Manuel Valls le nez dans les traces des terroristes en ligne

La traqu'TIC du ministre 86

Selon Manuel Valls, même si la dernière loi anti-terroriste « a renforcé l’arsenal juridique de la lutte contre l’utilisation d’Internet à des fins terroristes », « d’autres évolutions seront sans doute nécessaires ». Le ministre de l’Intérieur réaffirme ainsi ce qu’il avait pu dire fin janvier à Lille, tout en affirmant que la priorité devait aujourd’hui être mise sur la traque des terroristes sur Internet. 

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Au cours d’un entretien avec nos confrères de Libération (article payant), le ministre de l’Intérieur fut interrogé sur les moyens de contrer « les candidats au jihad qui baignent dans la culture Internet ». Réponse de Manuel Valls : si le réseau « est devenu un vecteur de propagande, de radicalisation et de recrutement pour le terrorisme d’inspiration jihadiste mais aussi pour l’extrême droite », il s’avère également être « un lieu d’échange pour les terroristes ».

 

Néanmoins, le locataire de la Place Beauvau s’est voulu rassurant : « Internet fait l’objet d’une veille très active de la part de nos services qui aboutit à des poursuites judiciaires à l’encontre des administrateurs des sites concernés » a-t-il déclaré, à l’appui de deux affaires récentes, dont l’une a conduit à l’expulsion d’un ressortissant marocain. Valls a cependant concédé qu’il existait aujourd’hui « un nouveau défi » pour ses services : les réseaux sociaux, utilisés selon lui de plus en plus fréquemment par les terroristes. Les Facebook, Twitter, et consorts sont « plus difficiles à surveiller », a-t-il fait valoir.

 

Le locataire de la Place Beauvau estime par ailleurs quelques lignes plus loin que des « évolutions seront sans doute nécessaires » en ce qui concerne « l’arsenal juridique de la lutte contre l’utilisation d’Internet à des fins terroristes ». Celui-ci est pourtant régulièrement renforcé, dernièrement à l’initiative de l’actuel ministre de l’Intérieur.

Priorité vers l'exploitation des « traces » laissées sur le Net

Manuel Valls a quoi qu’il en soit évoqué une piste qui doit selon lui « être une priorité » : l’analyse par les services spécialisés de « traces exploitables » laissées sur Internet, ce « moyen discret de communication ». Un peu plus tôt, le ministre expliquait que « la localisation des sites et l’identification des administrateurs et des utilisateurs les plus radicaux font appel à des techniques de pointe et exigent de longues investigations. Une des difficultés majeures réside dans l’hébergement de ces sites islamistes dans des pays qui ne possèdent pas forcément de législation permettant leur fermeture ou leur interdiction, en Asie du Sud Est notamment ». 

Des projets de coopération internationale pour surveiller les sites violents 

Appelé à se positionner sur un éventuel accroissement de la coopération au niveau international, le ministre a indiqué qu’en plus des partenariats avec les autres pays européens, « des projets sont à l’œuvre avec des partenaires étrangers, américains et autres, notamment pour la surveillance des sites les plus violents ».

 

Ces prises de position ne sont cependant pas nouvelles. En janvier dernier, lors du Forum International de la Cybersécurité de Lille, Manuel Valls avait en effet déjà affirmé que « l’émergence de menaces nouvelles et notamment celle du cyberdjihadisme nous oblige à repenser notre arsenal juridique ». Il évoquait alors sans plus de détails l’extension du champ de l’infiltration numérique, de la captation des données, ou de la consolidation « du socle législatif de la géolocalisation ». Le ministre militait d'une manière plus large pour une modification de l’équilibre entre libertés individuelles et sécurité : « Je veux un État protecteur de la vie privée, de la liberté d’expression, des libertés individuelles, y compris en organisant les conditions juridiques de leur limitation dès lors que la sécurité de nos citoyens est en jeu ».  


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