Brevets : Kim Dotcom revendique la paternité de la double authentification

Pas de plainte, mais une demande... d'aide 55
Vincent Hermann

Kim Dotcom, que l’on connait essentiellement pour son ancien service MegaUpload et la longue bataille juridique qui en a découlé, accuse plusieurs ténors de l'internet de violer sa propriété intellectuelle. Le patron du groupe Mega assure avoir créé la double authentification, reprochant au passage à des entreprises américaines de ne pas avoir tenu compte d'un de ses brevets.

kim dotcom megaupload

 

Kim Dotcom est toujours en pleine guerre avec les majors du cinéma d'Hollywood qui l’accusent d’avoir encouragé le piratage. En ligne de mire, l’ancien service MegaUpload, brutalement coupé début 2012. Plus récemment, Mega a fait son apparition et tout est fait pour que les problèmes ne se reproduisent pas. Mais Dotcom est toujours au centre d’une longue bataille juridique, les États-Unis demandant son extradition en vue d’un procès exemplaire.

Dotcom revendique la paternité de la double authentification 

Mais Dotcom s’est trouvé un nouveau cheval de bataille. Alors même que Twitter vient d’annoncer la mise en place d’une double authentification pour son service, voilà que cette technique violerait la propriété intellectuelle du patron de Mega :

 

 

Comme il l’affirme dans un tweet, Dotcom est en possession d’un brevet portant sur la double authentification. Il accuse notamment Google, Facebook, Twitter ou encore Citybank d’enfreindre sa propriété intellectuelle, sans aucune contrepartie. Dans un autre message, il affirme ne pas vouloir attaquer ces entreprises... pour l'instant.

 

 

« Je ne les ai jamais poursuivies. Je crois au partage des connaissances et des idées pour le bien de la société. Mais je pourrais les poursuivre maintenant à cause de ce que m'ont fait les États-Unis ». Alors pourquoi pointer du doigt ces entreprises sur un réseau social et ne pas directement les attaquer ? La réponse arrivera une heure plus tard.

Un appel à l'aide  

 

« Google, Facebook, Twitter, je demande votre aide. Nous sommes tous dans le même bateau du DMCA. Utilisez mon brevet gratuitement. Mais, s’il-vous-plaît, aidez-moi à financer ma défense » implore-t-il, avant d’ajouter dans la foulée : « Tous nos actifs sont gelés sans procès. Défendre notre cas coûtera plus de 50 millions de dollars. Je veux me battre jusqu’au bout parce que nous sommes innocents ».

 

La stratégie est donc la suivante : Dotcom possède un brevet portant sur la double authentification (encore appelée authentification à deux étapes), dont il agite les grelots pour motiver les entreprises concernées à alimenter sa défense contre le Département américain de la justice. Évidemment, si Dotcom a déjà du mal à financer cette défense, on l’imagine mal partir en guerre contre des multinationales telles que Google.

Le brevet semble sérieux 

Mais qu’en est-il du brevet lui-même ? Selon sa fiche, sa date de validité est estimée à 1997. S'il devait être vérifié au cours d’un procès, il serait particulièrement complexe de le faire invalider. En outre, le dépôt a été fait sous le vrai nom de Kim Dotcom, à savoir Kim Schmitz, crédité de fait comme seul inventeur. Enfin, et c’est le plus important, le document décrit précisément comment une méthode d’authentification peut être complétée par une deuxième étape s’appuyant par exemple sur les SMS, via un numéro d’autorisation de transaction.

 

L’un des points importants concernant ce brevet est toutefois le nombre de références. En effet, la fiche indique que pas moins de 79 autres brevets le citent directement. Les entreprises derrière cette propriété intellectuelle sont en outre particulièrement connues : Microsoft, HP, BlackBerry, Citrix Corporation, Sony, T-Mobile, Bank of America, Fujitsu, Siemens, American Express. Mais Dotcom, qui aime à rappeler son rôle de victime face à la justice américaine, souhaite temporiser : « Je suis un innovateur, pas un criminel. Je vis dans le futur, pas dans le passé. Mes innovations aident les gens, pas l’inverse. Arrêtez de me persécuter ».

 

Notez qu’il n’est pas non plus impossible, compte tenu du système américain des brevets, que d’autres sociétés se manifestent pour revendiquer la paternité de la double authentification. En outre, nous avons contacté Google et Facebook pour obtenir leurs réactions et attendons actuellement des réponses.


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