... 

Reprendre le contrôle d'Internet

Le député PS n’est cependant pas à sa première charge contre les pratiques sur Internet. Le 12 juin 2013, alors que Pierre Lescure était venu présenter son rapport sur l’Acte 2 devant la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, Malek Boutih avait fait part de ses sentiments (PDF) : « Je ne crois pas à la légende des pirates d’internet qui, tels des Robin des bois, redistribueraient des produits culturels. Nous sommes au cœur d’une guerre économique dont l’enjeu pour les acteurs américains consiste à imposer des normes de consommation. Ainsi, pendant que nous montions une grande machine administrative avec la Hadopi, iTunes s’est imposé à nous en devenant le principal pourvoyeur de musique ».

Selon lui, du coup, « l’enjeu réside donc dans la reprise du contrôle de l’ensemble des activités d’internet ». Comment reprendre le contrôle d’Internet ? Le parlementaire a déjà sa solution clef en main: « Les missions de régulation de l’audiovisuel du CSA ne présentent plus d’intérêt et le Conseil devrait être dorénavant chargé de l’ensemble de la régulation d’internet », estime-t-il, avant de tempérer en appelant au respect des droits des consommateurs. Même anonymes ?


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