Bourse : Criteo entre au NASDAQ, Dell en sort

Ça s'en va et ça revient 19
Nil Sanyas

Aujourd'hui, le Français Criteo va faire ses premiers pas en bourse, au NASDAQ précisément, la fameuse place boursière américaine où se situe la majorité des entreprises high-tech. Une entrée qui correspond à la sortie hier soir de Dell, après le rachat des actions par Michael Dell et le fonds de capital-investissement Silver Lake.

Criteo

Des ambitions revues à la hausse pour Criteo

Dans quelques heures, la société parisienne Criteo, spécialisée dans la publicité ciblée, fera son entrée en bourse aux États-Unis. Initialement, il y a quelques semaines, l'entreprise comptait proposer son action entre 23 et 26 dollars, lui permettant de lever entre 160 et 190 millions de dollars. Au regard de la demande, la valeur d'introduction a été remontée à 29 dollars. Finalement, Criteo a de nouveau revu ses prétentions à la hausse et a fixé son prix d'introduction à 31 dollars.

La société devrait donc lever près de 250 millions de dollars grâce aux 8 millions d'actions vendues sur le marché, contre 7,2 millions prévues dans un premier temps. Cela devrait le valoriser autour de 1,7 milliard de dollars, soit bien plus que ce que nous pensions il y a encore quelques jours.

Un chiffre d'affaires en hausse constante, mais les bénéfices se font attendre

Rappelons que Criteo a dévoilé il y a peu les détails de ses finances, à savoir qu'il a réalisé un chiffre d'affaires de 271,9 millions d'euros l'an passé, et 194,3 millions d'euros de chiffre d'affaires uniquement lors du premier semestre 2013. Ses bénéfices n'ont par contre été que de 0,8 million d'euros l'an passé, et le début de cette année a même été dans le rouge avec une perte de 4,9 millions d'euros.

Notez que Criteo compte 4000 clients différents à travers 37 pays, dont Orange, Lenovo, Rakuten, Staples, La Redoute, les 3 Suisses, CDiscount, Expedia, Sarenza, eBay, Hotels.com, etc. La société dispose de bureaux à Paris, Londres, Munich, Stockholm, Amsterdam, Milan, Sao Paolo, Palo Alto, New York, Boston, Chicago, Tokyo, Séoul, Sydney et Pékin.

Le retour au privé pour Dell

Dell Venue 8 Pro

La Dell Venue 8 Pro

Dell, pour sa part, dit donc adieu à la bourse. La nouvelle a été officialisée hier, alors que le feuilleton dure depuis le début de l'année. Après quelques conflits avec le milliardaire Carl Icahn, qui détient une part non négligeable de la société. Son patron et fondateur, Michael Dell, a finalement atteint son objectif de racheter sa propre entreprise, ceci grâce à l'aide du fonds de capital-investissement Silver Lake et un coup de pouce de Microsoft.

Michael Dell et Silver Lake ont ainsi racheté toutes les actions de la société afin de la sortir de bourse, la valorisant à 24,9 milliards de dollars. « Aujourd'hui, Dell entre dans un nouveau chapitre passionnant en tant qu'entreprise privée » a déclaré le PDG hier. 

Interrogé par Le Figaro, le fondateur de Dell a rappelé qu'il détiendra à lui seul environ 75 % du capital de sa société, Silver Lake en détenant 25 %. « Mais j'aurai seul le contrôle du groupe. Personne ne pourra me dire de partir » a-t-il tenu à préciser. C'est d'ailleurs le cheval de bataille du patron : sortir de bourse, c'est surtout un moyen pour l'entreprise américaine de mettre en place ses propres stratégies sans la pression des investisseurs.

Tablettes : Dell vise les entreprises et tacle durement Microsoft et la Surface

Toujours lors de son entretien avec nos confrères, Michael Dell a assuré qu'il comptait bien rester dans le secteur des PC, où il arrive à augmenter ses parts de marché, au point d'être numéro deux en Chine derrière Lenovo désormais. Quant aux tablettes tactiles, où le constructeur est encore un acteur mineur, le patron s'est contenté de déclarer que sa société proposait des produits sous Android et Windows 8, appareils les plus demandés actuellement, et qu'avant tout, il visait le marché professionnel. Il ne faut donc pas s'attendre à une agressivité de sa part du côté du grand public.

Enfin, concernant les tablettes Surface de Microsoft, Michael Dell a eu des propos particulièrement durs : « leurs tablettes sont très coûteuses et Microsoft n'en vend pas beaucoup ».


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