Comment réduire les agressions en ligne ? Faire payer chaque commentaire

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Nil Sanyas

La question des agressions en ligne et de la cyber intimidation concerne la plupart des pays du globe, avec en toile de fond l'anonymat sur internet. En Irlande, diverses solutions sont imaginées par les sénateurs, dont la mort de l'anonymat en reliant son numéro de passeport à son IP, ou encore en imposant le paiement pour chaque publication de message et de commentaire sur les réseaux sociaux.

 

S'attaquer aux messages agressifs et diffamatoires

Ces dernières années, de nombreuses personnes, notamment des adolescents, ont été victimes d'intimidation sur les réseaux sociaux, et en particulier via Facebook. Ce sujet fait actuellement l'objet d'un débat en Irlande. Le sénateur irlandais Eamon Coghlan s'est ainsi fait remarquer cette semaine, note le Irish Examiner, en proposant de faire payer l'acte de commenter, ou encore de mettre fin à l'anonymat, à l'instar de ce qui peut se faire dans certains pays, dont la Chine. Pour cela, utiliser le numéro de passeport en fonction de l'IP pourrait être une solution.

  

S'il ne s'agit que de propositions, Pat Rabbitte, l'actuel ministre de la Communication, de l'Énergie et des Ressources Naturelles, a tout de même fait remarquer qu'il existait des lacunes dans la loi au sujet des messages diffamatoires publiés sur la toile. De quoi penser que l'Irlande compte légiférer sur le sujet.

Les antennes irlandaises de Facebook et Twitter seront questionnées sur cette problématique afin de mieux cerner les rapports entre l'intimidation en ligne et les réseaux sociaux. Les politiques appliquées par ces réseaux sociaux lors de la publication de messages agressifs seront notamment discutées.

Une base de données pour tous les internautes irlandais ?

La sénatrice Fidelma Healy Eames, que vous pouvez voir dans la vidéo ci-dessus, a pour sa part insisté sur la modification d'un compte par un tiers à des fins malhonnêtes : « Si un jeune a ouvert sa session et qu'une autre personne y publie un message, comme s'il l'avait écrit lui-même, et que le message pourrait être, par exemple, d'ordre sexuel. Ce genre de chose doit cesser. »

Cette sénatrice a aussi abordé la question de l'anonymat sur Internet à l'instar de son confrère Coghian. Elle a notamment demandé s'il était possible de mettre en place une base de données des internautes irlandais en fonction de leur IP.

L'anonymat a aussi été attaqué en France

Dans l'Hexagone, la question de l'anonymat sur internet a aussi déjà été abordée dans le passé. En 2010, le sénateur Jean-Louis Masson avait ainsi déposé une proposition de loi « tendant à faciliter l'identification des éditeurs de sites de communication en ligne et en particulier des « blogueurs » professionnels et non professionnels ». Le but à l'époque était de lutter contre les propos diffamatoires.

Toujours en 2010, le député
André Wojciechowski, s'attaquait aux « dérives de l’anonymat » sur le net  : « L'évolution constante des réseaux proposés sur le web incite les internautes à communiquer de plus en plus ouvertement sur des sites de discussion. Le couvert d'un certain anonymat laisse s'installer un régime de liberté de parole qui va à l'encontre du droit et occasionne quelques fois des écrits qui peuvent être considérés comme diffamatoires. Afin de rendre plus responsables les utilisateurs du dialogue sur Internet, il lui demande si le gouvernement envisage de proposer l'instauration de la personnalisation des messageries Internet par l'obligation de déclarer sa véritable identité. »


Enfin, en 2011, le député Jean-Louis Christ s'est illustré en saisissant Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, afin de connaître quelles seraient les mesures à mettre en œuvre pour s'attaquer à la cybercriminalité : « Bien que les pouvoirs publics se dotent, depuis plusieurs années, de moyens techniques et humains pour lutter contre l'essor de ce phénomène, ils restent confrontés à la difficulté de rassembler, souvent dans un laps de temps très court, les preuves constitutives de l'infraction commise sur internet. Parmi ces preuves se trouve la nécessité d'identifier l'auteur de l'infraction, par l'adresse IP de l'ordinateur qui lui sert d'accès sur la toile ».


Notez que l'an passé, aux États-Unis, à l'État de New York plus précisément, un sénateur a aussi proposé une loi visant à mettre fin à l'anonymat sur internet. Enfin, au Canada, suite au suicide d'une adolescente après des intimidations sur Facebook, une motion pour créer une stratégie nationale de prévention de l'intimidation a été débattue suite à une proposition du NPD fin 2012. Mais plutôt que d'attaquer l'anonymat ou d'imaginer le paiement des commentaires, le parti canadien a plutôt insisté sur la prévention comme l'indiquait le nom de la stratégie.

Quant au paiement des commentaires, nous n'avons pas trouvé de proposition équivalente à l'étranger. Mais Facebook semble s'en charger tout seul.


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