Clap de fin pour Virgin Megastore, en liquidation judiciaire

Megarde-magasin 54
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le lundi 17 juin 2013 à 17:00
Nil Sanyas

Placée en redressement judiciaire en début d'année, l'enseigne Virgin Megastore France n'a finalement pas pu trouver de solution. La liquidation judiciaire vient ainsi d'être officiellement annoncée il y a quelques heures par le tribunal de commerce de Paris.

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C'est cette fois officiel, Virgin Megastore ne sera pas sauvée, même partiellement. L'enseigne concurrente de la FNAC et spécialisée dans les biens culturels devra céder ses locaux rapidement. Pourtant, plusieurs offres de reprises partielles (10 magasins sur 26), émanant de Cultura et de Vivarte (La Halle, Naf Naf, etc.), ont été déposées ces dernières semaines. Mais sans grand résultat puisque le tribunal de commerce a rejeté ces deux dossiers.

« Il y a eu unanimité du procureur, des mandataires, des représentants du personnel ou de la direction pour juger ces offres faibles à la fois d'un point de vue social et en termes financiers » a résumé Christine Mondollot, présidente de Virgin, la semaine dernière. Une nouvelle qui appelait déjà à une liquidation judiciaire, ce qui a donc été confirmé aujourd'hui même.

Les salariés se battent pour leurs indemnités et leur reclassement

Pour les clients de Virgin, la nouvelle n'est pas une surprise. Le déstockage a déjà eu lieu et depuis mercredi dernier, tous les Virgin sont fermés pour des raisons de sécurité, du fait de l'occupation de certaines boutiques par des salariés. En effet, depuis le mardi 11 juin, plusieurs employés ont décidé d'occuper certains magasins 24h/24 pour mieux appuyer leurs revendications, la survie de Virgin n'étant plus un débat.

En effet, dès lors que la liquidation judiciaire est actée, les employés encore en place ont tout intérêt à se battre pour obtenir un maximum d'indemnités. Ils manifestent d'ailleurs en ce sens depuis plusieurs mois déjà. On parle aujourd'hui de 2400 euros par année d'ancienneté et d'une enveloppe de 8 millions d'euros au total allouée au plan social.

« On veut se battre pour avoir plus d'indemnités, parce que pour le moment, c'est vraiment le minimum légal » a ainsi résumé une salariée interrogée par l'AFP fin avril. Un autre, questionné par Le Figaro la semaine dernière, a déclaré que « certains ont plus de vingt-cinq années d'ancienneté et sont là depuis l'ouverture en 1988. Il n'y a pas d'avenir dans le métier de disquaire ou de libraire. Le minimum, ce serait de nous proposer des solutions convenables pour l'avenir. »

960 salariés sont concernés par la disparition de Virgin Megastore France. 80 d'entre eux pourraient être reclassés chez Lagardère, actionnaire minoritaire de l'enseigne mais qui détient quelques magasins. Actionnaire majoritaire depuis 2007, le fonds d'investissement français Butler Capital Partners s'est engagé à verser 2 millions d'euros pour le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

La culture perd du terrain physique, et en gagne sur Internet

Cette fermeture définitive de Virgin Megastore permettra peut-être à ses concurrents, et en particulier à la FNAC, de souffler un peu. Néanmoins, pour le marché culturel et en particulier les ventes de musiques, de films et de séries, le futur se trouve bien sur Internet et non dans les boutiques physiques.

Rappelons qu'en janvier dernier, Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture, estimait qu'Amazon était en partie responsable de la chute de Virgin Megastore. Cette dernière serait ainsi selon la ministre « soumise à une véritable révolution et à une concurrence déloyale qui est le fait, il faut bien le dire, de certaines grandes entreprises de type Amazon ». La faute à des taxes et impôts évités par Amazon et payés par Virgin notamment.


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