Quand Microsoft exige le déréférencement de la page Wikipédia d’Office 2007

La DCRI n'y serait pour rien 63

Google a reçu il y a quelques jours une requête DMCA pour le moins surprenante : Microsoft lui demandait de supprimer des résultats de son moteur de recherche plusieurs centaines d’URL, dont certaines renvoyaient vers son propre site officiel, vers la page Wikipédia d’Office 2007, ou bien encore vers le téléchargement d’un film X ! Une énième erreur commise par un prestataire auquel avait recours la firme de Redmond, laquelle a finalement décidé de mettre fin à leur collaboration. 

dmca microsoft chilling

Extrait de cette requête DMCA adressée à Google le 16 septembre.

 

Chaque jour, Google reçoit des dizaines de milliers de requêtes ayant toutes le même objectif : faire disparaître des résultats affichés par son célèbre moteur de recherche des pages accusées de receler des contenus illicites. Il s’agit là de la procédure prévue par la législation américaine - mais aussi européenne : un hébergeur ne peut voir sa responsabilité engagée que s’il n’agit pas après qu’un ayant droit lui a signalé l’illicéité manifeste d’un contenu stocké sur ses serveurs. Microsoft, la société à l’origine des célèbres suites Windows et Office, fait ainsi partie des ayants droit utilisant régulièrement ce dispositif, par exemple pour obtenir le déréférencement d’URL à partir desquelles il est possible de télécharger illégalement ses logiciels.

 

Sauf qu’au travers de récentes requêtes de ce type, des URL pour le moins surprenantes ont été transmises au géant de l'internet... Nos confrères de TorrentFreak ont en effet mis la main sur cette demande, datée du 16 septembre et adressée à Google par LeakID, une société privée agissant pour le compte de Microsoft. On y trouve une liste de plus de 600 pages dont le déréférencement est exigé par la firme de Redmond, en ce que celles-ci porteraient atteintes aux droits relatifs à Office. Parmi ces adresses, l’on remarque toutefois la présence de :

Entre requêtes illégitimes et manifestement erronées

Mais ce n’est pas tout. Si les pages précédentes faisaient effectivement référence à Microsoft et à Office, d’autres n’avaient manifestement aucun rapport avec la célèbre suite bureautique. C’est notamment le cas de plusieurs URL, renvoyant par exemple vers le téléchargement d’un fichier intitulé « Gay Amateur Spunk Volume 2 », « Apple iOS 7 beta 3 for iPad 4 », « Batman » ou bien encore vers un album de métal...

 

Heureusement, les équipes de Google effectuent un contrôle des URL notifiées par les ayants droit, ce qui explique pourquoi les URL signalées par Microsoft n’ont finalement pas été déréférencées par la firme de Mountain View. À une exception près cependant : l’URL concernant le film « Gay Amateur Spunk Volume 2 » a quant à elle bien été retirée...

 

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Fin de la collaboration avec LeakID

Ce n’est pas la première fois que la firme de Redmond s’attire les critiques pour ses demandes de déréférencement manifestement illégitimes. L’on s’en souvient, LeakID avait réclamé au début de l’été, toujours pour le compte de Microsoft, la suppression d’URL renvoyant vers Open Office, la célèbre suite de logiciels libres. L’entreprise s’était également ridiculisée en juillet pour avoir demandé le retrait de pages appartenant au site officiel de Microsoft...

 

Le récent épisode dont nous nous faisons l’écho aujourd’hui semble cependant avoir été la goutte ayant fait déborder le vase. La firme de Redmond a en effet décidé de mettre un terme à ses relations avec LeakID. « Microsoft s’engage à ce que les demandes soient appropriées et exactes. Nous enquêtons sur les circonstances de cette requête et avons informé le fournisseur qu'il n'était plus autorisé à envoyer des notifications en notre nom » a ainsi annoncé un porte-parole de l’entreprise américaine, toujours à TorrentFreak.

 

Mais si l’affaire est désormais close, il n’en demeure pas moins que celle-ci démontre bien les limites inhérentes à l’envoi massif de requêtes DMCA. Cela n’empêche pas certains ayants droit de critiquer vertement les moteurs de recherche, ces intermédiaires sur lesquels ils aimeraient voir reposer davantage de responsabilités dans la suppression des contenus contraires à leurs intérêts.


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