L'eSport à la télévision ? Le PDG d'Activision n'y croit pas

Il mise tout sur le streaming 44
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le mardi 19 février 2013 à 09:00
Kevin Hottot

Dans un entretien accordé à Forbes, Eric Hirshberg, le PDG d'Activision, s'est attardé sur le sport électronique ainsi que sur les moyens de le diffuser. Il y voit également un vecteur de croissance pour ses jeux, qui pourraient bénéficier ainsi d'une meilleure exposition. 

CoD Black Ops II 

Depuis quelque temps le sport électronique semble se faire une place dans le paysage vidéoludique. Jadis limité à la Corée du Sud, à l'époque de Starcraft et de Warcraft III, l'eSport profite de jeux comme Starcraft II, DOTA 2 ou League of Legends pour se développer. À titre d'exemple, certains matchs compétitifs du jeu de RIOT Games parviennent à fédérer plusieurs centaines de milliers de spectateurs dans le monde entier. Les éditeurs commencent donc à y voir un nouveau vecteur de communication pour leurs produits, Activision est l'un d'entre eux.  

Le streaming et la télévision ont beaucoup en commun

Lorsque nos confrères de Forbes interrogent Eric Hirshberg au sujet de l'avenir du sport électronique, le dirigeant semble avoir sa petite idée. Déjà, selon lui, le futur de l'eSport ne passe pas par la télévision. « Le streaming en direct a beaucoup de choses en commun avec la télévision, mais c'est également unique parce que tout se passe en direct. [...] Je suis plus enclin à vouloir mettre l'accent sur ce qui se fait déjà, plutôt que d'essayer de transformer l'écosystème existant pour l'adapter à la télévision. Cela reviendrait à dire qu'il y a un créneau pour les vidéos YouTube sur la télévision ». 

Bien qu'il semble favorable à l'essor de la discipline, Hirsberg ne veut pas se risquer à pronostiquer sur son avenir. « J'essaye de ne pas faire de prédictions sur cinq ans, parce que c'est très hasardeux, et tous ceux que j'ai entendus prédire des choses pour l'industrie se sont plantés », s'amuse-t-il. « Évidemment, nous pensons que l'eSport est intéressant et à du potentiel. C'est pourquoi nous avons ajouté des outils comme ShoutCasting et des ligues sur Black Ops II » . L'éditeur a également mis le paquet en annonçant récemment un tournoi sur Call of Duty Black Ops II  avec un million de dollars à se partager entre les participants. 

Pour Virgin Gaming, l'eSport n'a d'intérêt que pour les simulations sportives

Wim Stocks, le vice-président de Virgin Gaming est un peu plus réservé quant au succès du sport électronique, selon lui cela dépend du type de jeux mis en avant. En marge d'une compétition d'Electronic Arts, le dirigeant s'est fendu de quelques commentaires sur le sujet, toujours pour Forbes

« Ce qui est bien avec un événement autour de FIFA, NHL ou NFL c'est que les gens qui regardent ces sports comprennent ce qui se passe dans ces jeux vidéo. Ils ne le pourraient peut-être pas s'il s'agissait de Call of Duty ou de Starcraft II. Les profanes ne comprendront pas de quoi il s'agit, ni quel est le but de la compétition. Tandis que sur un jeu de sport, la compréhension est naturelle », explique-t-il.

Le dirigeant voit surtout dans le sport électronique « un très bon outil marketing », misant sur l'aspect spectaculaire des compétitions « regroupant plus de 150 000 personnes », mais surtout sur l'argent mis en jeu pour attirer les foules. « Les gens voient maintenant qu'il y a des opportunités pour se faire beaucoup d'argent sur les jeux vidéo. Le million de dollars proposé est l'un des aspects clés de ce genre d'événements d'un point de vue marketing » affirme le dirigeant. 

Il est certainement beaucoup trop tôt pour parler d'une coupe du monde de football virtuelle diffusée dans le monde entier, avec le même succès que l'actuelle, mais les éditeurs semblent s'accorder sur une chose : le sport électronique devrait continuer à prendre de l'ampleur. 


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