Orange continue de prospecter pour Dailymotion selon Fleur Pellerin

L'Amérique, je la veux et je l'aurai (ou pas) 39
Nil Sanyas

Interrogée hier par France Info, Fleur Pellerin a tenté de mettre les points sur les « i » quant à la position du gouvernement suite à l'affaire Dailymotion/Yahoo!. La ministre déléguée à l'économie numérique a toutefois appelé à plus de discrétion de la part du gouvernement.

Dailymotion Orange

« Ce n'est pas pour protéger la souveraineté du pays »

En fin de semaine dernière, Fleur Pellerin expliquait déjà au Journal du Dimanche que Dailymotion n'avait pas vocation à rester « franco-français », et donc qu'en aucun cas l'État n'était opposé à un rapprochement avec une société étrangère. « Ce serait une impasse économique et industrielle (de ne pas élargir ses horizons, ndlr). Mais l'entreprise, sa technologie, ses ingénieurs et ses emplois doivent rester ancrés en France » expliquait-elle, avant de rajouter que les négociations d'Arnaud Montebourg auraient dû rester plus imperméable.

Lors de son entrevue avec France Info hier, la ministre n'a pas changé de cap. Elle a ainsi expliqué que « l'ensemble de l'écosystème de l'économie numérique en France est stratégique » du fait de son importance en terme de création d'emplois et de croissance. Mais si l'État est intervenu « ce n'est pas pour protéger la souveraineté du pays, mais parce que c'est un secteur stratégique (...) Dailymotion est une entreprise qui fait partie de cet écosystème. »

« Arnaud Montebourg a souhaité en faire un symbole du patriotisme économique » 

Répétant que l'État n'est pas actionnaire direct de Dailymotion, bien qu'il détienne encore des parts chez Orange (environ 27 %), Fleur Pellerin a tenté d'expliquer les causes de l'intervention du ministre du redressement productif. « Arnaud Montebourg a souhaité en faire, je pense, un symbole du patriotisme économique. (...) On a des champions français (...) Il faut donner à ces entreprises les moyens de leur développement technologique et de leur internationalisation » a-t-elle ainsi résumé. Et dans la continuité de son entretien avec le JDD, la femme politique a affirmé que les futurs capitaux et les partenaires industriels de Dailymotion peuvent bien venir des États-Unis, de la Russie, de la Chine ou du Japon, « peu importe ».

Quant aux conséquences de l'intervention d'Arnaud Montebourg sur Yahoo!, « c'est le problème d'Orange » a-t-elle répondu, avant d'ajouter que l'opérateur télécom français « poursuit ses négociations, Stéphane Richard est parti en tournée dans la Silicon Valley pour s'entretenir avec de possibles investisseurs. Il poursuit ses négociations, et moi je souhaite effectivement que l'État se fasse discret dans ses négociations, tout en faisant valoir les intérêts de sa politique et des entreprises françaises. »

Selon certaines rumeurs, l'Allemand Bertelsmann, géant des médias outre-Rhin (RTL, etc.) serait intéressé par un partenariat avec Dailymotion. Il en serait de même avec Vivendi et Le Monde Libre (de Xavier Niel), mais ces informations sont à prendre avec des pincettes.


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