École : des tablettes et smartphones bientôt pris en charge via la CAF ?

Et pourquoi pas la Sécu en raison du poids des cartables ? 449

Alors que la rentrée scolaire approche désormais à très grands pas, une élue locale (UDI), également membre de la formation élargie du Conseil national du numérique, propose que smartphones et tablettes puissent être utilisés par tous les élèves français, qu'ils soient à l'école primaire, au collège ou au lycée. Surtout, pour que chacun soit en mesure d'acquérir l’un de ces appareils, elle souhaite que ce soit la CAF qui donne un coup de pouce financier aux parents - en lieu et place des collectivités territoriales.

classe école

 

« Une tablette numérique ou un smartphone à écran suffisamment large, voilà un outil à mettre dans la liste des fournitures de rentrée pour chaque élève ». Tel est l’appel lancé par Pascale Luciani-Boyer, adjointe au maire de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), et membre de la formation élargie du Conseil national du numérique depuis avril dernier. L’élue fait ainsi valoir qu’aujourd’hui, le financement de ce type d’appareils relève avant tout des collectivités territoriales, départements en tête. Or, le système actuel aurait ouvert selon l’intéressée « le champ d'une surenchère d'argent public ». En cause, notamment, « les coûts d'acquisition de matériels non grand public » jugés trop onéreux, mais aussi la visée politicienne de ces financements, vus par certains élus comme des rampes de médiatisation.

Une prise en charge par la CAF plutôt que par les collectivités

Pascale Luciani-Boyer préconise ainsi que l'allocation de rentrée scolaire (Ars) permette d’acquérir, « au lieu de la calculette spéciale éducation ou collège, une tablette ou un smartphone à prix équivalent ». Pour rappel, l’Ars est une aide financière versée chaque année par les Caisses d’allocations familiales à certains parents, en fonction de leurs ressources. Autrement dit, seules quelques familles pourront bénéficier de ce coup de pouce.

 

L’élue l’assure : il s’agit là d’une « optimisation d’argent public », l’opération étant « sans surcoût pour l'État ni pour les familles ». Toutefois, si l’on compare le prix des calculatrices à celui des smartphones ou tablettes, force est de constater que le compte n’y est pas : près de 15 euros par exemple pour une calculatrice CASIO pour collégien sur la FNAC.com, contre 70 euros minimum pour une tablette 7 pouces sur le même site, et presque autant pour un smartphone. Si le projet montre ainsi un certain flou sur ce point, l'on devine en revanche rapidement qu'il permettra aux collectivités de se libérer du poids de certaines dépenses.

 

tablette

 

Des visées éducatives et à la faveur de l'innovation

En permettant à chaque élève de disposer d’un smartphone ou d’une tablette, l’élue entend donner à l’école « la capacité de former le citoyen de demain », et ce « en miroir de la transformation des usages pédagogiques amenés par l'utilisation de matériels numériques destinés au corps enseignant ». Le message est le suivant : « Cessons de rechercher à tout règlementer en amont et préférons agir en aval car le seul risque pris est de tuer dans l’œuf l'innovation. Libérer les innovations intra-scolaires pour mieux agir sur le monde extra-scolaire de demain (initier plutôt que sanctionner), c'est libérer les énergies et la création dont les enseignants sont demandeurs ».

 

Si Pascale Luciani-Boyer dit apercevoir d’ores et déjà « le corps des anti-écrans » ou bien encore celui des « utopistes du XXIème siècle qui comme certains se battaient contre l'arrivée de l'automobile au profit de la voiture à cheval plus sure », l’intéressée en appelle quoi qu’il en soit à ne pas « attendre que tous les aspects de contrôle et de spécificités identitaires "Éducation Nationale" soient réglés, car il sera trop tard - si ce n'est pas déjà le cas ».

  

À noter que PC INpact a pu interviewer Pascale Luciani-Boyer, ce qui fera l’objet d’une publication prochaine.


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