Netflix et YouTube captent 50 % du DL en Amérique du Nord, BitTorrent 4 %

En période de pointe il s'entend 20
Nil Sanyas

Roi du trafic internet il y a encore quelques années, le P2P (BitTorrent, eDonkey, etc.) reste encore une base importante du réseau des réseaux. Mais avec l'essor du streaming, et notamment de YouTube ou encore de Netflix, le poids du P2P a lourdement chuté, notamment lors des périodes de pointe.

Sandvine internet H2 2013

Données pour les lignes fixes en Amérique du Nord (upload à gauche, download au milieu, cumul à droite).

Netflix : un tiers du trafic nord-américain en soirée

Depuis plusieurs années maintenant, grâce à l'essor du haut et très haut débit, la multiplication des offres et des contenus - et certainement aussi des actions anti-piratage concentrées sur le P2P, le streaming audio et plus encore vidéo explose. Outre-Atlantique, on le sait, le service de vidéo à la demande illimité Netflix représente une part majeure du trafic internet, notamment en soirée. Sandvine indiquait ainsi en 2011 qu'en Amérique du Nord, Netflix représentait à lui seul 29,7 % de la consommation d'internet sur les lignes fixes lors des pics d’audiences. Un taux qui grimpait à 49,2 % pour le streaming en général, contre 29,5 % deux ans plus tôt, en 2009. 

Plus proche de nous, en mai dernier, ce même Sandvine indiquait que sur les réseaux fixes, Netflix captait lors des périodes de pointe 32,25 % du téléchargement nord-américain, contre 17,11 % pour YouTube. Il n'y a donc rien d'étonnant que six mois plus tard, l'institut confirme ces données et annonce que Netflix et YouTube représentent toujours plus de 50 % du trafic nord-américain (en téléchargement), avec dans les détails 21,6 % pour Netflix et 18,6 % pour YouTube.

BitTorrent reste le roi de l'upload sur les lignes fixes, mais pas du téléchargement

Statistique intéressante : Netflix représente déjà 20 % des téléchargements au Royaume-Uni (en période de pointe), alors que le service n'a pas encore fêté ses deux ans sur ce territoire. Globalement, en Europe, le streaming vidéo est important (plus que le P2P) mais reste moins développé qu'outre-Atlantique du fait du manque de services à la Netflix. En 2011 déjà, Sandvine indiquait que 33,2 % des téléchargements en Europe étaient liés au streaming, contre 21,6 % pour BitTorrent. Néanmoins, du côté de l'upload, BitTorrent surpassait tous les autres types de consommation (HTTP, VoIP, etc.) avec un taux de 59,7 % en Europe.

Deux ans plus tard, en 2013, BitTorrent reste toujours le numéro un de l'upload sur les lignes fixes en Europe (48,10 %), ainsi qu'en Amérique du Nord (36,35 %), en Asie Pacifique (35,72 %) et en Amérique Latine (29,70 %). Néanmoins, du côté des téléchargements, le P2P dans son ensemble a bien perdu de sa splendeur, que ce soit en Amérique du Nord, en Europe ou encore en Asie. Résultat : en Amérique du Nord, le peer-to-peer représente moins de 10 % du trafic (entrant et sortant), et en Europe, BitTorrent n'est qu'à 18 %, et 21,18 % en Asie.

Sandvine internet H2 2013

Données pour les lignes mobiles en Europe. 

Facebook, un acteur majeur du trafic mobile

Outre Netflix et YouTube, l'autre phénomène de ces dernières années est sans contestation Facebook. Et cela se ressent dans les chiffres publiés par Sandvine. Nous apprenons ainsi, toujours en périodes de pointe (donc plutôt en soirée), qu'en Europe, le réseau social représente tout de même 4,65 % du trafic (montant et descendant) sur les lignes fixes et surtout 11,80 % du trafic mobile (contre 18,51 % pour YouTube).

Surprise : Facebook est même numéro un en Europe du côté de l'upload sur mobile (17,09 %), contre 11 % pour le téléchargement. Il est est d'ailleurs de même en Amérique du Nord, où le site de Mark Zuckerberg est en deuxième position globalement (derrière YouTube) sur les réseaux mobiles, avec 16,62 % du trafic, dont 20,62 (1er) pour l'upload et 15,44 % (2e) pour le téléchargement.

La logique est à peu près similaire en Amérique Latine, avec un Facebook captant 16,24 % (2e) du trafic mobile, dont 21,14 % (1er) en upload et 15,34 % (2e) en téléchargement, avec toujours YouTube en tant que principal concurrent. A contrario, en Asie, où le réseau mobile est utilisé pour surfer comme à la maison (voir ci-dessous), Facebook est moins important avec « seulement » 6,54 % du trafic, dont 13,24 % en upload et 5,82 % en téléchargement.

L'Asie, grosse consommatrice d'internet mobile

Enfin, notez que selon les données de Sandvine, la consommation moyenne par ligne sur les réseaux fixes est la suivante selon les territoires :

  • Amérique du Nord : 44,5 Go (37,9 Go de DL et 6,6 Go d'UL)
  • Asie-Pacifique : 35,4,5 Go (24 Go de DL et 11,4 Go d'UL)
  • Europe : 17,4 Go (14 Go de DL et 3,4 Go d'UL)
  • Amérique Latine : 10,00 Go (8,8 Go de DL et 1,2 Go d'UL)

Et la consommation moyenne par ligne sur les réseaux mobiles est la suivante, toujours selon les territoires :

  • Amérique du Nord : 443 Mo (384 Mo de DL et 59 Mo d'UL)
  • Asie Pacifique : 1,1 Go (1 Go de DL et 107,5 Mo d'UL)
  • Europe : 358 Mo (302 Mo de DL et 56 Mo d'UL)
  • Amérique Latine : 347,5 Mo (308,5 Mo de DL et 39 Mo d'UL)
  • Afrique : 21 Mo (12,9 Mo de DL et 8,1 Mo d'UL)

Sachez que ces chiffres sont en légère hausse dans tous les continents, hormis en Asie Pacifique où l'internet mobile explose, puisque l'on est passé d'une consommation de 700,4 Mo à 1,1 Go en l'espace de six mois. Un bond très important qui prouve que pour cette région du monde, le réseau internet mobile est primordial. Nous savons d'ailleurs qu'au Japon et en Corée, les débits y sont très élevés, et en Chine, certains internautes ne surfent que par mobile, faute de débits fixes intéressants.


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