François Hollande veut « dissuasion et répression » sur les réseaux sociaux

Rien à voir avec les tweets de Valérie Trierweiler... 116
Par
le lundi 18 mars 2013 à 12:00

François Hollande a assuré ce week-end qu’il veillerait à « contraindre » les réseaux sociaux (Facebook, Twitter...) à fournir les noms des auteurs de messages considérés comme racistes ou antisémites, « pour qu’il y ait dissuasion et répression ». Le président a ainsi haussé le ton contre ces acteurs de l'Internet, alors que l’injonction faite à Twitter fin janvier par la justice française de révéler l’identité de certains de ses utilisateurs semble être restée lettre morte...

 

Le chef de l’État était ce week-end en déplacement à Toulouse, où il a rendu un hommage appuyé aux victimes de Mohammed Merah. François Hollande y a ainsi évoqué dans un discours la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, rappelant qu’il avait « demandé au Premier ministre de réunir le mois dernier un comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, pour marquer notre détermination et surtout affirmer que l’État sera vigilant et la justice implacable par rapport à ces faits ».

 

« J’ai donc voulu que des mesures soient prises pour lutter contre la diffusion des messages de haine sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux » a poursuivi le président. Évoquant manifestement l’affaire opposant Twitter à l’UEJF - sans jamais la nommer - François Hollande a déclaré que « les tribunaux les ont condamnés [les réseaux sociaux, ndlr] à transmettre les données permettant l’identification des auteurs de messages antisémites ».

 

Sauf que malgré l’ordonnance de référé rendue par le TGI de Paris fin janvier, Twitter n’a visiblement toujours pas bougé d’un iota. L’entreprise américaine disposait pourtant d’un délai de quinze jours à compter de la signification de la décision pour modifier son système de signalement et communiquer l’identité des auteurs de messages considérés manifestement illicites... Le président de la République l’a cependant assuré hier : « Je veillerai à les contraindre, ces réseaux, à fournir ces noms pour qu’il y ait dissuasion et répression. L’espace de liberté qu’est Internet ne doit en aucun cas être utilisé à des fins de propagande de haine ».

Mais où en sont les discussions avec Twitter ? 

Rappelons au passage que lors du fameux comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, qui s’est tenu le 26 février dernier, le Premier ministre a annoncé que plusieurs mesures avaient été adoptées. L’une d’entre elle visait tout particulièrement au « renforcement des actions de prévention et de lutte contre la tendance à la banalisation des contenus racistes et antisémites sur Internet avec en particulier la mise en place d’une coopération entre l’État, les opérateurs et les associations de lutte contre la haine raciale, et l’élaboration d’outils d’information à destination du public sur les enjeux juridiques et de société soulevés par l’utilisation des nouveaux moyens de communication ». Si cette mesure faisait bien évidemment penser au système de signalement à deux vitesses esquissé début février suite à la concertation entre Twitter, le gouvernement et différentes associations, impossible aujourd’hui de savoir ce qui se cache concrètement derrière ces quelques mots et où en sont les projets des pouvoirs publics. Nous avions pourtant sollicité le mois dernier le ministère de la Justice, celui de l’Intérieur ainsi que celui des Droits des Femmes, sans retour à ce jour. Relancé aujourd’hui même, le ministère de Najat Vallaud-Belkacem a une nouvelle fois été incapable de nous apporter le moindre élément supplémentaire.

Hollande veut lutter contre le cyber-terrorisme

Autre sujet évoqué hier à Toulouse par François Hollande : la lutte contre le terrorisme via la Net. « Le parcours du tueur est une succession dramatique de rencontres avec l’islamisme radical, à l’étranger, sur Internet, et en prison » a ainsi commencé par fair valoir le chef de l’État, avant de saluer l’adoption récente du projet de loi relatif à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme. « Cette loi permet maintenant de poursuivre et de faire condamner les ressortissants français qui participent, à travers le monde, à un acte terroriste ou à une association de malfaiteurs, même s’ils n’ont pas commis de délit ou de crime en France. Ils seront jugés et condamnés » a déclaré le président. Il a également ajouté : « La loi prolonge l’accès des services de renseignements à toutes les données techniques recueillies lors de l’accès à Internet, car nous devons maintenant, je le disais, lutter contre cette forme de cyber-terrorisme ».


chargement
Chargement des commentaires...