Des députés UMP veulent réduire la puissance des antennes

Antenne, An 2 72
Marc Rees

À peine la proposition de loi écologiste sur les ondes enterrée par la majorité, que l’UMP revient à la charge. Valérie Boyer et plusieurs autres députés de l’opposition viennent de déposer un texte pour restreindre la valeur limite des champs électromagnétiques des antennes-relais de radiotéléphonie mobile.

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La proposition de loi écologiste proposait de fixer un seuil basé sur le principe Alara. Alara ? As Low As Reasonably Achievable ou aussi bas que raisonnablement possible. « Le seuil de 0,6 volt par mètre est aujourd’hui reconnu par une majorité des acteurs du dossier des technologies sans fil comme le seuil de précaution à adopter » affirmaient les verts. L’article 3 de leur PPL posait qu’ « en se basant sur les expérimentations à 0,6 V/m menées par le ministère de l’Écologie, les valeurs sont aussi basses que raisonnablement possible. Fondées sur le principe de précaution, poursuit la disposition, elles assurent un haut degré de protection du public prenant en compte les doutes sanitaires d’une exposition continue aux champs électromagnétiques. »

Cependant, la majorité PS a rapidement enterré cette idée. Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numérique, avait même égratigné les « peurs irrationnelles » qui piloteraient la proposition écologiste, considérant que la dangerosité de ces ondes « n’est pas scientifiquement étayée ». Une motion de renvoi en commission a donc été votée, empêchant du même coup le moindre débat. Oubliées également les autres dispositions, dont celle visant à interdire le Wi-Fi dans les crèches, par exemple.

Des députés UMP ont cependant rebondi sur le sujet. Ils viennent de déposer un texte similaire composé cette fois d’un seul article. Celui-ci vise spécialement l’implantation des antennes-relais pour lesquelles la valeur limite d’exposition du public aux champs électromagnétiques devrait être fixée au fameux seuil de 0,6 volt par mètre. Le même texte veut en outre que ces équipements soient obligatoirement implantés à une distance d’au moins 300 mètres d’un bâtiment d’habitation ou d’un établissement dit sensible. « Les bâtiments visés sont tous les lieux publics», ce qui tape large. Et pour les villes ? « Par dérogation et en zone urbaine, il est interdit d’installer des antennes-relais à moins de 100 mètres d’un établissement sensible. » Soit les crèches, les écoles maternelles et élémentaires, les établissements hébergeant des enfants handicapés, les collèges ou encore les lycées.

« Face aux contradictions persistantes au sein du monde scientifique, et à l’inquiétude des populations, il est de la responsabilité de l’élu de la nation d’agir dans l’intérêt général de ses concitoyens » affirment les députés UMP. Des députés qui n’ont pas profité des douze ans de majorité pour soutenir pareille idée, mais qui désormais ne veulent plus attendre « les certitudes scientifiques » pour l'appliquer.


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