« Je fais mon métier de pirate », Zac (Wawa-mania) exilé aux Philippines

L'affaire est dans le Zac 332
Marc Rees

L’émission 7 à 8 de TF1 a retrouvé les traces de Dimitri, plus connu sous le pseudonyme de Zac. Le fondateur du site Wawa-Mania s’est depuis installé aux Philippines, loin du code de la propriété intellectuelle français.

 

En 2009, Zac était placé en garde à vue suite à une plainte de la SACEM, de l’Alpa et de Microsoft notamment. A l’époque, il vante la culture pour tous, version business. Dans un reportage d’Envoyé spécial, il souligne que « les serveurs étant hébergés à l’étranger, Hadopi, l’État français n’a pas accès aux adresses IP des membres du forum ». Un an plus tard, l’orage gronde. En février 2010, la justice lui interdit en effet d’administrer Wawa-mania et réclame une caution de 20 000 euros pour rester en liberté. Le procès est toujours en cours, mais plutôt que de faire front à ses responsabilités, Dimitri préfère finalement prendre le large pour s’installer au Philippines.

65 014 DVD Rip

« Si Zac a quitté la France, ce n’est pas seulement pour échapper à la justice. C’est aussi pour continuer son business » explique le reportage de 7 à 8. Dimitri M., qui a aujourd’hui 25 ans, continue à opérer son petit business dans ce pays privé de convention d’extradition avec la France. « Je fais mon métier, mon métier de pirate » prévient Zac. « Ça demande du boulot. 6 à 8 heures par jour pour développer les nouveaux scripts, les tester, nettoyer les serveurs, faire les mises à jour ». Son site revendique 2 millions de membres et l’intéressé arbore les 65 014 DVD Rip disponibles sur ses pages.

Le fondateur de Wawa-Mania continue à vendre ses espaces à des régies. Il prétend attirer 350 000 visiteurs chaque jour. Ce sont ces petites combines qui avaient provoqué la colère de Bluetouff au printemps 2010. En 2013, tout continue : « Ça rapporte assez pour me défendre et me cacher. Je gagne assez pour avoir une vie très correcte ». Combien ? Pas de chiffres précis, mais il avance sans rougir plusieurs milliers d’euros chaque mois. Des revenus qui seraient abrités ensuite dans des paradis fiscaux, ajoute TF1. Selon Frédéric Delacroix, ce type de site peut rapporter jusqu’à 250 000 euros par an. « L’offre est là, présente, mais elle ne décolle pas tant qu’il y aura la concurrence du gratuit à travers les réseaux de piratage » avance le délégué général de l’ALPA, l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle.

zac wawa mania

Du pain béni

Ce chantre de la culture pour tous (statut vertement dénoncé par Bluetouff agacé de la victimisation de wawa mania) prend surtout soin de son propre avenir avec ce site totalement illicite Si l’extradition vers la France est aujourd’hui impossible, les Philippines envisagent d’adopter une loi sur la cybercriminalité en juin ou en juillet. Zac fait depuis appel aux services de trois avocats « pour ne pas que je sois extradé et que je reste sur place. »

Si la loi est adoptée, « on ira ailleurs » prévient-il. « Je suis hors la loi, ce que je fais est complètement illégal, peut-être, mais en attendant, les gens viennent chez moi et sont de mon côté. Oui je me fais de l’argent, oui je m’en fais, tout à fait (…) les gens à télécharger [sur mon site], ne risquent rien. Moi à la tête de ça, je risque tout, de A à Z. Donc ça mérite compensation ». Du pain béni pour les partisans des mesures de blocage ou de la responsabilité accrue des intermédiaires techniques, et ce, à une semaine des conclusions de la Mission Lescure.


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