Qu'en est-il de l'utilisation des Google Glass au volant en France ?

Sans Google Car 62
Nil Sanyas

Disponibles fin 2013 ou en 2014 pour le grand public, les lunettes high-tech de Google font déjà l'objet de certaines interdictions aux États-Unis. Et en France ? Notre confrère L'Équipement.fr, spécialisé dans l'actualité des casques et autres équipements pour deux-roues, a interrogé l'UTAC afin de savoir s'il sera interdit ou non d'utiliser les Google Glass en voiture ou en moto.

Google Glass

Entre la théorie et la pratique 

Interdites à Las Vegas, tout du moins dans ses casinos, interdites dans certains bars-restaurants, interdites dans les cinémas, les Google Glass pourraient aussi être prohibées au volant, en tout cas dans l'État de Virginie. Une proposition de loi en ce sens a été rédigée, avançant l'idée que ces lunettes risquent de distraire les conducteurs et donc d'augmenter les accidents. Cette logique est-elle partagée en France ?

Pour en savoir plus, L'Équipement.fr a interrogé la Sécurité Routière et le Ministère des Transports. Ces derniers ont toutefois redirigé notre confrère vers l'UTAC, l'Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle, organisme privé lié à l'industrie automobile et s'occupant notamment de la sécurité des véhicules.

Théoriquement, strictement aucune obstruction ne doit gêner le champ de vision du conducteur vers l'avant selon les textes européens. Néanmoins, comme le note notre confrère, cela signifierait qu'il serait impossible de poser sur le pare-brise un GPS. Pierre Castaing, responsable du service réglementation à l'UTAC, va dans ce sens et confirme les différences entre la théorie et la pratique, l'aide au conducteur étant l'exception qui confirme la règle.

Pas de problème en cas d'aide au conducteur

D'un côté, à l'instar de la proposition de loi déposée dans l'État de Virginie, l'UTAC remarque bien que les Google Glass peuvent gêner l'utilisateur en cas de surcharge d'information. D'un autre côté, Pierre Castaing note que ces lunettes peuvent aussi être un formidable outil pour aider le conducteur. « Y déporter l'affichage de la vitesse et de la prochaine direction est une bonne idée » a ainsi expliqué le responsable de l'UTAC.

Concernant les deux-roues, la spécialité de notre confrère, ce dernier note que « s'il est interdit de modifier son casque en apposant des dispositifs sur la coque, rien n'empêche de disposer de telles lunettes dans le casque pour afficher la vitesse ou le GPS ». Pour l'UTAC, dès lors qu'une technologie existe et qu'elle s'impose, le mieux est encore de s'adapter, même s'il y aura nécessairement une période de transition. « On ne pourra pas aller contre » concède t-il.

Google Glass

À l'instar des téléphones ou même des GPS évolués, ce qui compte donc ici, c'est bien de ne pas gêner et perturber le conducteur, peu importe le type de véhicule. Des Google Glass en mode conduite, c'est-à-dire uniquement avec des informations liées à cette activité, devraient donc être acceptées. Bien entendu, si c'est pour recevoir des messages ou avoir une utilisation n'ayant aucun rapport avec la conduite, la logique est différente.

Rappelons tout de même que selon l'article R412-6-1 du Code de la route français, « l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation est interdit ». Les Google Glass ne sont toutefois pas tenues en main et ne sont donc pas concernées par cet article. Par contre, l'article R412-6-2 précise que « le fait de placer dans le champ de vision du conducteur d'un véhicule en circulation un appareil en fonctionnement doté d'un écran et ne constituant pas une aide à la conduite ou à la navigation est interdit ». Outre une amende de 135 euros et le retrait de deux points, la confiscation de l'appareil est possible dans pareille situation. Mais si l'on peut prouver que les lunettes de Google sont une aide à la conduite, elles sont alors logiquement exclues de l'interdiction. Toutefois, c'est bien le législateur qui aura le dernier mot sur ce sujet.


chargement
Chargement des commentaires...