La Corée du Sud veut réguler la vente de drogues et de jeux en ligne

J'vais prendre un « zedou » de Starcraft et un gramme de FIFA cousin 67
Kevin Hottot

Si la Corée du Sud est un eldorado pour les joueurs professionnels, et les amateurs de sport électronique, le gouvernement local voit la pratique des loisirs vidéoludiques d'un autre oeil. En effet, Shin Eui-Jin un membre du parti conservateur Saenuri a déposé un projet de loi visant à réguler la vente d'alcool, de drogues (ou de médicaments), de jeux vidéo en ligne et de jeux d'argent sur la péninsule. Selon lui, tous sont source de dépendances néfastes.

  Internet Cybercafé source Subhi S Hashwa

Crédits : Subhi S Hashwa.

 

En Corée du Sud, si le sport électronique est plus populaire que dans n'importe quel autre pays du monde, les partis politiques conservateurs ont les mêmes a priori sur les jeux vidéo. En effet, Shin Eui-Jin, un membre du parti conservateur Saenuri, vient de déposer un projet de loi visant à réguler le commerce des jeux vidéo en ligne, au même titre que celui des drogues, des médicaments ou de l'alcool.


Il est vrai qu'en Corée, le jeu vidéo a un statut assez particulier, puisque certaines compétitions de StarCraft par exemple sont retransmises sur des chaînes de télévision. Le statut de joueur professionnel n'est pas une utopie là-bas et de nombreux jeunes y aspirent, motivés par les fortes sommes d'argent pouvant être remportées par les meilleurs. Par exemple, Jang Min Chul, plus connu sous le pseudonyme de « MC » a remporté plus de 365 000 dollars en trois ans, lors de tournois sur StarCraft II. Mais le mode de vie de ces joueurs d'exception fait débat. Ils vivent dans des « Gaming Houses », des appartements entièrement dédiés à la pratique de jeux vidéo dans lesquels ils s'entrainent des heures durant accompagnés de leurs coéquipiers. Aussi, les adeptes des MMORPG sont très nombreux au pays du Matin Calme.


Selon le parti conservateur Saenuri, les jeux vidéo seraient donc une source de dépendance, au même titre que les jeux d'argent, l'alcool ainsi les drogues et médicaments, tous visés par le projet de loi de Shin Eui-Jin. Pire encore, il serait également question de contrôler la production, la distribution et la vente de tous ces produits. D'un côté, cela signifie que le gouvernement coréen devrait s'adjuger un monopole sur la production et la vente d'alcool et de drogues, ce qui est absurde, mais aussi qu'il aurait un droit de regard sur le contenu des jeux produits sur la péninsule. 


Évidemment, l'industrie vidéoludique locale n'accueille pas chaleureusement cette volonté d'interférer avec ses affaires. « Il est regrettable que le gouvernement range les jeux vidéo dans la même catégorie que les paris ou les drogues. L'administration précédente voyait les jeux d'un mauvais oeil, et il en est de même avec l'actuelle. Ils parlent de mettre en place une économie créative, et passent leur temps à essayer de réguler une des industries les plus florissantes concernant la création de contenus », s'insurge ainsi le responsable d'un studio coréen.


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