Débits YouTube chez Free : « chaque jour, j’espère qu’on aura la solution »

L'espoir, la quintessence des illusions humaines 253
Nil Sanyas

Depuis un long moment désormais, YouTube est très difficile d'accès pour les abonnés Free. Et à en croire Xavier Niel, questionné par 01Net Magazine (à paraître demain), la situation perdurera tant que Google ne consentira pas à payer Free pour compenser les besoins en trafic de son site.

Free lenteurs YouTube 

« On a décidé de ne pas se laisser faire » 

En conflit depuis plusieurs années maintenant, Google et Free semblent encore bien loin d'enterrer la hache de guerre. Xavier Niel, le fondateur d'Iliad (Free), a ainsi expliqué à notre confrère 01Net Magazine que face au refus de YouTube de payer pour la bande passante nécessaire pour assurer une bonne utilisation du site, « on a décidé de ne pas se laisser faire ».

Bien sûr, rien n'empêche aujourd'hui Free d'alimenter les tuyaux et de financer lui-même le trafic généré par ses clients pour utiliser YouTube. La plupart des fournisseurs d'accès à Internet du monde entier le font. Et en France, Orange, grâce à sa dimension internationale, n'a pas caché qu'il disposait d'un rapport de force bien différent de ses concurrents, lui permettant ainsi d'avoir un retour sur investissement de la part de Google, ceci alors qu'il était lui aussi en conflit avec le géant américain il y a trois ans. « Il y a des zones dans lesquelles Google ne peut pas se passer de nous, par exemple en Afrique. (...) Ils ne peuvent pas nous dire, "j'ai besoin de vous en Afrique, mais allez vous faire voir en Europe, je me débrouillerai autrement" » a ainsi résumé Stéphane Richard, le PDG d'Orange, au début de l'année.

« Mieux vaut une petite crise des débits maintenant que des prix élevés demain »

Mais Free, qui ne dispose pas du même rapport de force qu'Orange, ne veut pas rogner ses marges et payer pour YouTube, même si la somme à investir dans un premier temps serait limitée. Et à en croire Xavier Niel, le but est d'éviter l'escalade des tarifs des forfaits Internet : « Si on ne fait pas ça aujourd’hui, les abonnements vont grimper de 5 à 15 euros par mois, juste pour payer le surplus de la bande passante de Google. Mieux vaut une petite crise des débits maintenant que des prix élevés demain. Chaque jour, j’espère qu’on aura la solution. »

Le patron explique ainsi que pour le moment, le tuyau a une taille limitée et que le FAI ne l'augmente pas pour compenser la demande. En toute logique, ce tuyau arrive donc régulièrement à saturation. Et à moins que l'une des deux parties ne fasse une concession, la situation devrait encore perdurer un long moment. L'affaire des publicités de Google bloquées par Free en début d'année illustrait d'ailleurs parfaitement leur conflit, l'un voulant faire pression sur l'autre afin d'obtenir un compromis.

Tout le monde le sait, personne n'agit

Rappelons qu'en septembre dernier, l'UFC-Que Choisir a saisi la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l'Autorité de régulation des télécoms (ARCEP) vis-à-vis des ralentissements sur certains sites et services pour les Freenautes, et en particulier YouTube.

« En raison de la démultiplication de ce type de problèmes - il y a déjà eu un précédent avec Orange et Cogent - il importe de trancher ce litige qui prend en otage les consommateurs et de mieux encadrer le marché » résumait à l'époque Alain Bazot, le président de l'association de consommateurs.

Mais malgré cette saisie, ni l'ARCEP ni la DGGCRF n'ont ouvert de procédure contre Free. Les administrations espèrent plutôt que Free ou Google les saisissent pour passer la vitesse supérieure, ce qui pourrait ne bien jamais arriver.

Système D

Dans ce conflit, le dindon de la farce est bien l'abonné, pris entre les feux du FAI et du géant du web, chacun campant sur ses positions. Et quand on sait que Free recrute encore massivement de nouveaux abonnés, il est certain que l'opérateur estime être dans son bon droit.

Les problèmes entre Free et YouTube sont tels que de nombreux Freenautes ont pris les devants pour trouver des astuces. Certains ont ainsi expliqué des méthodes de configuration, d'autres ont créé le site web YouTube-Free.fr et bien sûr, il reste le passage par un VPN. Cette dernière solution est d'ailleurs citée par les conseillers de Free eux-mêmes.


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