Prison avec sursis pour des rappeurs ayant menacé un policier sur YouTube

Dérapage 191

Trois rappeurs ont été condamnés hier par le tribunal de grande instance de Lille à quatre mois de prison avec sursis suite à la diffusion sur Internet d’un clip musical dans lequel ils menaçaient et outrageaient un agent de police ainsi que sa compagne. Ils devront également indemniser les victimes à hauteur de 1 800 euros.

rap police

 Exemple d'une vidéo de rappeurs capturée sur YouTube.

 

En mai dernier, trois hommes âgés de 20, 25 et 30 ans sont interpellés à La Madeleine, dans le département du Nord, comme le relate alors Nordéclair. Les ordinateurs de ces personnes sont également embarqués dans le cadre d’une perquisition. C’est la brigade des violences urbaines de Lille, saisie par un policier de La Madeleine, qui a mené l’enquête ayant conduit à ces arrestations.

 

Et pour cause : l’agent en question s’est rendu compte en avril qu’un clip de rap avait été publié sur YouTube, dans lequel il était expressément nommé, de même que sa conjointe. Surtout, les auteurs de la vidéo menaçaient directement le policier ainsi que sa compagne : « sale bâtard, on va b... ta mère », « on va te péter les dents », « ta femme, on va lui péter les dents avec nos barreaux », pouvait-t-on ainsi entendre, entre-autre. Une oeuvre partagée ensuite sur leur page Facebook.

Menaces et outrage à l'égard d'un fonctionnaire de police

Entendus par les policiers, les trois prévenus s’expliqueront en mettant en avant leur colère à l’égard du policier, ce dernier ayant arrêté l’un de leurs amis. « On était au studio quand on a appris que notre copain Pokémon avait été condamné. On a eu une montée d’adrénaline et on a écrit vite fait ce texte pour évacuer notre colère », a ensuite fait valoir le plus âgé des prévenus devant le tribunal de grande instance de Lille, toujours selon Nordéclair.

 

Hier, la justice a condamné chacun des trois rappeurs à quatre mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve, comme l’a confirmé l’avocat des victimes, maître David Liétaert, à PC INpact. Selon lui, les prévenus ont été reconnus coupables de menaces et outrage à l’égard d’un fonctionnaire de police, ainsi que de menaces de commettre un crime ou un délit à l’égard de sa compagne. Ils devront en outre verser 1 000 euros de dommages et intérêts au policier, ainsi que 800 euros à sa conjointe.

 

D’après maître Liétaert, le fait que la vidéo ait été mise à la disposition du public, que ce soit sur YouTube ou Facebook, n’a guère influencé les juges. « La problématique n’était pas tant le fait que ce soit publié sur Internet. C’est le fait que cette chanson existe et qu’elle soit attentatoire à l’égard du policier et de son épouse, nous a-t-il ainsi expliqué. Si elle avait été chantée en face du commissariat, elle aurait été poursuivie dans les mêmes conditions ». Le clip en question, qui comptabilisait 475 vues lorsque l’avocat préparait son dossier, a par ailleurs été retiré depuis la comparution des rappeurs. « Si elle était restée en ligne, elle aurait pu poser de plus amples problèmes aux personnes déjà poursuivies » n'a-t-il néanmoins pas manqué d'observer.


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