Le « reboot » d’Opera 15 : entre Blink, nouvelle interface et coupes franches

Un ménage parfois trop radical 145
Vincent Hermann

Chose promise, chose due. Opera vient de publier la bêta de son navigateur en version 15. L’éditeur casse totalement ses habitudes avec la toute première mouture embarquant le moteur de rendu Blink. Au programme, un énorme ménage dans l’interface et les fonctionnalités, au point que les utilisateurs risquent d’être sérieusement chamboulés, voire déçus.

opera next blink 

Une nouvelle interface

Opera vient donc d’officialiser la toute première version de son navigateur depuis l’abandon de son moteur Presto et le passage à Blink. Rappelons que ce dernier est un « fork » réalisé par Google depuis Webkit. Opera 15 se signale principalement par un énorme coup de balai dans l’interface et les fonctionnalités.

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L’interface, pour commencer, se veut beaucoup plus propre. Elle réussit pour une part grâce à son aspect sobre et propre et à une reconnaissance immédiate des éléments qui la composent. La barre d’adresses notamment fonctionne comme celle de Chrome : elle fusionne les adresses et la recherche et est capable d’afficher des recommandations au fur et à mesure de la frappe. À droite de la barre, on trouve deux icônes, l’une pour l’Accès Rapide, l’autre pour le Calepin, deux fonctionnalités sur lesquelles nous reviendrons plus tard.

Le grand ménage 

Mais en grande partie, cette propreté se fait aux dépens des fonctionnalités. Le ménage réalisé par Opera repose en effet sur une élimination de biens des aspects, à commencer par une suppression qui risque de faire hurler les aficionados du navigateur tout-en-un : le client email est désormais séparé. Faisant l’objet lui aussi d’une version 15 en bêta, il peut être récupéré et garde dans les grandes lignes ses attributs, avec une interface légèrement remaniée. Pour Opera il s’agit uniquement de proposer plus rapidement un navigateur désormais sous la coupe d’un cycle de développement beaucoup plus rapide.

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Toute ouverture d’un nouvel onglet affichera l’Accès Rapide, zone dans laquelle on retrouvera de base une sélection de sites, mais qui s’adaptera avec le temps pour refléter les habitudes de navigation. L’utilisateur pourra également y placer ses favoris puisque Opera a choisi de fusionner les deux espaces. Tous les éléments peuvent être déplacés, renommés et bien entendu supprimés. À la manière de la grille d’applications d’iOS ou d’Android, on peut sélectionner un élément et le lâcher sur un autre pour créer automatiquement un dossier.

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Le Calepin garde des pages au chaud pour plus tard

Le Calepin sert quant à lui de zone de contenu à « lire plus tard ». Lorsque l’utilisateur visite une page qu’il juge intéressante, mais qu'il n’a par exemple pas le temps de lire de suite, il peut cliquer sur l’icône en forme de cœur. Il pourra revenir dans le Calepin pour lire son contenu mis de côté. Il s’agit ni plus ni moins d’une liste de lecture comme il en existe par exemple dans Safari, et l’utilisateur pourra y effectuer des recherches. Différence notable toutefois : la liste est présente sous forme de miniatures des sites, dont la taille est d’ailleurs ajustable depuis un curseur prévu à cet effet.

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Pour le reste, on retrouve des fonctionnalités qui sont soit depuis longtemps sur Opera, tels que les gestes à la souris et le mode Tout-Terrain (anciennement Turbo), soit qui ont été récemment mis en place dans la version mobile pour Android. C’est le cas notamment de la fonction Découvrir qui rassemble une sélection d’actualités. Par défaut, elle est mondiale, mais on peut en modifier la source pour ne choisir qu’un pays, dont la France.

Enfin, les Extensions sont « victimes » elles aussi d’un grand ménage. Toutes celles qui ont été écrites pour les versions 11 et 12 du navigateur ne fonctionnent plus sur la nouvelle base. Et pour cause : Opera 15 se sert du même modèle que Chromium. Dans la pratique, les développeurs d’extensions n’auront que peu de travers pour convertir une extension existante pour Chrome vers Opera, et c’est précisément l’objectif. Certaines, telles qu’Evernote, Feedly, Disconnect, LastPass, WOT, Ghostery, ou encore cool cottonTracks, sont déjà disponibles.

La grogne des utilisateurs 

Maintenant, que doit-on penser de ce quasi « reboot » d’Opera ? Dans la pratique, on se rend rapidement compte que le navigateur est stable, rapide, agréable à utiliser. Opera se débarrasse d’un coup de baguette magique de ses problèmes de compatibilité en adoptant la solution la plus radicale et la plus « facile » : reprendre un moteur de rendu déjà existant. Le résultat est efficace, d’autant qu’on parle ici de Webkit / Blink, autrement dit un moteur incontournable et pour lequel tous les sites vérifient leur affichage.

Seulement voilà, cette transition laisse bon nombre de victimes. Le panneau des réglages est totalement dépouillé et perd de très nombreuses possibilités. Les thèmes ne concernent plus pour leur part que le fond de l’Accès Rapide. Ce manque de personnalisation se retrouve dans la barre de menus, qu’on ne peut pratiquement pas modifier. La gestion des onglets perd l’affichage des miniatures et la possibilité d’être placée sur le côté. La barre latérale pour sa part disparaît intégralement et Opera devient un simple navigateur comme il en existe déjà beaucoup. Un sentiment de « désastre » que l’on retrouve dans les nombreux commentaires sur le site officiel après l’annonce.

Mais attention : Opera 15 n’est premièrement qu’une bêta, et deuxièmement le premier représentant d’une nouvelle branche du navigateur. Il est évident qu’il va donc évoluer, surtout si les commentaires vont globalement dans le même sens. À voir notamment si le client email ne sera pas réintégré car cette séparation fait déjà l’objet de très nombreuses plaintes.

Téléchargements

Notez que des versions Linux sont prévues pour plus tard.


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