18 mois de prison avec sursis pour des propos racistes sur Internet

Du feu sur le Breizh 160

Le tribunal correctionnel de Quimper vient de punir un internaute à 18 mois de prison avec sursis pour des propos publiés sur son site Internet. L'homme devra également verser plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts à ses victimes. Le coupable avait notamment proféré des injures à caractère racial.

 

Boris Le Lay, 31 ans, était il y a peu appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Quimper. Pourtant, l’intéressé ne s’est pas rendu à son procès. Pas plus que son avocat d’ailleurs. Lundi, les juges ont rendu une peine globale, qui concernait en réalité plusieurs affaires, résultant de différentes plaintes déposées notamment par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP).

Un internaute pour le moins actif 

Tout d’abord, il était reproché à l’homme d’avoir porté atteinte à la mémoire d’un défunt, le tout assorti d’injures raciales. Boris Le Lay s’était en effet réjouit du décès accidentel de Serge Goldberg, ancien président du MRAP, survenu en 2011. Au travers d’un article publié sur son site Internet, il avait ainsi eu l’occasion de déclarer, entre autres : « Un juif du MRAP écrasé par un train : c’est la fête ! Et à l’adresse du chauffeur de la locomotive : marcher dedans, ça porte bonheur ! »...

 

Second plaignant : Yannick Martin. Le jeune finistérien avait été désigné il y a deux ans « champion de Bretagne de bombarde », un instrument régional, ce qui n’avait manifestement pas plu à Boris Le Lay. En cause : sa couleur de peau. « Que cela vous plaise ou non, mais on n’a jamais vu de sonneur noir. (…) il ne serait pas bretonnisable » écrivait ainsi l’homme au travers d’un article mis en ligne en janvier 2011. Il était donc ici poursuivi pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une race ou une religion ».

 

Autres plaignants : deux élus, Mona Bras et Bernard Poingant. La première, qualifiée sur Internet de « régionaliste au service de l'État occupant » avait fait l’objet de menaces. Le second, maire de Quimper, était traité de « sioniste » et avait été visé par des allégations de pédophilie.

Le procureur avait requis de la prison ferme et une amende 

Au final, le prévenu a écopé de 18 mois de prison avec sursis. Comme le rapporte Le Télégramme, Boris Le Lay devra verser 5 000 euros de dommages et intérêts à Yannick Martin, ainsi que 1 500 euros à chacune des autres parties : Mona Bras, Bernard Poignant, la LICRA, le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme), et la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Le procureur avait pourtant requis de la prison ferme assortie d’une amende.

 

Contacté par PC INpact, le MRAP a tenu à saluer la décision du tribunal correctionnel de Quimper. L’association a surtout insisté sur le fait que de nouveaux rendez-vous juridiques attendaient désormais Boris Le Lay, même si l’intéressé semble avoir quitté la France pour le Japon. « D’autres plaintes sont pendantes (...) notamment pour des propos antisémites et négationnistes publiés sur ses blogs depuis 2008, constitutifs des délits d’incitation à la haine raciale et de contestation de Crimes contre l’humanité ». Le tribunal de grande instance de Paris devrait d’ailleurs examiner le cas de Boris Le Lay dès le 12 juillet prochain.


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