Europe : nouvelle claque de 561 millions d'euros pour Microsoft

Ecran de sélection contre écran de fumée 114
Vincent Hermann

Mise à jour : Il n’aura finalement pas fallu attendre la fin du mois : la Commission européenne a condamné Microsoft à une nouvelle amende de 561 millions d’euros. Comme annoncé par la commissaire Neelie Kroes, cette amende punit la firme de ne pas avoir respecté ses engagements de 2009, notamment sur la disparition de l’écran de sélection des navigateurs dans Windows 7 SP1 et Windows 8.  

Du côté de Microsoft, on accepte sans broncher : « Nous prenons l’entière responsabilité de l’erreur technique qui a causé le problème et nous nous en excusons. Nous avons fourni à la Commission une évaluation complète et sincère de la situation, et nous avons pris des mesures pour que notre développement logiciel permette d'éviter ce type d'erreur, ou tout autre problème similaire, dans le futur. »

Microsoft pourrait bien se voir infliger à nouveau une amende record par la Commission européenne. La firme américaine n’aurait pas respecté ses engagements, et on se souvient qu’en octobre 2012 un avertissement lui avait été donné pour la disparition de l’écran de sélection des navigateurs internet.

Ballot screen navigateurs Windows 8

Un écran à problèmes

Sous Windows 7, beaucoup ont pu observer l’écran de choix du navigateur ajouté par une mise à jour il y a plus de trois ans maintenant. Dans cet écran, l’utilisateur se voit proposer une liste de butineurs et son choix détermine celui qui sera installé par défaut. Cette fonctionnalité avait été mise en place pour casser l'avantage d’Internet Explorer sur un système d’exploitation considéré comme hégémonique.

La situation avait dérapé pour Microsoft quand la Commission européenne a remarqué une absence curieuse : celle de l’écran de sélection sur Windows 7 une fois le Service Pack 1 installé. Puis le même problème fut détecté dans Windows 8 lors de sa sortie le 26 octobre. Joaquin Almunia,  le commissaire européen en charge de la Concurrence, avait alors indiqué que cet écran était une priorité et qu’il devait être mis en place sans excès de confirmations excessives pour l’utilisateur.

Nouvelle amende avant la fin du mois ? 

Si l’enquête avait commencé en juillet 2012, la Commission n’avait cependant pas eu à attendre bien longtemps. Microsoft avait rapidement reconnu ses torts et avait réparé la situation en quelques mois. Arguant d’une erreur, la firme avait même indiqué que sa période de surveillance pourrait être étendue de quinze mois. Mais le mal était déjà fait.

L’agence Reuters indique que, selon une source proche du dossier, Microsoft pourrait se voir infliger une nouvelle amende. La punition serait d’autant plus facile à appliquer que la firme a parfaitement reconnu ses torts. Cependant, puisqu’il s’agirait de la seconde fois que l’entreprise enfreindrait les règles de l’Union, le montant de l’amende pourrait être important.

1,6 milliard d'euros d'amendes à ce jour 

Reuters rappelle qu’à ce jour, ce ne sont pas moins de 1,6 milliard d’euros d’amendes diverses qui ont été infligées à Microsoft sur les dernières années. On se souvient notamment de celle, record, de 497 millions d’euros en 2004 pour non-respect des règles de libre concurrence. Deux ans plus tard, Microsoft se voyait une nouvelle fois condamné, cette fois à hauteur de 280,5 millions d’euros, pour manquement à ses obligations. En 2006, le précédent record était écrasé par un nouveau : 899 millions d’euros, toujours pour des raisons similaires.

Il est intéressant de noter que ce type d’opposition entre une multinationale et la Commission européenne fournit de multiples occasions pour cette dernière de montrer l’efficacité de sa structure. Même si le bras de fer est long, la surveillance ne se relâche pas. Ainsi, les faits actuellement reprochés à Microsoft ont été constatés entre février 2011 et juillet 2012. En outre, même si la firme a argué d’une erreur technique pour expliquer l’absence de l’écran de sélection, les faits ne changent pas et l’entreprise peut tout à fait être condamnée.

Internet Explorer : une situation qui évolue 

On remarquera cependant que la pression exercée sur Microsoft au sujet d’Internet Explorer pourrait très bien se relâcher dans les prochaines années. La part de marché du navigateur baisse de manière continue, même si elle est stable depuis plusieurs mois. Firefox et Chrome sont devenus largement connus et la concurrence est d’autant plus vive que la dernière mouture d’Internet Explorer ne peut être utilisée que sur Windows 7 et 8. Il pourrait donc venir un temps où la Commission jugerait que le navigateur n’est plus dans une situation monopolistique. 

Dernière mise à jour le 04/02/2018 19:54:34

chargement
Chargement des commentaires...