Mobile : 2012 est l'année de tous les records selon l'ARCEP

Sauf pour les revenus des opérateurs 14
Nil Sanyas

L'Autorité de régulation des télécoms a publié hier de nombreuses données sur le marché télécoms pour l'année 2012. De l'évolution des tarifs en passant par la consommation des clients ainsi que l'investissement et l'emploi direct des opérateurs télécoms, les informations sont détaillées et certaines vont à l'encontre des idées reçues.

Un bilan complet du marché télécom pour l'année 2012 a donc été dévoilé hier par l'ARCEP, de quoi nous permettre de mesurer les conséquences de l'arrivée de Free Mobile. Accusé de bien des maux, notamment de détruire l'emploi et de ne pas investir, l'opérateur mobile a tout de même permis au secteur d'afficher plusieurs records.

Des investissements records

ARCEP Telecom 2012 Investissement

Avec 10 milliards d'euros investis en 2012, dont 7,3 milliards si l'on exclut les coûts des licences 4G (LTE), les opérateurs ont dépensé comme jamais. Selon l'ARCEP, ce montant a « atteint le niveau le plus élevé depuis 1998, date de libéralisation du marché des télécommunications ».

Dans le détail, les investissements ont été également répartis dans le marché fixe et mobile. Mais d'après l'Autorité des télécoms, le secteur du haut débit mobile (3G et 4G) a représenté à lui seul près de 4 milliards d’euros l'an passé, contre 2,4 milliards en 2011. Cela comprend toutefois les investissements dans les fréquences, qui ont bondi de 936 millions d'euros en 2011 à 2,6 milliards d'euros en 2012.

Des baisses de prix records

ARCEP tarifs mobiles 2012

Après déjà une année 2011 intéressante en terme de tarifs dans le secteur mobile, 2012 a plus que conforté cette tendance. Les prix moyens ont ainsi reculé de 11,4 %, dont une diminution de 8 % pour les cartes prépayées et une chute de 12,6 % pour les forfaits. « L'arrivée d'un quatrième opérateur de réseau mobile proposant exclusivement des offres sans subvention a généré une forte pression concurrentielle sur ce segment de marché et donc une baisse de prix importante (-28,4 %) pour les clients utilisant ces offres ne comprenant pas l'achat d'un terminal » précise l'ARCEP.


L'Autorité rajoute que ces baisses de prix ont principalement profité aux gros consommateurs de voix (-15,5 %) et aux consommateurs moyens (-13,4 %). Les petits consommateurs de voix mais exploitant énormément les messages (SMS) et internet ont aussi largement profité de l'année 2012 pour réduire leur facture (-15,9 %).


ARCEP bilan 2012 mobile facture mensuelle


Ces baisses de prix se reflètent logiquement dans les factures mensuelles payées par les Français en 2012. Dans l'ensemble, cette facture est passée de 24,7 euros (hors taxe) par mois en 2011 à 21,8 euros par mois. Si l'on s'intéresse uniquement aux forfaits, le tarif moyen a atteint 27,5 euros par mois, contre 31,5 euros en 2011, soit une baisse historique de 4 euros. Depuis 2004, la facture des abonnés a même perdu 12,6 euros par mois, soit tout de même plus de 150 euros par an. Cela représente une chute de 31,5 % en huit ans. Quant au prépayé, la facture est passée de 8,7 euros à 7,5 euros en un an, soit le plus fort recul jamais enregistré depuis que le marché existe. En huit ans, le recul est de 3,9 euros, soit tout de même près de 35 %.

Une consommation SMS record 

Si du côté de la voix, la consommation a régressé en moyenne (hormis dans le prépayé et les consommateurs moyens en forfait), les envois de SMS ont continué leur forte progression, avec une croissance moyenne de 24,6 % pour les forfaits, dont près de 30 % supplémentaires pour les gros et moyens consommateurs. Au total, en 2012, 183,1 milliards de SMS ont été envoyés en France.

ARCEP bilan telecom 2012 SMS

« Les disparités de consommation au sein des profils post-payés persistent. Ainsi, près d'un quart des gros consommateurs envoient en moyenne 1215 SMS alors que les trois quarts restant n'en émettent en moyenne que 87 » précise l'ARCEP. Cette dernière rajoute que 20 % des petits consommateurs envoient en moyenne 1283 SMS par mois, contre une trentaine de SMS en moyenne pour les autres petits consommateurs.

