Les députés veulent privilégier les connexions filaires dans les écoles

Des peurs un peu moins irrationnelles 46
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le mardi 19 mars 2013 à 09:47
Marc Rees

À l’occasion des débats sur le projet de loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République, la question du danger des ondes Wi-Fi dans les établissements est revenue sur la sellette. Alors que le gouvernement avait enterré une précédente proposition du groupe écologiste, finalement une solution de compromis a été trouvée à l'Assemblée nationale. Un premier pas selon les députés écologistes.

assemblée nationale

Le débat sur l’utilisation ou l’interdiction du Wi-Fi dans les établissements scolaires a été à l’honneur du projet de loi sur la refondation de l’école. Il s’inscrit généralement dans le fameux cadre du principe de précaution. Mais pas toujours. Le groupe UMP a par exemple déposé un amendement visant à ce que dans les établissements scolaires, la « connexion en réseau doit être privilégiée à une connexion sans fil » (comprendre par « connexion en réseau » une connexion filaire).

Pour l'UMP, le danger du Wi-Fi, c'est Internet

En guise d’arguments, l’opposition ne se focalise pas sur la fragilité morphologique des enfants face au bain électromagnétique. Elle avance que « les dangers d’Internet sont nombreux et les enfants sont de mieux en mieux équipés avec des téléphones portables pouvant aller sur Internet ». En clair, le Wi-Fi devrait être prohibé, car il permet de surfer sur Internet et donc d’accéder à des contenus potentiellement pédopiratoterroristonazis. L'UMP oublie juste de préciser qu'on peut aller sur Internet même sans Wi-Fi, avec une simple connexion 3G... « Dans l’enceinte des établissements scolaires, une connexion en réseau doit être privilégiée à une connexion Wi-Fi afin que les enfants ne puissent se connecter sans l’encadrement de leurs professeurs » insiste cependant le groupe politqiue. En vain. L’amendement défendu du bout des lèvres n’aura pas fait un pli.

L'amendement Vert : d'une prohibition à une recommandation

Un autre amendement a connu un sort plus fructueux. Il s’attache cette fois au principe de précaution tel que nous le connaissons, mais sa musculature a été réduite au fil des discussions.

« Un nombre croissant d’experts s’accordent désormais sur les dangers pour la santé induits par une exposition aux champs électromagnétiques issus des technologies de la WiFi, même si le débat scientifique n’est pas tranché » a défendu la députée Pompili au côté de sa collègue Isabelle Attard. « Cette incertitude doit évidemment, dans l’intérêt des enfants, appeler à la prudence. Il s’agit tout simplement d’appliquer le principe de précaution ». Pour le groupe écologiste, rien n’exige ainsi à ce que le service public de l’enseignement numérique passe par l’accès Wi-Fi.

La version initiale de l’amendement Verts (cache Google) était très volontariste. À l’instar de la proposition de loi (avortée) sur le danger des ondes, elle prévoyait dans un alinéa que « l’utilisation de l’accès sans fil à internet doit être interdite dans les écoles maternelles et strictement réglementée dans les autres établissements scolaires ». Du moins, le texte ne rendait possible cet accès « que dans un but pédagogique et doit être désactivé en dehors du temps d’utilisation pédagogique. »

amendement écologiste ondes écolesPremière version de l'amendement écologiste.

Le rapporteur comme le ministre Vincent Peillon ont chaudement recommandé son rejet en la forme, évoquant « un problème de faisabilité ». Finalement, ce bout de phrase a sauté, sauvant l’amendement Vert. En sortie des débats, le texte adopté recommande simplement de privilégier les connexions filaires, sans interdire le Wi-Fi notamment dans les écoles maternelles.

amendement écologiste ondes écolesVersion adoptée.

Le texte doit encore être voté dans les mêmes formes par les députés et les sénateurs.

Dans un communiqué, Isabelle Attard, à l’origine de cet amendement, voit cette adoption « comme un premier pas important et fondamental ». Pour la députée du Calvados, cependant « en plein déploiement de la 4G, alors que les enfants sont, dès leur plus jeune âge, de plus en plus exposés aux ondes électromagnétiques, il est urgent d'aller plus loin et d'arrêter de jouer avec le feu. » Message transmis à Fleur Pellerin, qui considère que les inquiétudes liées aux effets des ondes sur l'homme sont « des peurs irrationnelles. »


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