Nouvelles technos et réseaux sociaux : Valls dessine sa « police de demain »

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Manuel Valls a dessiné lundi les grands traits de ce qu’il appelle « la police de demain ». Cette dernière devra selon le ministre de l’Intérieur s’appuyer sur les nouvelles technologies (vidéosurveillance, biométrie,...) mais également sur la force de frappe d’Internet et des réseaux sociaux. Un projet devrait être présenté en ce sens dès la rentrée selon le locataire de la Place Beauvau.

valls tac

« Je souhaite mettre en place, ici en France, la police de demain ». C’est par ces quelques mots que Manuel Valls a commencé à exposer lundi, durant la plénière d’ouverture du forum « Technology Against Crime », les changements qu’il entend impulser depuis la place Beauvau. Cette « police de demain » reposera selon le ministre de l’Intérieur sur « des ressources humaines, indispensables, un maillage exceptionnel de policiers et de gendarmes sur le terrain, capables de se réformer, mais capables aussi évidemment de s’appuyer sur l’intelligence, l’innovation, les nouvelles technologies ».

D’après Manuel Valls, les nouvelles technologies auront beau apporter « l’essentiel des marges d’amélioration qualitatives ou quantitatives de l’offre de sécurité », ces outils ne peuvent être utilisés sans l’intelligence des forces de l’ordre. « Les techniques (ADN, biométrie,...) ne seront d’aucune utilité sans l’expérience du policier ou du gendarme qui exploite l’outil. Il devra au préalable avoir été formé à leur emploi » a-t-il ainsi déclaré.

Les outils liés à la vidéosurveillance sur le devant de la scène

Plus concrètement, le locataire de la Place Beauvau a affirmé avoir « d’ores et déjà identifié au moins trois défis majeurs pour les prochaines années :

  • La modernisation des réseaux de radiocommunication avec l’intégration de l’image au-delà de la transmission des seules données vocales ;
  • Le déploiement d’une nouvelle génération de vidéo-protection intégrant l’intelligence artificielle et les moyens d’exploitation rapide de très gros volumes d’image ;
  • La modernisation des équipements de protection des forces de sécurité qui devront, demain, intégrer de nouveaux matériaux, des capteurs intelligents et des moyens de communication ».

Tout en se disant conscient que le contexte budgétaire imposait certains choix, Manuel Valls s’est voulu volontariste. « Rien ne nous interdit de faire preuve d’imagination d’inventivité et même d’audace pour penser aujourd’hui les forces de sécurité (...) pour les prochaines années. C’est aujourd’hui que nous préparons nos résultats de demain ».

En l’occurrence, l’éventail d’outils et de nouvelles technologies ayant les faveurs du ministre de l’Intérieur se révèle très vaste : « Biométrie, cryptographie, optronique, vidéo-protection, caméras miniatures, traitement de l’information de masse, communications spatiales, acoustiques, ou encore drones, apportent des réponses opérationnelles aux besoins des services de sécurité intérieure » a-t-il ainsi affirmé. L’intéressé a également évoqué les systèmes de géolocalisation des équipages ou de vidéo embarquée, dont il a dit avoir constaté lors d’un récent déplacement aux États-Unis les « progrès majeurs » qu’ils constituaient.

Le ministre veut des forces de l'ordre utilisant réseaux sociaux et Internet

Dans le cadre d’un point presse, le ministre a été amené à préciser davantage ses projets. « Je veux une police et une gendarmerie modernes, a-t-il martelé, avec des moyens de transmission qui leur permettent d’être encore plus efficaces, avec une utilisation des réseaux sociaux et d’Internet ». Manuel Valls a au passage fait directement référence à l’Espagne, dont la police c’est révélée selon lui « très efficace dans ce domaine-là ». Et pour cause : les forces de l’ordre espagnoles se sont fait remarquer ces derniers mois pour avoir mobilisé beaucoup de citoyens grâce aux réseaux sociaux, y compris pour des arrestations de personnes liées à du trafic de drogue.

police twitter

Pour l’heure, la police nationale est par exemple déjà présente sur Twitter (3 500 abonnés à ce jour, contre 535 000 pour celui de la police espagnole), mais aussi sur Facebook. Certaines gendarmeries ont par ailleurs tenté différentes opérations de communication via les réseaux sociaux, comme nous avons eu l’occasion de l’expliquer dans ces colonnes en novembre 2012. Lundi, Manuel Valls ne s’est pas plus avancé sur le sujet, mais il l’a promis : « Nous aurons l’occasion de présenter à la rentrée un projet qui, avec le temps nécessaire, engage la police nationale et la gendarmerie dans cette voix de modernité, et notamment à travers les réseaux ».


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