Notez que les notions de gros, moyens et petits consommateurs sont liées au secteur de la voix, et non donc à la consommation des autres services. Cela explique ainsi pourquoi les consommateurs moyens (voix) arrivent à surpasser les gros en matière de SMS. En matière de voix et d'internet, les différences sont par contre plus évidentes.

Une consommation Internet mobile record

ARCEP bilan 2012 consommation Internet

Le second 2010 dans ce graphique doit être remplacé par 2011. 

Concernant la consommation des données internet via les réseaux mobiles, elle a aussi progressé de manière flagrante, dans la lignée des deux années précédentes. En moyenne, tous forfaits confondus, cette consommation est ainsi de 122 Mo par mois (+60 %), dont 236 Mo pour les gros consommateurs (+72 %).

Cette croissance n'est toutefois pas surprenante. Outre qu'elle ne fait que conforter l'année 2011, cela s'explique surtout par la généralisation des smartphones, de l'accès à internet via son forfait mobile et par l'augmentation des quotas. L'ARCEP note par exemple que que l'an passé, « la moitié des offres disponibles sur le marché et plus des deux-tiers des contrats post-payés comprend une composante internet dans le prix de l'offre. La part des offres post-payées incluant de l'internet avec un volume supérieur à 1 Go s'élève à 37,6 % en 2012 contre seulement 3,1 % en 2010. »


Au total, 95 500 To de données ont transité sur le réseau internet mobile en France en 2012 (nouveau record), contre environ 57 000 To en 2011. Cela représente une hausse globale de la consommation de 67,1 %. En quatre ans, la consommation en quantité de données a tout simplement été multipliée par 32.

Un nombre d'abonnés mobiles record

ARCEP nombre d'abonnements 2012


Nous le savions déjà depuis plusieurs mois, mais ce graphique illustre parfaitement la bonne santé du marché mobile en terme de puces activées. Le bond réalisé en 2012 (+4,6 millions) est d'ailleurs le plus important depuis l'année 2001 où le secteur avait progressé de 7,5 millions de lignes.


Et si pour les cartes prépayées, il n'y a pas de record à la clé (ou alors à la baisse), avec 18,242 millions de lignes, concernant les forfaits post-payés, un nouveau record a bien été établi avec 54,881 millions de clients, en hausse de 12 % en un an.


Résultat, aujourd'hui, 75 % des clients mobiles ont un forfait, et donc 25 % ont une carte prépayée. Il y a onze ans, les forfaits représentaient 51 % des clients, contre 49 % pour les cartes prépayées.

Des revenus en forte baisse

Bilan ARCEP 2012 revenus mobiles


Point de record ici avec une deuxième année consécutive de baisse du chiffre d'affaires des opérateurs mobiles sur le marché de détail. Globalement, le secteur a ainsi généré 17,574 milliards d'euros hors taxe, soit un recul de 7,3 %. Le marché de la voix a le plus souffert (-10,8 %), tandis que celui des SMS, après une progression en 2011 (+8 %) a reculé en 2012 (-2,5 %). Les revenus tirés de l'internet mobile ont toutefois atteint un nouveau record, avec 2,803 milliards d'euros (+5,7 %).

Des emplois directs en hausse (mais quid des emplois indirects ?)

Enfin, terminons ce long article par le marché de l'emploi, celui qui a fait couler tant d'encre depuis l'annonce de l'arrivée de Free Mobile il y a plusieurs années de cela déjà. Et pour l'année 2012, malgré les départs chez certains opérateurs, compensés par les recrues de Free Mobile, le secteur a légèrement progressé (+0,1 %) pour atteindre 128 810 emplois, ceci après deux années de hausse et auparavant des années et des années de baisses.

ARCEP bilan 2012 telecom emplois directs

Attention toutefois, il s'agit ici des emplois directs, soit l'effectif même des opérateurs. Cela ne prend donc pas en compte le secteur économique des télécoms dans son ensemble. Les boutiques, les prestataires de services, les sous-traitants, les équipementiers, etc. ne sont donc pas comptabilisés. Or ces derniers représentent un nombre très élevé d'emplois (la FFT parle de 170 000 personnes), et nous savons que certains secteurs, notamment celui de la distribution, ont particulièrement souffert en 2012. Malheureusement, aucun chiffre sur ces emplois indirects n'a été publié.


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